‹ Les splendeurs de la foi (volume 2)Chapitre 11 sur 40 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

La Foi est nécessaire.

Celui qui croit en lui et aura été baptisé sera sauvé ! Mais celui qui ne croit pas en lui sera condamné. Év. suiv. saint Marc, Ch. xvi, ^ 16.

Celui qui ne croit pas au Fils unique de Dieu est déjà jugé ! Il ne verra pas la vie ! La colère de Dieu repose sur lui ! Év. suiv. saint Jean, Ch. m, ^t 18 et 36.

Qui a prononcé, en parlant de lui-même, cette sentence si formelle?

Jésus-Christ !

A qui Jean-Baptiste faisait-il allusion quand il formulait ce si redoutable arrêt ?

A Jésus-Christ !

Jean,rapôtre bien-aimé,a annoncé en ces termes sublimes l'apparition de Jésus-Christ dans le monde :

« Il est le Verbe, Fils de Dieu ; il était en Dieu avant tout commencement, et il est Dieu.

« Tout a été fait par lui, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans lui.

« Les hommes tiennent de lui la vie et l'intelligence.

« Il est la vraie lumière qui éclaire tout homme venant dans ce monde.

« Il s'est fait chair et il a habité parmi nous, plein de grâce et de vérité ! »

Le divin Précurseur le saluait ainsi ;

« Venu après njoi il a été avant moi !

« Il est le Fils unique de Dieu, vivant dans le sein de son Père. « Je ne suis pas digne de dénouer les cordons de ses sandales.

« C'est l'agneau de Dieu qui effacera les péchés du monde.

« Je ne le connaissais pas quand, confondu avec la multitude des pécheurs, il est venu sur les bords du Jourdain me demander le baptême de la pénitence. Mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit : Celui sur lequel tu verras l'Esprit descendre et demeurer, baptisera dans l'Esprit. J'ai vu l'Esprit descendre du ciel sous forme d'une colombe et demeurer sur lui ; j'ai entendu une voix du ciel qui s'écriait : Vous êtes mon fils bien-aimé en qui j'ai mis mes complaisances, et je lui ai rendu ce témoignage qu'il est le Fils de Dieu ! »

Jésus-Christ était la bonté même. Sa voix ne retentissait pas bruyante sur la place publique. Il n'achevait pas de briser le roseau à moitié rompu. Il n'éteignait pas la mèche qui fumait encore.

Agneau de Dieu il nous exhortait à apprendre de lui à être doux et humbles de cœur.

11 s'est appelé notre père, notre frère, notre ami, l'époux de los âmes.

Il s'est montré à nous sous les touchantes paraboles du père de l'enfant prodigue, du bon Samaritain, du maître de la vigne, généreux jusqu'à l'excès.

11 s'est caché, pour nous inspirer une confiance sans bornes, sous les symboles les plus attrayants. Je suis une eau vive et pure, elle éteint à jamais la soif; un pain délicieux, il rend immortels ceux qui s'en nourrissent; une porte toujours ouverte, elle donne entrée dans des pâturages abondants; un chemin étroit, mais sûr, il conduit au séjour de la félicité; une vigne généreuse, elle communique à tous les rameaux la vie et la fécondité; une lumière douce et brillante, celui qui la suit ne s'égarera pas.

Il s'est souvent écrié : J'ai à être baptisé d'un baptême de sang; qu'il me tarde qu'il soit versé jusqu'à la dernière goutte, ce sang dont la brûlante ardem* me dévore !

S'identifiant avec chacun des hommes, il leur disait : En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous ferez au plus petit des miens, vous me le ferez à moi-même. Celui qui le frappe, me frappe à la prunelle de l'œil.

