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SCÈNE XIV STENSGARD, RINGDAL

ringdal. — Hé bien, d'après ce que j'apprends, vous êtes sorti vainquear de la bataille électorale, monsieur l'avocat.

stensgard. — Mais oui, monsieur l'administrateur, •en dépit des efforts de votre noble maître.

ringdal. — Il use comme un autre de ses droits d'électeur.

stensgard. — Malheureusement pour lui, il n'aura plus beaucoup d'occasions d'en user.

ringdal. — Que voulez vous dire ?

stensgard. — Je veux dire que l'on vient de faire •certaines expertises. . .

ringdal. — Certaines expertises ! Sur quoi ?

stensgard. — Ne faites donc pas l'homme qui ne comprend pas. Ne sentez-vous donc pas qu'il y a un orage dans l'air? Et une banqueroute dans les grands prix?

ringdal. — J'en ai entendu parler de différents côtés.

stensgard. — Est-ce que le chambellan et son fils na sont pas compromis dans cette affaire ?

ringdal. — Pardon ! Mais. . . êtes-vous fou ?

stensgard. — Ce n'est pas vrai alors ?

ringdal. — Il n'y a pas un mot de vrai en ce qui concerne le chambellan. Qui vous a dit cela ?

stensgard. — Je ne veux pas le nommer encore.

ringdal. — N'importe ! Celui qui vous l'a dit avait une intention cachée.

stensgard. — Une intention?

ringdal. — Oui; réfléchissez bien ! N'y a-t-il personne ici qui ait intérêt à vous éloigner du chambellan ?

stensgard. — Oui, oui, c'est vrai ; il y a plusieurs personnes.

ringdal. — Au fond, le chambellan a beaucoup de sympathie pour vous. .

stensgard. — Vraiment ?

nrNGDAL. — Certes ! Et pour vous faire perdre ses bonnes grâces, on compte sur votre connaissance insuffisante des affaires de la localité, sur votre exaltation, sur votre crédulité, sur. . .

stensgard. — Oh! les maudits chiens ! Et Madame Rundholmen qui a ma lettre.

ringdal. —Quelle lettre?

stensgard. — Rien, rien. Peut-être n'est-il pas trop tard!... Cher monsieur Ringdal, verrez-vous le chambellan ce soir?

ringdal. — Sans doute.

stensgard. — Dites-lui donc, à propos de ces menaces, que ce sont de pures sottises. Du reste, il est fixé déjà. Dites-lui aussi que demain matin j'irai moi-même tout lui expliquer.

ringdal. — Et vous irez?

stensgard. — Oui, pour lui prouver... lui prouver

l'union des jeunes 2)1

que. . . Tenez, monsieur Ringdal, donnez cette lettre au chambellan de ma part.

ringdal. — La lettre de change?

stensgard. — Vous ne me comprenez pas? N'importe, donnez-la lui et dites-lui simplement : « Voilà comment se venge celui que vous avez voulu perdre I »

ringdal. — Je m'acquitterai de la commission.

(Il sort).

stensgard. — Ecoutez, monsieur Hejre, comment avez-vous pu me raconter cette histoire sur le chambellan et me faire croire?. . .

hejre. — Moi ! vous faire croire ! . . .

stensgard. — C'était un infâme mensonge !

hejre. — Oh! voyez! voyez! j'en suis absolument ravi. Savez-vous, monsieur Lundestad, que cette histoire du chambellan était fausse?

lundestad. — Chut! C'était une fausse piste ! c'est encore plus près. •

stensgard. — Comment plus près ?

lundestad. — Je ne sais ; on parle de Madame Rundholmen tout bas.

stensgard. — Hein ?

hejre. — Ne vous l'avais-je pas prédit ? Ses relations avec le grand propriétaire de Storli. . .

lundestad. — Il est parti de chez lui, aujourd'hui, de grand matin.

hejre. — Et sa famille qui le cherche partout !

lundestad. — Et le fils qui met tant d'empressement à marier sa sœur l

stensgard. — De la marier ? Elle m'a dit : « Demain ! j> Et son inquiétude au sujet de son père. . . hejre. — Hé hé ! je parierais qu'il s'est pendu ! aslaksen. — Il y a quelqu'un qur^s'est pendu ? LUNdestad. — M. Hejre dit que Monsen. . .

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