‹ Les splendeurs de la foi (volume 2)Chapitre 20 sur 40 · VIII. Lettre encyclique de notre saint-plre le Pape Pie IX · texte numérisé non relu

VIII. Lettre encyclique de notre saint-plre le Pape Pie IX

à tous les patriarches,' primats, archevêques et cvêqucs. Enumération des erreurs inventées contre la révélation. 9 novembre 1846,

« Nul d'entre vous n'ignore, vénérables Frères, que dans ce siècle déplorable, une guerre furieuse et acharnée est faite au catholicisme par des hommes qui, liés entre eux par une société criminelle, repoussant les saines doctrines et fermant' l'oreille à la voix de la vérité, produisent au grand jour les opinions les plus funestes et font tous leurs efforts pour les répandre dans le public et les faire triompher. Nous sommes saisi d'horreur et pénétré de la douleur la plus vive, quand nous réfléchissons à tant de monstrueuses erreurs, à tant de moyens de nuire, tant d'artifices et de coupables manœuvres, dont se servent les ennemis de la vérité et de la lumière, si habiles dans l'art de tromper, pour étouffer dans les esprits tout se^ntiment de piété, de justice et d'honnêteté, pour corrompre les mœurs, fouler aux pieds tous les droits divins et humains, ébranler la religion catholique et la société civile, et même les détruire de fond en comble s'il était possible.

« Vous le savez en effet, vénérables Frères, ces implacables ennemis du nom chrétien, emportés par une aveugle fureur d'impiété, en sont venus à ce degré inouï d'audace, qu ouvrant leur bouche aux bla^^phèmes contre Dieu, ils ne rougissent pas d'eusoigncr publiquement que les augustes mystères de notre religion sont des erreurs et des inventions des hommes; que la doctrine de l'Eglise c.itholique est opposée au bien et aux inlérêis de la société, et ainsi ils ne craignent pas de renier le Christ hii-nième cl Dieu. El pour mieux tromperies peuples et enliaincr avec eux dans l'erreur les esprits inoxpérimenlés et sans science, ils feignent de connaître seuls les voies du bonheur; ils s'arrogent le titre de philosophes, comme si la philosophie, dont le propre est la recherche des vérités naturelles, devait rejeter ce que Dieu lui-même, auteur suprême de la nature, a daigné, par un insigne bienfait de sa miséri-

oorde, révéler aux hommes pour les conduire dans le chemin du bonheur et du salut.

« C'est en violant ainsi toutes les règles du raisonnement qu'ils ne cessent d'en appeler à la puissance, à la supérioriié de la raison humaine, qu'ils élèvent contre la foi sainte du Christ, et qu'ils ont l'audace de prétendre que celle-ci est opposée à la raison humaine. On ne saurait certainement rien imaginer de plus insensé, de plus impie, de plus contraire à la raison ellemême; car, quoique la Foi soit au-dessus de la raison, il ne peut jamais exister entre elles aucune opposition, aucune contradiclion réelle, parce que toutes deux viennent de Dieu même, source unique et immuable de l'éternelle vérité : et ainsi elles se prêtent un mutuel secours, de cette manière que la droite raison démontre, protège et défend la vérité de la Foi, et que la Foi affranchissant la raison de toutes les erreurs', réclaire cl l'affermisse par la connaissance des choses divines]

« C'est avec la môme perfidie, vénérables Frères, que ces ennemis de la révélation divine, vantant sans mesure le progrès humain, voudraient par un attentat téméraire et sacrilège, l'introduire dans la religion catholique, comme si cette religion était l'œuvre, non de Dieu, mais des hommes, ou une invention philosophique susceptible de perfectionnements humains. Les auteurs de ces misérables délires méritent le reproche que Tertullien adressait aux philosophes de son temps, qui voulaient donner au monde un christianisme stoïcien, platonicien et dialecticien. Puisqu'il est certain que notre très-sainte Religion n'a pas été inventée par la raison humaine, mais que c'est Dieu même qui l'a fait connaître aux hommes dans son infinie clémence, chacun comprend sans peine que cette religion emprunte toute sa force de l'autorité même du Dieu qui l'a révélée, et qu'elle ne peut'être ni diminuée, ni perfectionnée par la raison de i' homme. La raison humaine, il est vrai, pour n'être pas trompée dans une affaire de telle importance, doit examiner avec soin le fait de la révélation divine, afin d'être assurée que Dieu a parlé, et afin que sa soumission à sa parole divine so/f raisonnable, comme l'enseigne avec une grande sagesse l'Apôtre. Qui ignore, en effet, ou peut ignorer que la parole de Dieu mérite une foi entière, et que rien n'est plus conforme à la raison que cet acquiescement et cette soumission inébranlable aux révélations d'un Dieu qui ne peut ni être trompé, ni tromper?