Sa vie tout entière ne fut qu'un long acte d' amour de Dieu et des hommes. Deux mots résument toute son histoire : il a passé en faisant le bien, c'est-à-dire en aimant les hommes. Chacun de ses pas était marqué par un bienfait nouveau, par un miracle d'amour. C'était un paralytique auquel il ordonnait de marcher; un aveugle auquel il rendait la vue; un sourd qu'il faisait entendre ; un muet qu'il faisait parler ; un lépreux qu'il guérissait; quelques petits pains qu'il multipliait assez pour rassasier des milliers de personnes ; le fils du prince de la Synagogue qu'il rappelait des portes du tombeau ; la fille de Jaïr, le fils de la veuve de Naïra, Lazare qu'il ressuscitait; la Samaritaine qu'il instruisait et qu'il convertissait; Zachée qu'il appelait à la foi et qu'il sanctifiait ; Marie-Magdeleine dont il ouvrait le cœur au repentir et à la vertu, etc., etc.

Il s'échappait dt soa être une vertu divine qui guérissait tous les maux.

Tout en lui respirait si bien la douceur et la bonté que les petits enfants le pressaient de leurs caresses, et que la foule suspendue à ses lèvres le suivait dans la profondeur du désert, oublieuse de toutes les nécessités de la vie.

En même temps, sa majesté si calme inspirait le respect et une sainte terreur. Quand la fureur de ses ennemis était la plus déchaînée, il les arrêtait d'un regard, se dégageait de leurs bras devenus immobiles, et s'en allait.

La souffrance physique ou morale ne pouvait l'atteindre qu'à

l'heure fixée volontairement par lui dans son amour infini de Dieu son père, et des hommes ses frères.

Parce qu'il nous a aimés, et qu'il l'a voulu :

Il est né. dans une étable qu'il a fait retentir de ses vagissements douloureux ;

11 a passé trente années dans l'obscurité laborieuse d'un humble atelier ;

11 a été en but pendant toute sa vie publique aux privatious de la pauvreté, aux persécutions et aux outrages d'un grand nombre d'adversaires implacables;

Dans le jardin de Gethsémani, son âme a été triste jusqu'à la mort; il est entré dans une agonie affreuse, le sang s'est échappé de toutes ses veines et a inondé la terre.

Il a été trahi par un disciple ingrat et sacrilège qui l'a li^Té à ses bourreaux en l'embrassant ; son divin visage a|été frappé de soufflets et couvert de crachats.

Son corps a été déchiré de coups, sa tête a été couronnée dépines, il a eu pour sceptre un roseau, pour manteau royal un lambeau de pourpre ; on lui a préféré un séditieux homicide.

Il a été condamné à mort. II a marché vers le calvaire chargé (ju brutal instrument de son supplice, épuisé de forces, traîné par des soldats inhumains. Il s'est étendu sans se plaindre sur l'autel du sacrifice. Élevé entre le ciel et la terre, suspendu sur des plaies sanglantes ; il a entendu les blasphèmes des savants et des grands qui l'insultaient, du peuple égaré qui le maudissait. Son âme abreuvée d'amertume n'a pas même obtenu de son Père céleste la consolation sensible qu'il demandait. Il est mort dans les plus affreuses douleurs en poussant un grand cri!

En recevant son dernier soupir le ciel s'obscurcit, la terre trembla jusque dans ses fondements, les rochers se fondirent, le voile du Temple se déchira, le centurion et ses aides se

frappèrent la poitrine et s'écrièrent : Il était vraiment le Fils de Dieu.

Ressuscité, il n'abordait ses apôtres que pour lâir dire : C'est bien moi ! Ne craignez rien ! Je vous apporte la paix! je vous donne la paix !

Et quand, montant au ciel, il échappait à leurs regards il les bénissait encore et remplissait leur cœur d'une joie céleste.

Et c'est lui qui a dit :

Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné pour lui son Fils unique, afin que tous ceux qui croient en lui ne périssent pas, mais entrent en possession de la vie éternelle. Celui qui croit en lui ne sera pas condamné, mais celui qui ne croit pas en lui comme au Fils unique de Dieu, est déjà jugé et condamné.

