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SCÈNE XV JlONSEN, ASLAKSEN, STENSGARD, BASTIAN, HEJRE

monskn. — Du Champagne pour tout le monde !

aslaksen (et quelques autres). — Monsen !

monsen. — Oui, Monsen, oui! Le Monsen au Champagne 1 Le Monsen aux écus l Du vin, nom de Dieu, du vinl

hejre. — Mais, très cher. . .

stensgard. — Vous 1 D'où venez-vous ?

monsen. — De faire mes affaires. Cent mille couronnes gagnées ! Voilà ! Il y aura demain un grand dîner à Storli. Tout le monde est invité. Du Champagne l vous dis-je. Nos félicitations, Stensgard, vous êtes élu.

stensgard. — Oui, mais je vais vous expliquer tout de suite comment. . .

monsen. — Bah ! qu'est-ce que ça me fait? Du vint Où se cache Madame Rundholmen ?

(11 veut aller voir à la porte de gauche).

la servante (qui vient d'entrer). — Personne ne peut

entrer, Madame lit une lettre.

bastian. — Diable 1

(Il sort),

stensgard. — Elle lit une lettre ?

la servante. — Oui, et elle danse dans la chambre.

stensgard. — Adieu, monsieur Monsen ; à demain midi, à Storli.

monsen. — A demain !

stensgard {bas à Hejre), — Monsieur Hejre, voulez* vous me rendre un service ?

hejre. — Avec plaisir.

stensgard. — Faites de moi un portrait un peu noir à Madame Rundholmen ; lancez contre moi quelques mots à double sens. Vous vous y entendez si bien 1

hejre. — Mais pourquoi donc?

stensgard. — J'ai mes raisons; c'est une plaisanterie... un pari avec quelqu'un... contre qui vous avez une dent.

hejre. — Ah ! ah! je comprends. Sufiit !

stensgard. — Ainsi, n'y manquez pas. Médisez un peu sur mon compte; compromettez la bonne opinion qu'elle a de moi.

hejre. — Soyez tranquille, je m'en ferai un véritable plaisir.

stensgard. — Je vous remercie. Monsieur Lundestad, j'aurai à vous parler demain, avant midi, chez le chambellan.

lundestad. — Avez-vous quelque espérance ?

stensgard. — J'ai de triples espérances.

lundestad. — Triples? Je ne comprends pas.

stensgard. — Il n'est pas nécessaire que vous compreniez. Désormais j'agirai par moi-même.

(Il sort.)

monsen. — Encore un plein verre, Aslaksen ! Où donc est Bastian?

aslaksen. — Il s'en est allé en courant, mais j'ai une lettre de lui à remettre.

monsen. — A qui '?

aslaksen. — A Madame Rundholmen.

monsen. — Ah ! Enfin !

aslaksen. — Mais pas avant demain matin, m'a-t-ii dit. Ni plus tôt, ni plus tard. A votre santé !

hejre (à Lundestad). — Quel est ce diable de jeu entre Stensgard et Madame Rundholmen ?

lundestad {à demi-voiœ) . — Il a des intentions sur elle.

hejre. — Je ne l'aurais pas cru. Il m'a prié de le noircir à ses yeux, de lui parler de lui le plus défavorablement que je pourrai... Suffit!

lundestad. — Et vous avez promis ?

hejre. — Naturellement.

lundestad. — Il a, sans doute, pensé que vous feriez le contraire de votre promesse.

hejre. — Hé ! hé ! la chère âme ! Eh bien, cette fois, il se sera trompé.

madame rundholmen (une lettre ouverte à la main). — Où est l'avocat Stensgard.

hejre. — Ma foi, il vient d'embrasser votre servante : après quoi il s'est sauvé, madame Rundholmen.

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