LL:S eaux CAUBONATEES et les eaux CARBOMQUÉES
met d'entretenir dans 85 baignoires un courant continu à la température de 34 degrés. Elle fournit les vapeurs des salles d'aspiration et de pulvérisation. Un litre d'eau contient 5^', 59 de matières fixes dont i^\lo de chlorure de sodium, et 1^%35 de bicarbonate de soude. On attribue son efficacité spéciale, ainsi que celle des autres eaux de Royat à la présence d'une quantité très dosable de chlorure de lithium. Elle est limpide, gazeuse, inodore, et fort bien supportée par tous les estomacs.
La minéralisation de la source Sainl-Mart est voisine de celle de la source Eugénie. Sa température de 30 degrés centigrades la fait servir aux bains tempérés. Elle sort toutes les trois ou quatre minutes avec un bouillonnent intermittent. Elle est si gazeuse qu'elle pétille dans le verre comme le Champagne.
La source César est moins minéralisée, et plus froide]: 29 degrés; très gazeuse, elle est employée comme eau de table, pendant et après la saison.
Saint-Victor est une source froide (20 degrés) ;mais elle renferme, en plus grande quantité que les autres, des carbonates de chaux et de potasse; en outre, elle présente par litre })rès de 6 centigrammes de carbonate ferreux.
Le village du Mont-Dore est situé dans la plus haute vallée (1046 mètres) de la France centrale, vallée que domine le géant de l'Auvergne, le pic de Sancy (1886 mètres).
Cette station présente des contrastes saisissants. Le paysage est grandiose, mais presque triste, tant les monts qui bordent la vallée présentent au-dessus
(les forèls, de pics arides et rocbeiix. Aussi la vallée qui se prolonge dans un chaos de pierre, prendelle le nom de Yal-des-Enfers. Mais que de parfums dans les bois et dans les pâturages où des vaclies crottées élaborent le bon lait dont les montagnards sales l'ont de si mauvais beurre! L'arnica, l'aconit, l'angélique, la. gentiane bleue et la gentiane jaune, des saxifrages, des framboises en quantité, toute la llorc des montagnes offre au touriste ses trésors, en même temps que les flancs des montagnes sont pleins d'enseignements pour les géologues.
Dans les rues du village, pendant la saison, des l'emmes en coiffes de pailles, des hommes en larges ehapiîaux heurtent les Parisiens élégants et malades qui viennent demander au Mont-Dore des eaux et des distractions. Pendant le jour, c'est le va-et-vient des excursions dans tout son entrain. Le matin, c'est la promenade hâtive et silencieuse de fantômes cachés dans de grands peignoirs blancs, encapuchonnés jusqu'au nez, ensevelis dans des lichus, dans des couvertures, et cliaussés de sabots, comme des fermiers. Alors les calèches et les landaus sont remplacés par les chaises à porteurs en bois, tristes et vilaines. C'est ([ue les eaux du Mont-Dore sont la suprême ressource de bien des phtisiques; c'est qu'elles ont Sur les voies respiratoires, larynx, bronches, poumons, membrane pituitaire, une action qui vient autant de leur vertu particulière que de la façon dont on les administre. On donne des bains à une température de 40 à 45 degrés. Ce ne sont ordinairement que des demi-bains de 5 â 10 minutes; le malade, entouré
LES EAUX CAUBO>»'ATÉES ET LES EAUX CARBONIQUÉES 2'i5
delà vapeur qui s'échappe de celte eau est bientôt congestionné et couvert de sueur ; son pouls s'accélère ; ses tempesbattent ; il a les yeux rouges ; mais, après quelques oscillations, le sang se précipite et se fixe aux parties inférieures du corps, pour laisser l'organisme dans le bien-être. Et l'on comprend les peignoirs et couvertures dont le baigneur s'enveloppe pour regagner son logis, où l'attcmd un lit bien ])assiné. Il y a aussi' au Mont-Dore des salles d'aspiration remplies de vapeurs très chaudes qui autrefois mettaient le malade dans une température de 36 à 58 degrés. Aujourd'hui on ne laisse plus guère monter le thermomètre au delà de 32 degrés.
L'établissement du Mont-Dore est fort ancien. Nous avons vu qu'il y reste d'importantes constructions romaines. H y a dans les cabinets de première classe un certain condbrt. Mais (jucls tristes réduits (]ue les locaux réservés aux autres catégories et aux indigentst La pischie semble être dans une cave! On y donne des bains la nuit, — aux pauvres bien entendu, — sous un éclairage lamentable. 11 faut que les eaux soient l)ien puissantes pour guérir dans de semblables conditions, et que les malades aient bien de la confiance pour n'être pas envahis par ime irrémédiable tristesse. Les piscines sont alimentées par une eau vive à 38 degrés. On fait grand usage au Mont-Dore de douches chaudes et fortes.
Les sources chaudes diffèrent peu en température et en minéralisation : là source Madelaine [it) degrés), est la plus abondante de la station; la source du Pavillon est comj)osé de divers griffons d'une lempé-
m LES SOURCES
rature cle 40 à 45 degrés; les sources César et Caroline jaillissent de la montagne de l'Angle. Deux petites sources, Ramond et Rigny ont été découvertes dans les ruines des bains romains. La source Boyer (45 degrés) fournit l'eau destinée à l'exportation. Il y a une source froide, Sainte-Marguerite ^ qui donne une eau gazeuse très agréable dont on boit à table.
Les eaux du Mont-Dore sont relativement peu minéralisées. L'analyse ne retire que 2^%27 de matières salines par litre. Les corps prédominants sont le bicarbonate de soude 0^',55, le chlorure de sodium 0^',56, et le bicarbonate de chaux 0^^,52. On y cite des traces d'arséniale et de borate de soude. Ces eaux se signalent par l'abondance exceptionnelle de l'azote.
C'est à six kilomètres du Mont Dore que jaillissent les sources de la Bourboule.
(( Si l'on compare, dit le savant docteur Nicolas, médecin consultant à la Bourboule, dans son important ouvrage déjà cité plus haut S le mot Bourboule à d'autres dénominations de stations thermales, il devient évident que ce sont ses eaux minérales qui ont valu ce nom à la localité, et l'on a signalé, à ce propos, le vieux mot borhola signifiant eau bouillonnante, »
A l'origine, en effet, les eaux venaient sourdre à la surface du sol, sur le flanc du rocher granitique de la Bourboule. Les Romains, qui avaient donné tant d'importance au Mont-Dore, connaissaient aussi la Bourboule, car on y a découvert en 1820 une fosse