« Qu'elles sont nombreuses, qu'elles sontadmirables, qu'elles sont éclatantes les preuves qui doivent convaincre entièrement la liaison humaine que la religion du Christ est divine, et que toutes nos croyanci's ont leur première racine dans le Seigneur des cieux, de sorte qu'il n'y a rien de plus certain que notre foi, rien de plus di'gne de notre confiance, rien de plus saint, et qui repose sur des principes plus solides ! C'est là, eu effet, cette foi, vraie maîtresse de la vie, guide sur dans les voies du salut, victorieuse de tous les vices, mère et nourrice féconde des vertus, confirmée par la naissance, la vie, la mort, la résurrection, la sag-'sse, les prodiges, les prédictions de son divin auteur et consommateur Jésus-Christ: brillant de toutes parts de la lumière d'une doctrine supérieure, enrichie des trésors des richesses célestes, illustrée par les oracles de tant de prophètes, par l'éclat de tant de miracles, par la constance de tant de martyrs, par la gloire de tant de saints ; portant partout les lois salutaires du Christ, et acquérant toujoai*s de nouvelles forces au sein des plus cruelles persécutions, elle s'est répandue dans tout l'univers, depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher, armée du seul étendard de la croix; et foulant auK pieds les idoles, dissipant les ténèbres des erreurs, triomphant d'ennemis de tout genre, elle a éclairé des lumières de la connaissance divine tous les peuples, les nations les plus barbares, les plus différentes de caractère, de mœurs, de lois et de coutumes; elle les a soumises au joug si doux du Christ, leur a donné à toutes la paix, les a coinblées de biens. Ces événements portent tellement l'empreinte de la sagesse et de la puissance divines, qu'il n'est pas d'esprit qui ne puisse aisément comprendre que la Foi chrétienne est l'œuvre de Dieu. Aussi, la raison hinnai ne, convaincue par tant de preuves évidentes que Dieu est l'auteur delà Foi, ne doit pas s'élever plus haut; mais, méprisant les difficultés et repoussant tout doute, il faut qu'elle se soumette à la Foi, persuadée que celle-ci ne propose rien à la croyance et à la pratique des hommes qu'elle n'ait reçu de Dieu.

0 On voit aussi par là combien est grande l'erreur de ceux qui, abusant de la raison, et traitant les oracles divins comme une œuvre de l'homme, osent les expliquer à leur gré et les interpréter téniérnin-ment, quand Dieu lui-même a établi une autorité vivante pour enseigner et maintenir le vrai et légitime

sens de sa céleste révélation et pour terminer par un jugement infaillible toutes les controverses en matière de foi et de mœurs, afin que les fidèles ne tournent pas à tout vent de doctrine, entraînés dans les pièges de Terreur par la perversité des hommes. Or cette autorité vivante et infaillible n'existe que dans cette Église que le Seigneur Christ a bâtie sur Pierre, chef, prince et pasteur de toute TÉglise, et à qui il a promis une foi toujours infaillible; Église qui a toujours vu les pontifes légitimes se succéder sans interruption depuis Pierre sur sa chaire, comme héritiers et défenseurs de sa doctrine, de sa dignité, de son honneur et de sa puissance. « Et « parce que là oi^i est Pierre, là est l'Église, et parce que « Pierre parle toujours par le pontife romain, qu'il vit tou- « jours dans ses successeurs, juge par eux, et offre la vérité « de la foi à ceux qui la cherchent, il est nécessaire d'en- « tendre les divins oracles dans le sens qu'a retenu et retient « cette chaire romaine du bienheureux Pierre, laquelle, mère « et maîti'esse de toutes les Églises, a toujours conservé pure et « inviolable la foi reçue du Seigneur Christ, et l'a enseignée <s aux fidèles, offrant à tous le chemin du salut et l'ensei- « gnement d'une vérité exempte de corruption. Là est cette « église principale d'où sort l'unité du sacerdoce, là est cette « métropole de la piété dans laquelle se trouve la pleine et « parfaite solidité de la religion chrétienne, dans laquelle a « toujours subsisté dans sa force la primauté de la chaire « apostolique, à laquelle, à cause de sa prééminence, toute « l'Église, c'est-à-dire les fidèles, quelque part qu'ils se trou- « vent, doivent recourir, et avec laquelle quiconque refuse de « recueillir, est par là même convaincu de dissiper. » (Saint Cyprien, Epist. IK, ad Cornel. Pontif.)

