‹ Les soutiens de la sociétéChapitre 77 sur 131 · SCÈNE L · texte numérisé non relu

SCÈNE L

MOXSEN, ASLAKSEN, BASTIAN, STENSGARD, UN GARÇON

monsen. — Il a réellement oublié de mourir! .aslaksen. — Il a encore discouru sur nos affaires locales; ah! ah!

monsen. — C'est le discours qu'il fait tous les ans. Venez par ici.

stensgard. — Non, non ! par ici, monsieur Monsen, Nous allons perdre votre fille de vue.

monsen. — Oh! Ragna saura bien nous retrouver.

bastian. — Ce n'est pas nécessaire; l'étudiant Helle est avec elle.

stensgard. — Helle?

monsen. — Oui, Helle. (Il le pousse amicalement du coude.) Mais je suis avec vous, moi! Allons, venez! Nous serons beaucoup mieux ici pour causer.

(Il prend place à la table de gauche.)

ringdal. — Mille pardons, monsieur Monsen, la tabLe est réservée.

stensgard. — Réservée? Pour qui?

ringdal. — Pour le chambellan et sa famille. stensgard. — Allons donc, ils ne sont pas ici.

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iungdal. — Nous les attendons d'un instant à l'autre. stensgard. — Alors cette honorable société prendra place ailleurs.

(Il prend un siège.)

lundestad. (77 me £ la main sur le fauteuil.) — Mais, on vous dit que cette table est réservée .

monsen. (Il se lève.) — Venez, monsieur Stensgard. Làbas, il y a aussi d'excellentes places. (Il regarde vers la droite.) Garçon! Hum, pas de garçon non plus! Le comité de la fête aurait dû veiller à cela. Tenez, Aslaksen, allez donc nous chercher quatre bouteilles de champagne. Demandez du plus cher et dites que c'est Monsen qui paie.

(Aslaksen entre sous la tente.)

lundestad. (Il s'approche et s'adresse àStensgard.) — Ne prenez pas cî que je vous ai dit en mauvaise part.

monsen. — Allons donc! pas du tout!

lundestad (toujours à Stensgard). — Ce n'est pas moi personnellement, c'est le comité delà fête qui a résolu...

monsen. — Ça se comprend, le comité de la fête a ordonné et nous devons obéir.

lundestad (toujours à Stensgard). — Nous sommes ici chez le chambellan, il a mis ce soir à notre disposition parc et jardin, mais nous avons cru devoir...

stensgard. — Nous sommes très bien ici, monsieur Lunlestid, pourvu qu'on nous laisse tranquilles. Je ■ nx ]) nVr '!<• la foule.

lundestad (amicalement). — Oui, oui, en somme tout v uifcn.

( 1 s'jlo'gne vers le fond.)

aslaksen . — On apporte le vin tout de suite.

monsen. — Une table réservée... placée sous la surveillance spéciale du comité! Pour un anniversaire de liberté!... Voilà encore un excellent exemple de la façon dont marchent les choses !

stensgard. — Mais vous, braves gens, pourquoi le supportez-vous?

monsen. — La force de l'habitude.

aslaksen. — Il n'y a pas longtemps que vous êtes ici, monsieur l'avocat. Si vous connaissiez un peu mieux nos affaires locales!...

le garçon. (Il apporte le Champagne.) — C'est bien icif

aslaksen. — Oui. Allons, versez !

le garçon. — C'est à votre compte, n'est-ce pas, monsieur Monsen?

monsen. — Oui, tout; soyez sans inquiétude. Le garçon sort, (Monsen trinque avec Stensgard). Soyez le bienvenu parmi nous, monsieur l'avocat! Je puis dire que c'est un honneur pour tout le district qu'un homme comme vous s'établisse ici. Nous avons tant entendu parler de vous dans les journaux, des discours que vous avez prononcés à des réunions de sociétés musicales, littéraires et autres. Nous savons que vous avez un grand talent oratoire et que vous avez à cœur le bien général . Puissiez-vous prendre unelargeet courageusepartdans... hum!... hum!... •

aslaksen. — Dans nos affaires locales.

monsen. — Dans nos affaires locales. A votre santé!

(Ils boivent).

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stensgard. — Pour ce qui est du courage et de l'intérêt quej'y apporterai, vous pouvez être tranquilles.

monsen. — Bravo! Encore un verre, voulez-vous, pour cette bonne promesse?

stensgard. — Non, j'ai déjà tout à l'heure...

monsen. — Allons donc! Encore un verre, vous dis-jel (Ils choquent leurs verres et boivent.) Puisque nous sommes sur ce sujet, je dois vous prévenir que le chambellan n'est pas le vrai maître ici. C'est le vieux Lundestad qui tire la ficelle derrière lui.

stensgard. — On me l'avait dit; je ne comprends pas qu'un libéral comme lui...

monsen. — Lundestad? Vous prétendez que Anders Lundestad est un libéral? Tout au plus s'il s'en est donné le vernis, autrefois, dans son jeune temps, quand il était utile de le paraître pour faire son chemin.

stensgard. — Voilà un état de choses qui ne peut pas durer.

aslaksen. — Oui, par le diable, monsieur l'avocat, il faut mettre fin à tout cela !

stensgard. — Je ne dis pas que je ne...

aslaksen. — Oui, vous êtes précisément l'homme pour cela. Vous avez la langue bien pendue, comme on dit, et ce qui vaut encore mieux, vous savez écrire. Mon journal est à votre disposition comme toujours.

stensgard. — Renonceriez-vous à vous occuper de vos intérêts privés, si les électeurs portaient leur choix sur vous, monsieur Monsen?

monsen. — Mes intérêts privés en souffriraient sûrement; mais si l'on croit que le bien public l'exige, je mettrai de côté toute considération personnelle.

stengsard, — C'est beau, cela! J'ai, d'ailleurs, remarqué que vous aviez déjà un parti.

monsen. — Je me flatte que la majorité de la jeune, génération, de cette vigoureuse jeunesse qui...

aslasksen. — Hum l Hum! On nous espionnel

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