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SCENE XVI

Les Mêmes, OLAF

olaf (une ligne à la main, rentre da?is le jardin, et il crie). — Oncle Hilmar, j'ai vu le vaisseau.

bernick. Tu as encore été sur les quais ?

olaf. — Non, je suis seulement allé dans un bateau. Figure-toi, mon oncle, qu'il vient de débarquer toute une troupe de saltimbanques avec des chevaux, des bêtes féroces... et beaucoup de passagers !

madame rummel. — Alors nous allons avoir des saltimbanques ?

rorlund. -— Nous! Je ne le pense pas.

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madame rummel. — Non, pas nous autres, naturellement; mais...

dîna. — J'aimerais bien voir un écuyer de cirque.

olaf. — Moi aussi.

i hilmar. — Tu es un petit sot. Est-ce que cela vaut

j la peine d'être vu? Des spectacles fixés d'avance!... Ce

qui serait intéressant, ce serait de voir un gaucho sur

son coursier écumant chasser à travers les pampas.

Mais ici, dans ce trou !

olaf {prenant ilfiie Bernick par le bras). — Tante Marthe, vois donc ; ils viennent !

madame holt. — Oui, c'est Dieu vrai ! Ils viennent.

madame lynge. — Que ces hommes sont laids !

(Un certain nombre de passagers passent dans la rue, suivis d'une foule de gens de la ville.)

madame rummel. — Ces bouffons me font l'effet d'être de la pire espèce. Voyez celle-là, madame Holt, elle porte sa malle sur son dos.

madame holt. — Elle a un parasol. Ce doit être la femme du directeur.

madame rummel. — Voici le directeur lui-même. Celui qui a la barbe. Il a la mine d'un brigand. Ne regarde pas, Hilda.

maame holt. — Toi non plus, Nella.

olaf. — Maman, regarde : le directeur nous salue.

bernick. — Comment?

madame bernick. — Que dis-tu, mon fils ?

madame rummel — Oui, c'est Dieu vrai ! Cette femme aussi nous salue.

bernick. — Ah ! voilà qui est un peu fort

MADEMOISELLE MARTHA (pOUSS(t?lt UU CTÎ inVOÏOn-

taire). — Oh!

madame bernigk. — Qu'y a-t-il, Martha ?

mademoiselle martha. — Rien, rien; j'ai cru ..

olaf (poussant un cri de joie). — Vois! vois! Les autres viennent avec les chevaux et les bêtes féroces. Il y a aussi des Américains, et tous les matelots de VIndian Girl.

(On entend le chant national américain Yankee Doodle avec accompagnement de tambours et de clarinettes.)

hilmar (se bouchant les oreilles). — Houl hou! hou!

rorlund. — Je crois , mesdames, que nous pourrions nous retirer. Ce n'est pas là un spectacle qui nous convienne. Remettons-nous à l'ouvrage.

madame bernick. — Peut-être ferions nous bien de fermer les rideaux

rorlund. — Oui, c'est ce que je pensais.

(Les dames s'assoient auprès de la table. Le vicaire ferme la porte du jardin ainsi que les fenêtres et ferme les rideaux. Le salon est plongé dans une demi obscurité.)

olaf (regardant au dehors). — Maman, la femme du directeur est à la fontaine, elle se lave la figure.

madame bernigk. — Gomment? Sur la place publique?

madame rummel. — Et en plein jour?

hilmar. — Ma foi, si je me trouvais dans un voyage d'exploration au milieu d'un désert et si je trouvais une citerne, je ne me ferais pas scrupule de... Oh! l'horrible clarinette?

rorlund. — La police devrait intervenir.

bernigk. — Il ne faut pas être si sévère avec des

étrangers. Ces gens là n'ont pas le sentiment des convenances qui nous guide et nous retient. Laissons faire ; que nous importe? Ce qui choque la bienséance et les nonnes mœurs ne doit pas exister pour nous, si j'ose m'exprimer ainsi... Mais, qu'est-ce donc?

(La dame étrangère entre par la porte de droite.)

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