‹ Les soutiens de la sociétéChapitre 26 sur 131 · SGÈNE VI JOHANN, M"« DINA · texte numérisé non relu

SGÈNE VI JOHANN, M"« DINA

johann (à Dîna, qui ôte son chapeau et se tient sur la porte en secouant la poussière de ses vêtements). — Cette petite promenade vous a fatiguée?

dîna. — Oui, mais ça a été une agréable promenade, de ma vie je n'en ai fait d'aussi agréable.

johann. — D'habitude vous ne sortez pas dans la matinée ?

dîna. — Si, avec Olaf.

johann. — Ah!... Vous préféreriez peut-être descendre dans le jardin?

dîna. — Non, je préfère rester ici.

johann. — Moi aussi. Alors c'est convenu. Tous les matins nous ferons ensemble une grande promenade.

dîna. — Non, monsieur Tonnesen, il vaut mieux y renoncer.

johann. — Pourquoi ? Vous me l'aviez cependant promis?

dîna. — C'est vrai... mais... après reflexion... il ne faut pas que vous sortiez avec moi.

johann. — Pourquoi cela ?

dîna. — Parce que... Vous êtes étranger, vous ne pouvez pas me comprendre. Mais je vous expliquerai.

johann. — J'écoute.

dîna. — Eh bien, non. Il vaut mieux que je ne vous le dise pas.

johann. — Allons 1 Allons ! Avec moi, vous pouvez parler sans crainte. Quoi que ce puisse être.

dîna. — Soit, il faut que je vous le dise... je ne suis pas pareille aux autres jeunes filles; il y a quelque chose... quelque chose à mon sujet... c'est pour cela que nous devons renoncer à...

johann. — Je n'y comprends rien du tout. Vous n'avez commis aucune mauvaise action?

dîna. — Moi, non ; mais... Non, n'en parlons plus ; tous le saurez assez tôt par les autres.

johann. — Hum '

dîna. — Par exemple, je voudrais vous demander quelque chose.

johann. — Quoi donc ?

dîna. — Il parait qu'en Amérique il est très facile de gagner sa vie et de se faire une jolie situation.

johann. — Ce n'est pas toujours si facile que celai Dans les commencements il faut travailler ferme.

dîna. — Eh bien, cela me plairait.

johann. — Vous !

dîna. — Oh 1 je sais travailler, j'ai une bonne santé, je suis forte et ma tante Martha m'a enseigné une foule de choses.

johann. — Bravo I alors venez avec nousl

dîna. — Bon ! Vous plaisantez ! Vous l'avez dit aussi à Olaf. Ce que je voudrais savoir surtout, c'est si les gens de là-bas sont très... très... excessivement moraux.

johann. — Moraux?

dîna. — C'est-à-dire s'ils sont aussi convenables, aussi honnêtes qu'ici.

johann. — Dans tous les cas, ils ne sont pas aussi mauvais qu'on le pense. N'ayez aucune crainte à ce sujet.

dîna. — Vous ne me comprenez pas. Au contraire, je voudrais qu'ils ne fussent pas si nobles et si vertueux.

johann. — Et comment les voudriez-vous, alors?

dîna. — Je voudrais qu'ils fussent... nature.

johann. — Oui, oui; ils le sont.

dîna. — Ils me plairaient, alors; si j'y allais.

johann. — Sans doute; alors vous venez avec nous?

dîna. — Non, pas avec vous. Je voyagerai seule; je •aurai bien me tirer d'affaire et devenir une honnête femme.

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