‹ Les splendeurs de la foi (volume 2)Chapitre 1 sur 40 · CHER FILS, SALUT ET BÉNÉNICTION APOSTOLIQUE · texte numérisé non relu

CHER FILS, SALUT ET BÉNÉNICTION APOSTOLIQUE

Il ne se pouvait pas, Cher Fils, que le très sage auteur de l'ordre physique et surnaturel , ne coordonnât pas la science des choses visibles à la connaissance des vérités par lui révélées, de telle sorte que l'homme qu'il a créé pour lui, lût amené par ce qu'il a fait à la conception intellectuelle de ses invisibles. C'est pourquoi, de même qu'il est très honorable de révéler et de confesser les œuvres de Dieu, celui-là se rend tout à fait recommandable qui entreprend sciemment d'exposer et de faire resplendir cet ordre admirable de choses. Mais ce qui est toujours utile est rendu absolument nécessaire par l'orgueil des temps modernes, qui, répétant les très vieux cri de révolte, JE KE SERVIRAI PAS, et pour mettre Dieu hors des choses humaines, méprise sa Souveraineté, blasplième sa Majesté, retourne avec impiété contre lui tout ce qu'il a connu naturellement, et ce qu'il a reçu de lui libéralement. Mais cela rendrait très difficile et très rude votre noble entreprise ; car elle demande de celui qui l'aborde une science solide et trèsample, non seulement des choses sacrées, mais aussi des choses physiques, la lecture des innombrables ouvrages, écrits dans tant de langues diverses, où l'on a pu puiser les sophismes, tant anciens que modernes, qu'on oppose à l'ordre divin, et enfin l'initiation aux progrès quotidiens des sciences naturelles, qui par leur lumière dissipent les ténèbres répandues par eux.

Nous vous adressons donc toutes Nos félicitations à vous qui, après un travail long et opiniâtre consacré à apprendre et à enseigner les sciences philosophiques et théologiques, vous êtes livré avec une telle ardeur aux sciences physiques que, dans l'exposition et l'illustration de leur universalité, vous ayez mérité la gloire d'être appelé publiquement leur promoteur. Ces avantages, très rarement réunis dans un seul homme, en même temps qu'ils ne peuvent point ne pas concilier près des amis de la vérité, une grande autorité à votre savant et

laborieux ouvrage les splendeurs de la foi, empêcberont ceux qui lo haïssent de repousser vos volumes avec un dédain qui ne saurait atteindre celui qui traite avec habileté et équité d'une matière si variée, si gra\e et si difficile.

Cette Pro\idence, qui embrasse tout avec force, d'une extrémité à l'autre, et qui dispose tout avec suavité, vous a fait riche d'un génie pénétrant et souple, uni à une mémoire tenace et fidèle, qui vous fait saisir sur-lc-cbamp le sujet offert, et vous le lait retenir constamment quand vous l'avez saisi. Elle vous a doué en même temps d'un amour patient et insatiable de la science, qui a fait sauter à vos yeux comme spontanément tout ce que vous aviez à rassembler pour rédiger une œuvre de nature si diverse et si disparate. Enfin, en multipliant sous vos pas les occasions de faire des recherches spéciales, relativement surtout aux choses physiques, elle vous a exercé à les traiter de telle sorte que vous les fissiez servir à la fois au progrès de la science, à la défense et à la gloire de la Religion. Et parce que la mise en œuvre et la rédaction de matériaux assemblés pendant toute une vie demandaient encore un travail de plusieurs années, elle a réservé à votre vieillesse une vigueur juvénile d'esprit et de corps capable de supporter les fatigues d'un travail si long et si opiniâtre, de telle sorte qu'on est autorisé à penser justement que vous avez reçu la mission spéciale de publier cet ouvrage. Ce qui, en même temps qujil N<ius amène à vous exprimer de nouveau Nos félicitations, Nous donne une espérance non médiocre de l'utilité réelle et solide de votre œuvre, dont il est vrai, la masse même ne Nous a pas permis, absorbé que Nous sommes par tant de sollicitudes, d'apprécier par Nos yeux la force et l'érudition, mais qui cependant, en raison du caractère propre du livre et de l'estime publique qui l'entoure, n'en est pas moins pour nous un hommage très agréable et très précieux. Recevez donc ce témoignage de Notre gratitude et aussi des vœux que Nous formons pour le fruit abondant et durable d'un si immense travail, dont vous avez pour gagela bénédiction apostolique,que Nous vous donnons très afiectueuscment, Cher Fils,comii]e preu\ede Notre bienveillance paternelle.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 3 juillet 1879, la seconde année de Notre pontificat.

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