Et le divin précurseur, le plus grand et le plus saint des enfants des hommes allait criant à tous :

Celui qui croit à Jésus, Fils de Dieu aura la vie éternelle! Celui qui ne croit pas à Jésus, Fils de Dieu, ne verra pas la vie; la colère de Dieu demeure sur lui !

Quel coup de foudre ! Ces hommes qui ne croient plus à Jésus-Christ, et qui passent rassurés sur le passé, heureux du présent, insoucieux de l'avenir, ils sont jugés! Ils ne verront pas la vie ! La colère de Dieu repose sur eux !

Jésus-Christ disait encore à Marthe, sœur de Lazare :

Je suis la Résurrection et la Vie! Celui qui croit en moi., alors même qu'ils ait mort vivra! Et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais !

Et Marthe s'écriait : J'ai cru que vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant venu en ce monde pour le sauver,

La foi est nécessaire! Toute la religion chrétienne aboutit à cette redoutable alternative. Celui qui croit et qui a été baptisé sera sauvé ! Celui qui ne croit pas sera condamné.

Nos symboles chrétiens débutent par cette déclaration solennelle : Tout homme qui veut être sauvé, doit garder la foi catholique, car s'il ne la garde pas entière et inviolable, il périra satis aucun doute pour l'Eternité! Et ils concluent ainsi : Voilà la foi catholique, celui qui ny croit pas fidèlement et fermement ne peut pas être sauvé !

La foi en Dieu est absolument nécessaire, car sans elle, disait saint Paul, il est impossible de lui plaire. Le premier pas à faire pour celui qui veut s'approcher de Dieu est de croire qu'il est, et qu'il récompense ceux qui le cherchent. La foi est le seul lien qui unisse l'homme à Dieu, la terre au ciel.

La foi en Jésus-Christ est absolument nécessaire, car en Jésus-Christ seul réside le salut, et il n'est pas d'autre nom que le nom de Jésus par lequei les hommes puissent être sauvés.

La foi est absolument nécessaire aux individus. On peut avoir ouvert son cœur à des passions coupables; on peut avoir méconnu les lois de la religion naturelle ou révélée ; on peut avoir foulé longtemps aux pieds les commandements de Dieu et de sa sainte Eglise ! Si la foi reste ou renaît, la porte est encore ouverte au repentir ! Et lorsque le ministre du pardon viendra nous visiter sur notre lit de mort, il pourra nous rassurer en criant à Dieu d'une voix suppliante : Ne vous souvenez pas, Seigneur, de ses iniquités ! Oubliez l'ivresse dans laquelle l'a jeté si souvent le ferment des mauvais désirs; car, quoiqu'il ait péché, beaucoup péché , il n'a pas nié le Père, le Fils et le Saint-Esprit ! Mais il a cru ! il croit! il se repenti tout est sauvé !

Sans la foi, la terre n'est plus un exil, une prison passagère, mais un bagne à perpétuité commencé dans le temps et (jui se

continuera dans réternité, sans aucune lueur d'espérance pour ses infortunés habitants !

« Vous avez amené les ténèbres, disait à Ifieu le Roi prophète (Psaume CIII,v. 20), et la nuit s'est faite, et les bêtes de la forêt traversent en tous sens ses obscurités! Les jeunes lions, aspirant vers leur proie par des rugissements empressés, vous demandent leur pâture. Le soleil s'est levé, et ils sont revenus, et ils ont repris leur place dans leur tanière! L'homme alors sort pour son travail et vaque à ses occupations jusqu'au soir. »