« Nous donc, qu'un impénétrable jugement de Dieu a placé sur cette chaire de vérité, Nous faisons de vives instances dans le Seigneur à votre éminente piété, vénérables Frères, pour que vous travailliez avec taute l'ardeur du zèle à prémunir et Exhorter les fidèles confiés à vos soins, afin qu'affermis dans ces principes, ils ne se laissent pas tromper et entraîner dans l'erreur par ces hommes qui, livrés à des passions détestables, et sous prétexte de favoriser le progrès humain^ mettent tout en œuvre pour détruire la foi, la soumettre, ainsi que la parole divine, par un renversement impie, à la raison, et ne craignent pas d'outi-agcr ainsi le Dieu qui, dans son infinie

bonlé, a daigné, par sa cûlesle religion, ouvrir aux hommes la roule du bonheur el du salut.

« Déjà vous connaissez, vénérables Frères, les autres monstrueuses erreurs el les arliiices pur lesquels les enfants de ce siècle font une guerre si acharnée à la religion catholique, à la divine autorilé de l'Église, à ses lois, en s'elforçanl de fouler aux pieds les droits de la puissance soit ecclésiastique, soit civile. Tel est le but des coupables manœuvres contre cette chaire romaine du bienheureux Pierre, sur laquelle le Christ a établi le fondement inexpugnable de son Église. Tel est le but de ces sectes secrètes, vomies du sein des ténèbres pour la ruine de la religion et des Eiats, sectes déjà plusieurs fois frappées d'anathème par les pontifes romains nos prédécesseurs, dans leurs lettres apostoliques, lesquelles, par la plénitude de notre puissance apostolique, Nous confirmons, voulant quelles soient observées avec un grand soin. Tel est le but de ces insidieuses sociétés bibliques qui, renouvelant l'ancien artiticedes hérétiques, ne cessent de répandre, à un trèsgrand nombre d'exemplaires et à grands frais, les livres des divines Ecritures traduits, contre les très-saintes règles de l'Eglise, dans toutes les langues vulgaires, et souvent expliqués dans un sens pervers. Ces livres sont offerts gratuitement à toute sorte de personnes, même aux plus ignorants, afin que tous, rejetant la divine tradition, la doctrine des Pères et l'autorité de TEgiise catholique, entendent les oracles divins selon leur jugement particulier, en pervertissent le sens, et tombent ainsi dans les plus grandes erreurs. Grégoire XVI, de glorieuse mémoire, à qui Nous avons succédé malgré notre indignité, suivant en cela l'exemple de ses prédécesseurs, a réprouvé ces sociétés par ses lettres (ipostoliques, et Nous voulons aussi qu'elles soient condamnées.

« Tel est le but de cet épouvantable système d'indifférence pour toute religion, système absolument opposé aux lumières de la raison elle même, el à l'aide duquel les apôtres de l'erreur, ûtant toute distinction entre la vertu et le vice, la vérité et Terreur, l'honnêielé el la turpitude, prétendent que les hommes peuvent obtenir le salut éternel dans quelque religion que ce soit, comme s'il pouvait jamais y avoir accord entre la justice et l'iniquité, entre la lumière et les ténèbres, entre le Christ et Bélial.

tt Tel est le bul de celle infâme conjuration contre le sacrô

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célibat des clercs, laquelle, ô douleur ! trouve favliur même chez quelques ecclésiastiques qui, misérablement oublieux de leur propre dignité, cèdent lâchement aux attraits des voluptés.

« Tel est le but de cette perverse manière d'enseigner surtout les sciences philosophiques, laquelle trompe déplorablemcnt une jeunesse inexpérimentée, la corrompt et lui verse le fiel du dragon dans la coupe de Babylone.

