‹ Les soutiens de la sociétéChapitre 73 sur 131 · SCÈNE XXII · texte numérisé non relu

SCÈNE XXII

lona. — Le voilà tous partis!

BKnNicK. — Nous restons seuls. Mon nom ne brille plus en lettres de flammes ; aux fenêtres toutes les lumières sont éteintes.

lona. — Souhaiterais-tu qu'elles fussent allumées ?

bernick. — Pour rien au monde ! Vous frissonneriez de terreur si vous saviez jusqu'où j'ai failli tomber. lime semole que je guéris d'un long empoisonnement, que je retrouve le repos et le calme et que je pourrai redevenir bien portant et jeune. Oh ! venez plus près de moi l Serrez-vous plus étroitement auprès de moi 1 Viens, Betty! Viens, Olaf, mon fils! Et toi, Martha! Par moment, il me semble que je ne t'ai pas vue depuis des années.

lona. — Je le crois bien. Votre société est une société d'épicier : elle ne remarque pas les femmes.

bernick. — C'est vrai. Toi aussi, Lona, tu resteras toujours avec Betty et moi !

madame bernick. — Oui, Lona, avec nous.

lona. — Et comment pourrais-je prendre la responsabilité de vous abandonner, jeunes gens qui venez à peine de vous retrouver?... Ne suis-je pas mère adoptive par vocation ?... Martha, nous sommes les deux vieilles tantes... Que regardes-tu?

martha. — Je regarde comme le ciel s'éclaircit et comme il brille sur la mer ! Le Palmier a du bonheur.

lona. — Oui, le bonheur aussi est à son bord.

bernick. — Nous autres, nous avons devant nous un avenir de travail long et sérieux, moi surtout. Mais je ne m'en effraie pas, car vous unirez vos forces aux miennes, vous toutes, si loyales et si sincères ! Je viens d'apprendre encore cette vérité que les femmes sont les soutiens de la société.

lona. — Où as-tu pris cette morale, beau-frère ? {Lui mettant la main sur V épaule.) Non, la liberté et la sincérité, voilà les vrais soutiens de la société.

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Pièee en cinq Aetes

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