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CHAPITRE Vlll

LES EAUX BORATÉES

Le bore est un des corps simples les moins répandus. Il se trouve localisé dans quelques gisements recherchés avec avidité pour les besoins de l'industrie. Certaines eaux le renferment à l'état de boi'ate de soude ou borax, et parmi les plus connues il faut rappeler les softioni de la Toscane. Ces jaillissements d'un si vif intérêt seront seulement mentionnés ici, parce que nous aurons à en faire l'histoire un peu plus loin, à cause de leur très haute température.

Parmi les autres sources boratées nous ferons une place à part à celles de l'Asie centrale.

Une des régions les plus inaccessibles du Thibet, Khatchi, (( contrée du froid et des tourmentes », dit M. Elisée Reclus, dont les Thibétains eux-mêmes ne connaissent que les parties méridionales, recèle, à une altitude moyenne qui égale celle du mont Blanc, des lacs considérables dont plusieurs sont les sources des grands fleuves. Tel est le Tengri-Nor, ou Lac Céleste, situé à l'angle sud-oriental du plateau de Khatchi, et dont la nappe d'eau, d'une profondeur inconnue.

mesure 80 kilomètres de long sm^ 25 à 40 kilomètres de large. Il en sort un ruisseau qui va rejoindre une rivière issue du Tchargut tso, tributaire de rOcéan Indien. Les bords de ce lac sont saints; et malgré les difficultés de la route, les brigands dont elle est infestée, des milliers de pèlerins y viennent satisfaire leur dévotion. Ils emportent comme reliques jusqu'aux fossiles de la roche. En même temps, beaucoup d'entre eux soignent leurs intérêts temporels, en emportant des chargements de borax. Des sources chaudes jaillissent, en effet, dans le voisinage du Tengri; et, plus au nord, dans une dépression du plateau, le Boul tso ou a lac du Borax ». C'est du Boul tso que venait jadis en partie le borax dit de Venise, parce qu'on le raffinait dans cette ville.

« Ces efflorescences témoignent de la rareté des pluies et des neiges sur le plateau de Khatchi. Et pourtant c'est immédiatement à l'est que commence cette région si remarquable de l'Asie, où les ruisseaux, les rivières coulent de toutes parts pour se réunir en fleuves puissants. Ce contraste provient de ce que des montagnes limitent le bord du plateau et ne reçoivent l'humidité que sur leurs pentes tournées vers les vents marins du sud et du sud-est. Évidemment ces montagnes sont divisées en plusieurs massifs, puisque les cartes chinoises représentent divers cours d'eau des bassins tributaires de l'Océan Indien et du Yangtze Kiang comme prenant leurs sources sur le plateau de Khatchi : des vallées d'érosion partagent en chaînons distincts les protubérances du

LES EAUX BORATÉKS

seuil, mais celui-ci est presque partout assez élevé pour causer une grande différence de climat entre les deux versants ^ »

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