Or si l'homme n'a pas la foi, s'il ne peut pas regarderie ciel d'un regard plein d'espérance et d'amour, en quoi son sort différera-t-il de celui de la brute? Ne sera-t-il pas plus malheureux qu'elle, puisqu'il a beaucoup plus qu'elle la conscience des maux qui l'atteignent. Quand, hélas ! au lever de l'aurore, je vois dans les rues longues et larges de la capitale, par un mauvais jour d'hiver, cette multitude affairée d'hommes, de femmes, de jeunes gens, de jeunes filles qui vont demander aux quatre coins de l'horizon le pain qu'ils ont tant de peine à gagner, et que, me repliant sur moi-même, je suis réduit à me dire qu'un grand nombre déjà ont perdu la foi ; que pour ces infortunés, par conséquent, il n'est plus de victime qu'ils ^puissent offrir pour leurs péchés, mon cœur se serre d'une angoisse mortelle, et je pleure ! Et je m'indigne contre ces milliers de faux apôtres qui vont conspirant sans cesse contre le Sauveur des hommes, pour effacer son nom de la terre des vivants,' et lui fermer tout accès dans le cœur de l'humanité. Impies, solidaires, libres-penseurs , écrivains impurs et vaniteux, affiliés des sociétés secrètes, que faites-vous chaque jour du pauvre Abel votre frère? Sa foi perdue, plus encore que son sang versé, crie vengeance contre vous. Dieu l'avait élevé au faite des honneurs ; il l'avait fait presque l'égal des Anges, il

l'avait comblé de bienfaits et de gloire ! Séduit par vous, il n'a plus compris ses hautes destinées, il s'est rabaissé au niveau des créatures inintelligentes, et s'est fait semblable k la brute. Ah ! celui qui fut la sainteté et la bonté même a dit de vous : « Quant à celui qui scandalise un de ces petits qui croient en moi, il convient qu'on lui suspende au cou la roue du moulin que l'âne fait tourner, et qu'on le noie dans la profondeur des mers I »

La foi est absolument nécessaire aux nations et aux peuples. Ah ! ne me parlez pas des nations et des peuples sans Dieu, sans Jésus-Christ ! Ne les appelez pas heureux, disait David. Peut-être que leurs fds sont comme des plantations nouvelles pleines d'une jeunesse exubérante; que leurs filles s'avancent dans leur beauté semblables à des autels ambulants, décorés d'ornements splendides ; que leurs trésors pleins d'or débordent de tous les côtés ; que leurs brebis sont surabondamment fécondes ; que leurs troupeaux sortent pressés de leurs éta.^ blés ; que leurs bœufs sont gras ; que leurs maisons sont sans lézardes, et les murs de leurs cités sans brèches ; qu'aucun cri de détresse ne retentit sur leurs places publiques : ce n'est pas là le bonheur ! Heureux seul est le peuple dont Dieu est le Seigneur aimé et béni !

Pour les peuples pasteurs qui rompraient avec Jésus-Christ et reviendraient aux erreurs du paganisme, il pourrait y avoir encore quelque félicité. IMais combien serait épouvantable, s'il devenait apostat, le sort d'un peuple éclairé, civilisé, condamné aux exigences impitoyables de l'industrie et du progrès modernes. La misère et la débauche prendraient des proportions effroyables ; ce serait bientôt, pour me servir du langage de Jésus-Christ, l'abomination dans la désolation. La tribulation atteindrait un niveau que lemoude n'a pas encore vu. Et si Dieu,

dans son amour pour ses élus, n'abréç^eait pas ces jours d'infortune universelle, Thumanité tout entière périrait physiquement et moralement.

Aussi, avant que la foi ait entièrement disparu de la terre, sonne-t-il la dernière heure du monde. Le soleil s'obscurcit, la lune perd sa clarté, les étoiles s'ébranlent dans le firmament ; le Fils de l'Homme apparaît sur les nuées, couronné de puissance et de gloire; les Anges ont rassemblé des quatre vents de l'horizon la troupe glorieuse de ses élus qui entrent avec lui dans la vie éternelle ; tandis que k troupeau impur des impies ou des pécheurs est entraîné vers l'abîme des enfers.

