‹ Les souvenirs d'un artisteChapitre 36 sur 46 · MONTALIVET · texte numérisé non relu

MONTALIVET

€ C’est demain que paraît décidément le nouveau ministère, moins les ministres de la guerre, du commerce et des travaux publics. »

En 1839, le groupe de Caïn en marbre était au Salon. M. Fulchiron, député de Lyon, réclamait à la liste civile un cadeau qui devait être fait à la ville de Lyon, en échange d’un million de soieries qu’elle avait offert à Sa Majesté Louis-Philippe.

M. de Montalivet entraîna un jour le député de Lyon, à l'Exposition (1839), et Le plantant devant le colosse en marbre, il lui dit: «Hein! que dites-vous de celui-ci? Croyez-vous qu’il ferait l'affaire des Lyonnais?

— Ma foi, je crois que oui!

— Tope! c’est fait; c’est pour vous, Fulchiron. »

Dans le chapitre suivant, j'attaquais, en 1837, le Jurv d'admission à nos Salons annuels. Depuis quarante ans que cette lettre a été publiée, trois révolutions ont changé la forme du gouvernement de notre patrie.

Et sous une autre forme, ce sont toujours des artistes juges et parties dans leur propre cause. De la passion à la place de la raison. Ce qu'il y à de plus triste, c’est que le sens moral est tellement abaissé chez ceux qui briguent le triste honneur d'exécuter leurs confrères, que pas un d’eux ne pense que leurs victimes, depuis les plus modestes, les plus faibles jusqu'aux plus forts, ont le droit de leur dire : Qu'en savez-vous ?

Logiquement, que pourraient-ils répondre ?

L'art n'est-il pas infiniment variable dans ses manifestations°? Tel ouvrage sifflé, conspué hier, n’est-il pas applaudi, couvert d’or aujourd’hui ?

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