‹ Les soutiens de la sociétéChapitre 20 sur 131 · SCÈNE XVII Les Mêmes, LONA · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII Les Mêmes, LONA

toutes les dames, off'iisquées , à mi-voix — L'écuyère du cirque? La femme du directeur?

madame bernick. — Mon Dieu, qu'est-ce que cela signifia?

mademoiselle martha. — Oh !

mademoiselle lona. — Bonjour, chère Betty l Bonjour, Martha! Bonjour, beau-frère!

madame bernick (avec un cri). — Lona!

bernick {faissant un pas en arrière). — Aussi vraique j'existe!

madame holt. — Dieu du ciel!

MADAME RUMMEL. — Est-Ce possible?

hilmar. — Oh ! oh !

madame bernigk. — Lona, est-ce vraiment toi! mademoiselle lona. — Si c'est moi? Apparemment. Vous pourriez au moins m'embrasser.

hilmar. — Oh! ont madame bernigk. — Tu reviens?

bernjck. — Tu vas réellement t'exhiber?

mademoiselle lona. — M'exhiber? Gomment cela m'exhiber?

bernick. — Oui, enfin, avec la troupe du cirque.

mademoiselle lona. — Ha! ha! ha! ha! Es-tu fou? Tu croyais que j'étais du cirque? J'ai fait, il est vrai, plusieurs métiers et me suis souvent fort avancée.

MADAME RUMMEL. — Huiïl !

mademoiselle lona. — Mais je n'ai encore jamais fait de tours de force sur les chevaux.

bernigk. — Ainsi, tu n'as pas

madame bernick. — Que Dieu soitbéni!

mademoiselle lona. — Mais non pas; nous avons voyagé comme beaucoup de gens convenables, en deuxième classe.

MADAME BERNICK. — NOUS, dis-tu?

bernigk, {faisant un pas vers elle). — Qui cela, nous?

mademoiselle lona. — L'enfant et moi naturellement.

les dames {avec un cri). — L'enfant l

hilmar. — Quoi?

rorlund. — Maintenant je dois dire. . . .

madame bernigk. — Enfin de qui parles-tu, Lona?

lona. — Mais de John! Je n'ai pas d'autre enfant que John, ou Johann, comme vous l'appelez.

madame bernigk. — Johann !

madame rummel {bas à M™* Lynge). — Le frère qui d mal tourné.

bernigk {hésitant). — Johann est également ici?

lona. — Oui, oui, je ne me sépare jamais de lui. Quelles mines vous faites I Vous êtes assises dans l'ombre

à coudre des linges blancs; il n'y a aucun deuil, j'espère, dans la famille.

rorlund. — Mademoiselle, vous vous trouvez au milieu d'une société de bienfaisance, destinée à combattre la corruption.

mademoiselle lona (à demi voix). — Que dites-vous? Ces belles dames seraient?

madame rummel. — Oh! Non! Non! En vérité!...

mademoiselle lona. — Ah! Je comprends 1 Je com. prends ! Mais voilà madame Rummel! Et voilà Mmc Holt! Hé bien, nous n'avons pas rajeuni toutes les trois depuis la dernière fois que nous nous sommes vues. Maintenant, mes chères amies, laissez la corruption attendre un jour, elle n'en sera pas pire. Un moment aussi heureux que celui-ci doit

rorlund. — Le moment du retour n'est pas toujours un moment heureux.

mademoiselle lona. — Non? Alors comment comprenez-vous votre Bible, monsieur le pasteur?

rorlund. — Je ne suis pas pasteur.

mademoiselle lona. — Hé bien! Vous le serez certaiv nement un jour. Mais fi! fi! Toute cette moralité sent la pourriture, comme les draps d'enterrement. Je suis habituée à un air plus frais.

bernick {s' épongeant le front.) — Il fait effectivement un peu chaud ici.

mademoiselle lona. — Attendez! Attendez! Il faut changer cette atmosphère sépulcrale. (Elle relève les rideaux.) Il faut qu'un beau soleil entre ici quand la frérot viendra. Vous allez le voir à l'instant.

hilmar. — Oh ! Oh 1

mademoiselle lona (ouvrant les portes et les fenêtres). — Il es*, en train de se débarbouiller à l'hôtel. Sur le steamer il était noir comme un charbonnier.

hilmar. — Oh ! Oh !

mademoiselle lona. — Oh! Oh! Sur ma parole! (montrant Hilmar). Il se promène donc toujours par ici et dit toujours : « Oh! Oh? »

hilmar. — Je ne me promène point. Je suis ici à cause de ma maladie.

rorlund. — Mesdames, je ne crois pas...

mademoiselle lona (regardant Olaf). — Est-ce là ton petit, Betty? Donne-moi la main. As-tu peur de ta vieille tante?

rorlund (prenant son livre). — Mesdames, je crois que nous ne sommes pas en état de travailler plus longtemps aujourd'hui. Nous nous réunirons de nouveau demain, n'est-ce pas ?

mademoiselle lona (pendant que ces dames se lèvent pour partir). — Oui, à demain, je serai à mon poste aussi.

rorlund. — Vous! Mille pardons, mademoiselle; mai que voulez-vous faire dans notre société?

mademoiselle lona. — Lui donner de l'air, monsieur le pasteur.

Page 1