Mais, voici que l'école audacieuse du positivisme et de la morale indépendante ose aspirer fièrement à faire de la raison et de la science la source non-seulement de toute vérité, mais de toute sainteté et de toute prospérité !

« C'est une loi de la nature, dit-elle, que la science et le perfectionnement matériel et moral de l'homme marchent inévitablement unis ! » Perfectionnement matériel? oui, jusqu'à un certain point, jusqu'à une certaine limite ! car le progrès matériel exagéré, et émancipé de l'élément religieux, conduira forcément à la barbarie ; nous venons éè le dire. Déjà ne voyons-nous pas le paupérisme grandir à vue d'œil ! Perfectionnement moral ? non, mille fois non ! La science, sans la foi, sans la grâce, est impuissante, en règle générale, à faire un honnête homme !

Elle ajoute : « la science et la domination de la nature acquises par le travail fatigant des j)enseurs, ou par la vertu occulte qui s'infuse en eux à l'imprévu, sont toujours associées d'une manière indissoluble avec les vertus domestiques et civiles, et avec tous les autres facteurs dont résulte la félicité des nations ! »

Parler ainsi c'est méconnaître entièrement la nature et les passions du cœur humain. Les écrivains du siècle d'Auguste, Lucrèce, Cicéron, Sénèque, Pline, etc., nous étonnent encore aujourd'hui par leurs sentiments élevés. Or, saint Paul, dans son Épître aux Romains, a fait l'histoire des philosophes de ce grand siècle. C'est un témoin oculaire et digne de toute confiance. Au lieu de vertus, quels vices abominables ! D'ailleurs les sciences seront toujours, bon gré, mal gré, l'apanage d'une très-faible minorité. Les masses ne seront jamais savantes. Si la science faisait la vertu, la vertu serait donc aussi le partage du très-petit nombre. Est-ce que l'expérience de tous les jours ne nous prouve pas que la science et le vice ne s'excluent pas toujours?

« Une heureuse disposition d'âme peut rendre doux et juste celui qui vit dans l'ignorance; mais, le plus souvent, la portion animale et sauvage de l'homme, excitée et tourmentée par la violence des choses, auxquelles il ne sait pas opposer de compensation, secoue* le frein de la conscience et se révolte contre le devoir. »

Quelle naïveté ridicule dans cette prétention incroyable que l'ignorance des sciences physiques et naturelles conduit, le plus souvent, à la révolte contre la société ; qu'au contraire la connaissance de ces sciences peut seule enchaîner les instincts sauvages de l'homme. Mais voici le comble de l'aveuglement :

« On ne peut pas supposer qu'un homme (à moins qu'il ne soit fou) veuille, le sachant, faire ce qui lui nuit directement ou par voie indirecte, en troublant le développement de l'Association à laquelle il appartient ! » A ce degré le j)osillvlsme est une folle utopie, qui suppose l'ignorance absolue de l'homme et de riiistoirc, qui refuse même volontairement de regarder en face le monde contemporain. S'il est un fait i)lus éclatant (jiie le jour, c'est que l'iionime même instruit, même savant.

est librement et fatalement suicide, homicide, fratricide. Quoi ! ces hommes si forts de leur savoir, ne connaissent même plus le fameux mot d'Ovide qui est le grand secret des velléités humaines : Video meliora prohoque, détériora sequor; je crois et approuve ce qui est mieux, je fais ce qui est pire ! Et ce cri de douleur du grand saint Paul ; Non enim quod volo honum hoc facio ; sed quod nolo malum hoc ago; je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je fais le mal que je ne veux pas !

