‹ Les soutiens de la sociétéChapitre 107 sur 131 · SCÈNE I ASLAKSEN, STENSGARD, M™ RUNDHOLMEN · texte numérisé non relu

SCÈNE I ASLAKSEN, STENSGARD, M™ RUNDHOLMEN

madame rundholmen (derrière la porte à gauche). — Ça m'est absolument égal ! Je vous dis que vous êtes venu voter et non pas boire. Si vous ne voulez pas attendre, tant pis !

stensgard. — Bonjour ! Hum 1 hum 1 madame Rundholmen (il va à la porte de gauche et frappe). Bonjour madame Rundholmen 1

MADAME RUNDHOLMEN. — Qui est là?

stensgard — Moi, Stensgard. Peut-on entrer?

madame rundholmen. — Non, au nom du ciel, je ne suis pas habillée.

stensgard. — Qu'est-ce qu'il y a donc que vous vous levez si tard aujourd'hui?

madame rundholmen. — Jetais déjà levée avant que

le diable eut mis ses souliers. Mais il faut bien qu'on fasse sa toilette {elle regarde rapidement dans la pièce p elle a un mouchoir noue autour de la tête). Hé bien, qu'est-ce qu'il y a? Non, je ne veux pas que vous me regardiez comme cela, monsieur Stensgard ! Ouf ! voilà encore quelqu'un I

aslaksen (il porte un paquet de journaux). — Bonjour, monsieur Stensgard !

stensgard. — Eh bien, ça y est-il?

aslaksen. — Naturellement : Voyez « L'anniversaire de la Constitution » — de notre correspondant spécial. — Il y a aussi la fondation de l'Union des jeunes et votre discours. Les insolences sont en italique.

stensgard. — Mais il me semble que tout est en italique !

aslaksen. — Presque tout, en effet.

stensgard. — Le supplément a-t-il été distribué hier?"

aslaksen. — Pour sûr, dans toute la ville, aux abonnés et aux autres. Voulez-vous le voir? (Il lui donne un exemplaire).

stensgard (il y jette un coup oVœil). — « L'honorable M. Anders Lundestad renonce à son mandat de député au Parlement Les longs et précieux services » Hum I « La société fondée ]e jour anniversaire de notre liberté : l'Union des jeunes L'avocat Stensgard, l'âme de cette société Des réformes

conformes aux progrès du siècle » C'est très bien

écrit. Le vote est-il commencé ?

aslaksen. — Il bat son plein. Toute la ville est sur la place, ceux qui ne sont pas électeurs comme les autres.

stensgard. — Que le diable emporte les autres? Que

ceci reste entre nous. Eh bien, allez et prêchez ceux que vous croyez hésitants.

aslaksen. — Bien, bien.

stensgard. — Dites leur qu'au fond Lundestad et moi nous avons tout à fait les mêmes idées.

aslaksen. — Oh! je saurai arranger ça; je connais les affaires locales.

stexsgard. — Oh! encore un motl Faites attention, ne buvez pas aujourd'hui.

aslaksen. — Oh, comment. . .

stensgard. — Après, nous passerons une joyeuse soirée. Rappelez-vous que c'est aussi dans votre intérêt et dans l'intérêt de votre journal. . . Mon cher, faites ce que je vous dis, observez-vous.

aslaksen. — Je ne veux plus rien entendre. Je pense que chacun peut se surveiller lui-même.

(Il sort).

madame rundholmen (en grande toilette). — Me voilà, monsieur Stensgard, me voilà. Qu'y avait-il de si important?

stensgard. — Rien; je voulais seulemeut vous demander l'heure à laquelle vient Monsen.

madame rundholmen. — Il ne viendra pas aujourd'hui.

stensgard. — Il ne viendra pas?

madame rundholmen. — Non; il est venu ce matin à quatre heures ; il est toujours en route maintenant ; il est entré ici et m'a prise au lit, comme on dit; imaginezvous qu'il voulait m'emprunter de l'argent.

stensgard. — Monsen?

madame rundholmen. — Oui, il a besoin, parait-il, d'une somme énorme. Enfin, pourvu qu'il réussisse ! A vous aussi je souhaite du bonheur, vous allez être député, hein?

stensgard. — Moi? Quelle sottise t Qui dit cela ?

madame rundholmen. — C'est un ami de Lundestad qui l'a dit .

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