SCÈNE VIII BRATSBERG, ERIK
erik. — Cher père...
bratsberg. — Te voilà l erik. — J'ai absolument besoin de te parler. bratsberg. — Je suis assez mal disposé, que me veux-tu ?
erik. — Tu sais, cher père, que jusqu'ici j-e ne t'ai jamais mêlé à mes affaires.
bratsberg. — Je ne te l'aurais pas permis.
erik. — Mais aujourd'hui je suis obligé...
bratsberg. — De quoi faire ?
erik. — Père, il faut que tu me viennes en aide.
bratsberg. — Tu veux de l'argent? Tu peux être sûr que
erik. — Pour une fois seulement! Je te jure que c'est la dernière. Je dois t'avouer que je suis en relations avec Monsen.
bratsberg. — Je le sais, vous avez une magnifique spéculation sur le tapis.
erik. — Une spéculation ! Qui te l'a dit ?
bratsberg. — Monsen.
erik. — Monsen est venu?
bratsberg. — Oui, il y a un instant; je l'ai chassé.
erik. — Père, si tu ne me viens pas en aide, je suis ruiné.
bratsberg. — Bon ! Que t'avais-je prédit?
erik. — C'est vrai, mais il est trop tard maintenant pour
bratsberg. — Ruiné ! En deux ans! Au reste, que pouvais-tu espérer d'autre ? Et qu'allais-tu faire dans ce milieu d'escrocs qui éblouissent leur monde avec des capitaux imaginaires. Avec ces gens-là, il faut user de ruse ou bien on est joué. Tu le vois maintenant.
erik. — Père, veux-tu me sauver oui ou non?
bratsberg. — Non, encore une fois, non !
erik. — Mon honneur est en jeu.
bratsberg. — Oh ! pas de grandes phrases ! Échouer
ou réussir, n'est pas une affaire d'honneur. Je croirais volontiers que c'est le contraire. Rentre chez toi, mets tes affaires en ordre, paie ce que tu dois et finis-en avec cette histoire, le plus tôt sera le mieux. erik. — Ah 1 c'est que tu ne sais pas !...