« Donc c'est parmi les lois de la nature et non ailleurs, qu'il faut chercher les règles capables de rendre l'homme meilleur et plus heureux. Peut-être même que la volonté humaine sera moins tentée de s'y soustraire quand elle saura que les lois ne lui sont pas imposées par un libre arbitre (Dieu) ; mais qu'elles représentent les conditions indispensables à notre plein développement, à notre perfectionnement plus rapide ! »

Pensée creuse ! rêve insensé! aveuglement homicide ! J'aime et j'admire la science, je la fais mienne autant et plus que vous ne la faites vôtre, vous qui la vantez tant! Mais, de grâce, laissez-moi ma foi et mon Jésus rédempteur ! L'histoire passée et à venir de l'humanité est tout entière dans ces deux lignes de saint Paul : Où Jésus- Christ na pas régné, où Jésus- Christ ne régnera pas, les délits abondent ou abonderont, et avec eux la mort! Où Jésus-Christ a régné, où Jésus-Christ régnera, la grâce sera victorieuse, et par la grâce la justice et la vie en ce monde et dans V Éternité !

Us sont bien vains et bien coupables les apôtres delà morale indépendante !

Écoutez leur portrait et leur histoire tracés de main de maître par un des plus beaux génies et des plus grands cœurs de l'humanité, saint Augustin : u 11 a existé et il existera des philosophes empressés de persuader aux hommes de bien vivre, mais de ne plus être chrétiens ; dissertant des vertus et des

-8 LES SPLE>DEURS DE LA FOI.

vices avec une subtilité bruyante et ratlinée ; divisant, dissé- •juant, définissant, entassant les uns sur les autres les raisonnements les plus pointus, remplissant des livres, faisant retentir bien haut, au son de la trompette, la sagesse qui déborde en eux, ardents à dire à leurs contemporains : si vous voulez vivre heureux, suivez-nous, attachez-vous à notre secte! Hélas ! ils entrent dans le bercail non par la porte, comme le bon pasteur, mais par la fenêtre, comme le loup dévorant ! Ils veulent perdre, égorger, tuer! »

Comme eux, vous, leurs successeurs, vous perdrez, vous égorgerez, vous tuerez !

Vous nous conviez follement a à l'époque où, grâce à la science, la prédominance de l'homme sur les choses, la sécurité de la vie, la rectitude, la bonté, l'amour régneront sur la terre.» Vous exprimez l'espoir hypocrite « qu'alors nos colères cesseront, que nous serons heureux et fiers de jouir de tous ces biens issus de la science libre et seule » que nous écrirons avec vous : « La science libre et seule est pouvoir et vertu (1). » Illusion ! illusion ! Votre âge d'or ne viendra jamais ! L'âge de la science libre et seule sera de plus en plus I'age de FERl^Dédaigneuse ou ennemie de la Religion comme vous la voulez, la science sera, bon gré, mal gré, dédaigneuse et ennemie' de l'Humanité.

La foi est absolument nécessaire. Ah ! quel désespoir, si la fausse science arrivait à étouffer complètement la voix de relui qui a dit : Venez à moi, vous tous qui succombez sous le poids du ti'avail et de la souffrance et je vous soulagerai! Résumons :

Un personnage historique cl saini, modèle incomparable

(1) Ces aflirmaiions si hautaines sortent d'un discours solennel dpononcé cette année à l'ouverture des cours de l'Universiic de Turin.

d'austérité, qui a pour tunique un fragment de peau de chameau, pour ceinture un morceau de cuir, pour nourtiture un peu de miel des bois et quelques sauterelles des champs, montre à tous un homme plus jeune que lui de quelques mois, et s'écrie : Lui, il faut qu'il croisse, moi, il faut que je diminue ! Celui qui ne croit pas en lui comme au Fils unique de Dieu ne sera pas sauvé !

Le plus saint, le plus doux des enfants des hommes, se dit Fils de Dieu, égalàDieu ; se laisse adorer comme Dieu, affirme que celui qui ne croit pas en lui. Fils unique de Dieu, est déjà jugé, condamné ! Et la foi en lui et l'amour de lui ont rempli le monde. Splendeur ! splendeur !

Page 1