‹ Les soutiens de la sociétéChapitre 44 sur 131 · SCÈNE VIII f · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII f

BERNIGK, AUNE

aune. (Il arrive par la droite.) — Mille pardons, monsieur le consul, j'arrive mal à propos?

bernigk. — Que me voulez-vous?

aune. — Je voudrais vous demander quelque chose, monsieur le consul.

bernigk. — C'est bien, faites vite ; qu'avez-vous à me demander?

aune. — S'il est toujours irrévocablement décidé que je recevrai mon congé en cas où VIndian Girl ne pourrait prendre la mer demain?

bernick. — Qu'est-ce que cela veut dire? Le navire est appareillé déjà.

aune. — C'est vrai, mais s'il ne partait pas; serais-je congédié?

bernigk. — Pourquoi cette question inutile?

aune. — Je voudrais en avoir le cœur net, monsieur le consul. Dites-moi seulement si je serai, ou non, congédié ?

bernick. — N'ai-je pas l'habitude de tenir ma parole?

aune. — Ainsi j'aurais perdu demain ma situation

chez vous, chez moi, auprès de mes camarades, je serais inutile à tous, je serais banni de la société si...

bernigk. — Aune, nous n'avons plus rien à dire à ce sujet.

aune. — VIndian Girl prendra la mer demain. (Court silence).

be ;nigk. — Écoutez, je ne puis avoir l'œil à tout; je ne puis être responsable de tout. — Vous m'assurez que ces réparations sont faites d'une manière irréprochable?

aune. — Vous m'avez donné très peu de temps, mon sieur le consul.

bernigk — Pouvez-vous me donner l'assurance que le radoubage est irréprochable?

aune. — Le temps est beau; nous sommes dans la bonne saison.

bernigk {après un nouveau silence). — Avez- vous autre chose à me dire?

aune. — Rien de plus.

bernigk — Ainsi VIndian Girl prendra la mer.

aune. — Demain?

BERNIGK. — Oui.

aune. — Bien.

fil salue et sort. Bernick reste un instant indécis ; puis il fait quelques pas pour le rappeler, mais s'arrête et reste la main sur la clef, très trouble. Krapp ouvre la porte et entre)

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