‹ Les soutiens de la sociétéChapitre 5 sur 131 · SCÈNE PREMIÈRE KRAPP, AUNE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE KRAPP, AUNE

krapp. — Ah! vous avez frappé?

aune. — M. le consul m'a fait dire qu'il désirait me parler.

krapp. — C'est exact; mais il ne peut vous recevoir. Il m'a chargé de vous...

aune. — Vous?... Je tiendrais cependant...

krapp. — De vous dire que vous devez cesser les conférences que vous faites chaque samedi aux ouvriers.

aune. — Comment! je croyais qu'il m'était permis de consacrer mon temps libre à...

krapp. — Il ne vous est pas permis de consacrer votre temps libre à souffler le mécontentement aux ouvriers. Samedi dernier, vous les avez entretenus du dommage que leur causent nos nouvelles machines et notre nouvelle répartition du travail sur le chantier. Dans quel but ?

aune. — Dans le but d'être utile à la société.

krapp. — Je m'en doute! En attendant, le consul dit que c'est ainsi qu'on la désorganise.

aune — Ma société n'est pas celle du consul, monsi sur le comptable; et, comme président de l'union ouvrière, jo dois...

krapp. — Avant toutes choses, vous représentez sur la

chantier le consul Bernick; avant toutes choses, vous avez à remplir votre devoir envers la société du consul Bernick, car c'est elle qui nous fait tous vivre. Et maintenant, vous savez ce que le consul avait à vous dire.

aune. — Le consul ne me l'eût pas dit de cette façon, monsieur le comptable ; mais je sais qui je dois remercier pour cette leçon. Ce sont ces maudits marins américains. Ces gens là veulent que l'on travaille ici à leur manière et que...

krapp. — Oui, oui, oui. Je n'ai pas à discuter plus longtemps là-dessus. Vous connaissez maintenant l'opinion du consul. Veuillez donc avoir la bonté de retourner au chantier, car certainement vous y êtes nécessaire. Je vous rejoins à l'instant. Mille pardons, mesdames.

(Il salue, traverse le jardin et va dans la rue. Aune s'éloigne par la porte à droite. Iîorlund qui, pendant cet entretien, a continué sa lecture à voix plus basse, unit peu de temps après et ferme son livre un peu bruyamment.)

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