LES EAUX CAUBONATÉES ET LES EAUX CARBOISIQUÉES
de cliaiix, carbonate de magnésie, silice, carbonate de manganèse, carbonate de stronliane, fluorure de calcium, phosphate de chaux, phosphate d'alumine, avec excès de base. Comme le remarque M. Constantin James, l'action thérapeutique de tant de principes minéralisateurs reste bien obscure.
Les eaux de Carlsbad se prennent surtout en boisson. Les malades arrivent facilement à en boire une douzaine de verres dans la motinée, et quelques-uns vont jusqu'à quinze, vhigt ou même plus sans aucun inconvénient. Ce sont surtout les hypertrophies du foie ({ui cèdent à leur puissante influence ; elles sont souveraines aussi contre la gravelle, la goutte et certaines affections de la peau.
A 6 kilomètres de Carlsbad est Marienbad, dont les sources froides ont une composition chimique très analogue h celle des eaux de Carlsbad; aussi lui donnet-on quelquefois le nom de Carlsbad froid. Le Maricnhrumi est une source tellement gazeuse que le bassin qui le reçoit ressemble à une cuve en fermentation, et qu'elle est toujours couverte d'un nuage d'acide carbonique. Une autre source, leFerdiiiandsbrunn, semble dans son réservoir avoir la blancheur du lait, à cause de l'immense quantité de petites bulles gazeuses qui s'en échappent, tandis que dans un verre, l'eau est d'une transparence admirable. On traite h Marienbad les mêmes affections qu'à Carlsbad; mais l'action des eaux y est plus douce.
Dans le Caucase, les eaux de Kislodovodsk sont si abondantes qu'elles forment une belle gerbe bouillonnante dans l'espèce de bassin en bois qui encaisse la
source. L'eau, très acidulée, dégage tant d'acide carbonique que, renfermée dans une bouteille et agitée quelques instants, elle la fait éclater.
En même temps l'eau de Kislodovodsk entraîne en jaillissant et en bouillonnant, une quantité considérable d'un sable fin et ferrugineux, détaché du grès vert chlorité sous-jacent et qui n'altère en rien sa qualité de l'eau : après un repos de quelques secondes, elle devient limpide et ne présente à l'analyse aucune trace de fer.
Pallas a donné une excellente description des sources de Kislodovodsk. Lors de son voyage, elles étaient connues sous le nom tcherkesse de Nar-Zana, boisson des Géants ou des Esprits. Les Tartares lui donnaient celui à\ilché-Sou, eau acide. Pallas voulut leur imposer celui de Bains d'Alexandre, en l'honneur de son élève, alors grand-duc de Russie; mais le norn ne fut pas adopté par l'usage, qui a consacré celui de Kislodovodsk, sorte de traduction du nom tartare.
Le gouvernement russe a fait bâtir à ses frais les établissements de bains. On y chauffe les eaux de la source pour l'usage. Mais la majeure partie des voyageurs qui fréquentent Kislodovodsk sont plutôt des buveurs d'eau que des baigneurs.
L'eau de la source forme un petit ruisseau qui se mêle à un autre, le Nar-Zana, et lui communique tellement son acidité qu'il en devient inhabitable pour les poissons, truites et barbeaux, très nombreux au contraire au-dessus du mélange des eaux delà source*.