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LES EAUX BITUMINEUSES

Certaines eaux minérales contiennent du bitume. Le puy de la Poix, en Auvergne, en fournit un exemple classique. On aperçoit tout autour de ce monticule de larges taches noires produites par le bitume qui est sorti de la terre, et l'on sent bientôt une odeur désagréable et très forte indiquant l'approche de la source. Celle-ci jaillit d'un petit enfoncement situé sur le bord du chemin. On remarque à la surface de l'eau une couche de bitume à travers laquelle se dégagent des bulles abondantes de gaz sulfhydrique. L'eau renferme une très grande quantité de sel marin.

On trouve aussi du bitume à Pont-du-Chàteau (Puyde-Dôme). 11 a été analysé par Ebelmen, qui y trouvé, en mélange intime, 20 pour 100 d'eau.

Presque toutes les eaux de la Limagne renferment une petite quantité de bitume qui suffit pour leur donner une saveur désagréable et les rendre insalubres en très peu de temps si elles sont stagnantes. A Montferrand la quantité en est forte.

Bechelbronn et Lobsann en Alsace, sont riches en sources salées et bitumineuses. Le bitume est même

activement exploité à Beehelbronn. Il y sourd une source dont IVau, chargée d'un bitume, fit jadis découvrir les mines. On se bornait autrefois à recueillir celui qui surnageait dans le bassin de la fontaine. Wimpheling, qui écrivait en 1498, dit que depuis longtemps on se sert du bitume de Bechelbronn; dans le seizième siècle, Teau fournissait spontanément rhuile minérale en si grande quantité que les paysans des environs s'en servaient pour alimenter leurs lampes et pour graisser l^urs voitures. Bechelbronn est la corruption du mot Pechelbronn, qui veut dire puits de la poix.

On connaît, du re>'te, des sources de bitume dans toutes les parties (hi monde. L'asphalte solide qui flotte sur les eaux de la mer Morte y est apporté par des sources.

La presqu'île d'Apchéron, dans le Caucase, est célèbre pour ses sources de naphte. Le sol est pour ainsi dire imprégné de cette substance. Dans certains endroits, il suffit d'enfoncer une canne en terre pour en faire jaillir du gaz, et il n'est pas rare de trouver le pétrole en grandes masses à 5 mètres seulement de profondeur.

L'eau, le pétrole et les gaz se rangent dans les couches, suivant leur densité relative. Le commencement d'une éruption pétrolifère est un vrai volcan de boue et de pijûrre.

Les indigènes exploitent le pétrole sans aucune précaution, et l'on peut s'étonner qu'il n'y ait pas chaque jour à Bakou de terribles explosions. Mais les industriels aisés et les compagnies russes ont des appareils

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