‹ Les splendeurs de la foi (volume 2)Chapitre 2 sur 40 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Ce litre s'était imposé spontanément et invinciblement . à mon esprit, comme exprimant seul la pensée et le but de mon livre ! Mais un prélat éminent, modèle admirable de sagesse et de modestie, l'avait" trouvé prétentieux et bruyant. Ces scrupules m'avaient d'autant plus inquiété et attristé que je ne pouvais pas reculer. Je suis pleinement rassuré, aujourd'hui que mon litre est tombé des • lèvres augustes de Léon XllI. Au mois de mai dernier, Sa Sainteté n'a pas hésité à dire aux nobles pèlerins allemands qui l'entouraient: « En vérité, de vos paroles et même de votre présence ici, il sort comme u:>'e splendeur DE LA FOI, qui remplit notre esprit de joie et nos ennemis d'étonné ment! »

Merci, Très Saint-Père, merci!

La pensée que je publierais un jour les Splendeurs de la Foi remonte à 1831, et elle ne m'a pas quitté un instant. Dans toutes mes études, je faisais réserve de données et de documents destinés à mon futur essai de conciliation de la Révélation et de la Science, de la Foi et de la Raison. En 1855 seulement, je pus esquisser mon plan dans de modestes conférences, que je fus chargé de faire, pendant le carême, dans l'église Saint- Sulpice.

Après trente ans employés à acquérir la science nécessaire, et à réunir les matériaux de l'édifice que j'avais à construire, je pouvais espérer que je rélèverais en trois ou quatre années; mais onze longues années se sont écoulées, et je viens à peine de finir.

J'ai consacré le premier volume à la Foi ;

Le deuxième et le troisième à l'accord de la Révélation et de la Science: c'est la partie principale de mon œuvre, celle que j'avais pour mission spéciale et directe de mener à bonne fin;

Le quatrième, à l'accord de la Foi et de la Raison.

3 'ai fait ce que j'ai pu; mais je n'ai pas fait co que j'aurais voulu, ce que j'aurais dû faire, et je crains d'être resté au-dessous de la lâche que je m'étais imposée. Dans un travail de si longue haleine, la fermeté de la marche, l'unité de composition et de rédaction, ne sontelles pas au-dessus des forces humaines? J'ai faibli quelquefois, souvent peut-être!

Cet aveu m'humilie sans me décourager. ïl faudra toujours que le grain de froment meure pour produire au centuple. Ce n'est qu'en diminuant qu'on peut faire croître Jésus-Christ et sa sainte Eglise. Je suis heureux d'être à mon tour le serviteur inutile de l'Evangile.

J'ai d'ailleurs pour me consoler le sentiment que le fond de mon livre supplée aux imperfections de la forme, et que, comme collection unique de renseignements précieux, comme ensemble de preuves victorieuses delà divinité de notre foi catholique, apostolique, romaine, mes Splendeurs satisferont pleinement mes lecteurs.

Sans faire aucune concession, sansm'appuyer d'aucune hypothèse, sans jamais pactiser avec des systèmes humains, j'ai démontré jusqu'à l'évidence que, sur tous leurs innombrables points de contact, la Révélation et la Science, la Foi et la Raison sont parfaiteuient d'accord.

Ma démonstration est plutôt excessive qu'incomplète: on pourra trouver que je l'ai poussée trop loin, ou que je suis trop entré dans les détails.

Mais ces détails, ce sont les adversaires de la Révélation et de la Foi qui m'ont forcé de les aborder. Et, si l'un veut bien comparer mes solutions à celles des apologistes qui m'ont précédé, on constatera un fait grande-

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