‹ Les soutiens de la sociétéChapitre 108 sur 131 · SCÈNE II HEJRE, MADAME RUNDHOLME · texte numérisé non relu

SCÈNE II HEJRE, MADAME RUNDHOLME

hejre. — Hé ! hé ! Bonjour ! je ne vous dérange pas ?

madame rundholmen. — A Dieu ne plaise !

hejre. — Tonnerre! Quel chic! Vous ne vous êtes jamais faite si belle pour moi !

madame rundholmen. — Naturellement; c'est pour les célibataires qu'on se pare.

hejre. — Ah! pour les prétendants, madame Rundholmen, pour les prétendants. Tant pis! Mes procès me prennent tout mon temps...

madame rundholmen. — Allons donc ! On a toujours assez de temps pour se marier.

hejre. — C'est une erreur. Dans le mariage il faut que l'homme ait ses entournures libres. Enfin, si vous ne m'épousez pas, vous en épouserez un autre; car vous vous remarierez.

madame rundholmen. — J'y pense de temps en temps.

hejre. — Ça se comprend. Quand on a connu ies félicités du mariage !... Feu Rundholmen était un époux modèle.

l'union des jeunes 249

madame rundholmen. — Je n'en dirai pas tant. Il était grossier et aimait boire. Mais un homme est toujours un homme.

hejre. — C'est une parole sage que vous venez de dire là, madame Rundholmen : un homme est toujours un homme et une veuve est toujours une veuve.

madame rundholmen. — Et les affaires sont les affaires; si vous saviez tout le mal que je me donne. Ils veulent tous acheter, mais quand il s'agit de payer, il faut des sommations, des poursuites, des saisies. Ma foi je voudrais épouser un avocat!

hejre. — Eh bien, prenez l'avocat Stensgard; il est garçon!

madame rundholmen. — Oh ! vous êtes un homme

affreux! Tenez, je ne veux plus entendre parler de

vous !

(Elle sort).

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