SCÈNE VIII Les mêmes, MADAME KUNDHOLMEN, BASTIAN
madame rundholmen. — Monsieur le chambellan, ne le prenez pas en mauvaise part!
bratsberg. — Dieu m'en garde!
madame rundholmen. — J'ai tenu à vous présenter mon fiancé, ainsi qu'à mademoiselle...
bratsberg. — Bien, bien; alors vous êtes fiancée ? Mais...
thora. — Nous ne savions pas.
stensgard (à Aslaksen). — Enfin, comment cela sefait-il ?
aslaksen. — Oh! j'avais tant de choses dans la tête hier ! . . .
stensgard. — Yous avez cependant remis ma lettre f
aslaksen. — Non, celle de Bastian; voici la vôtre.
stensgard. — Celle de Bastian ? (Il jette un regarâ sur l'enveloppe, la froisse et la met dans sa poche). Ah! maudit oiseau de malheur!
madame rundholmen. — Oui, j'ai tout de suite compris ! On doit se méfier des hommes faux quand on a des intentions honnêtes... Ah! vous voilà, monsieur l'avocat ! Yous ne me félicitez pas, monsieur Stensgard?'
hejre (à Lundestad). — Quels regards furieux elle, lui jette!
bratseerg. — Mais certainement qu'il vous félicite,, madame Rundholmen, et vous-même vous ne félicitez pas» vu Ire future belle-sœur?
MADAME RUNDHOLMEN. — Qui donc?
thora. — Ragna. Elle est fiancée elle aussi.
bastian. — Toi, Ragna?
madame rundholmen. — En effet, mon fiancé m'avait dit que certain personnage avait demandé sa main. Bien du bonheur à touslesdeux ! Soyez le bienvenu dansla famille, monsieur Stensgard.
fieldbo. — Ce n'est pas lui.
bratsberg. — Non, c'est l'étudiant Helle qui est le fiancé de Ragna. Elle a fait un choix excellent. Mais vous avez aussi ma fille à féliciter.
madame rundholmen^ — La chère demoiselle! Ainsi
l'union des jeunes 303
M. Lundestad avait raison 1 Je vous félicite, mademoiselle! je vous félicite, monsieur l'avocat!
fieldbo. — C'est monsieur le docteur, qu'il faut dire; car c'est moi qui suis l'heureux fiancé.
madame rundholmen. — Alors je ne comprends plusdu tout.
bratsberg. — Et moi je commence à comprendre!
stensgard. — Veuillez m'excuser; des affaires pressantes...
hejre. — Vous nous privez déjà de votre aimable compagnie ? Oh !
bratsberg (bas à Lundestad). — Lundestad, comment donc l'aviez-vous appelé? ... chevalier d'industrie et Vautre mot?
lundestad. — Aventurier l
stensgard. — Au revoir !
bratsberg. — Encore un mot, monsieur l'avocat : un mot que j'ai depuis longtemps sur les lèvres.
stensgard (gagnant la porté). — Veuillez m'excuser, je suis près-.'.
bratsberg (il le suit). — Aventurier!
stensgard. — Au revoir! Au revoir.
(Il sort).
bratsberg. — Nous avons purifié l'air, mes amis !
bastian. — Eh. monsieur le chambellan ne m'accuse pas de ce qui est arrivé chez nous ?
bratsberg. — Chacun doit balayer devant sa propre porte.