« Tel est le but de Texécrable doctrine dite du communisme, doctrine totalement contraire au droit naturel luimême, et qui ne pourrait s'établir sans que les droits, les intérêts, les propriétés de tous, et la société humaine ellemême fussent renversés de fond en coiiible.

« Tel est le but des menées profondément ténébreuses de ceux qui, cachant la rapacité du loup sous la peau de brebis, s'insinuent adroitement dans les esprits, les séduisent par les dehors d'une piété plus élevée, d'une vertu plus sévère, les enchaînent doucement, les tuent dans l'ombre, détournent les hommes de toute pratique religieuse, égorgent et mettent en pièces les ouailles du Seigneur.

« C'est là, enfin pour ne rien dire d'une foule d'autres choses qui vous sont assez connues, c'est là que tend cette peste eft'royable de livres et de libelles qui surgissent de toutes parts pour enseigner le mal ; livres habilement écrits, pleins de fourberie et d'artifice, et qui répandus en tous lieux à grands frais, pour la ruine du peuple chrétien, disséminent partout des doctrines empoisonnées, pervertissent les esprits et les cœurs, surtout des ignorants, et causent à la religion un mal immense.

« Au milieu de ce déluge général des erreurs et de cette licence efiVénée dans les pensées, dans les discours, dans les écrits, les mœurs se perdent, la très-sainte religion du Christ est méprisée, la majesté du culte divin méconnue, la puissance de ce siège apostolique est vivement assaillie, l'autorité de l'Eglise est attaquée et réduite en une honteuse servitude, les droits des évoques sont foulés aux pieds, la sainteté du mariage est violée, tous les pouvoirs sont ébranlés ; ces maux et tant d'autres qui pèsent sur la société, soit chrétienne, soit civile, nous cb'igent, vénérables Frères, à confondre nos larmes avec les vôtres... »

IX. Bref de S. S. Pie IX adressé à Monseigneur V Archevêque de Cologne, condamnant de nouveau. VHermésianisme, et recommandant de ne point laisser glisser les erreurs philosophiques dans les cours de théologie. 2o juillet 1847.

« C'est avec une grande surprise que Nous avons appris récemment, vénérable Frère, que dans vos contrées quelques partisans delà doctrine d^Hermî's, abusant indignement de la lettre encyclique que Nous avons adressée, sous la date du 9 novembre de Tannée dernière, à tous nos vénérables Frères les Evoques, et dénaturant avec témérité le sens de nos paroles concernant la raison humaine et la révélation divine par une interprétation fausse et absurde, ont poussé l'inipudence jusqu'à prétendre que la doctrine d'Hermès avait été sanctionnée, approuvée par Nous, et qu'ils ne rougissent point de publier dans leurs écrits, de répondre parmi le peuple cette invention monstrueuse de leur imagination, à l'effet de tromper plus facilement les gens imprudents et inexpérimentés. Pour cette raison, fortement préoccupé du salut des fidèles et animé du désir de réprimer la conduite frauduleuse et les efforts des partisans d'Hermès, Nous vous adressons sans larder, vénérable Frère, la présente lettre par laquelle nonseulement Nous confirmons tous les actes accomplis avec prudence et sagesse par notre prédécesseur Grégoire XVI, de glorieuse mémoire, contre les livres d'Hermès, en particulier sa lettre apostolique donnée le 25 septembre 1835, sous l'anneau du pêcheur et commençant par ces mots : Bnm acerbissimus; ainsi que le décret explicatif qu'a publié par ses ordres, le 7 janvier 183G, la congrégation de l'Index, mais encore rejetons et condamnons de nouveau, en vertu de noire pouvoir apostolique, les ouvrages diidit Hermès, qui y sont indiqués, partout et dans quelque langue et dans quelque édition qu'ils paraissent.

« Nous vous chargeons de publier cette lettre, afin que tous connaissent et évitent soigneusement la tromperie de ces partisans d'Hermès. Vénérable Frère, Nous faisons appel, selon le devoir de notre souverain apostolat, à votre fidélité et à votre vigilance bien éprouvée, et Nous vous engageons à aviser avec les plus grands eiforls et avec la plus vive sollicitude à ce que les professeurs, des sciences supérieures surtout, ensei

gnent une doctrine pure et saine, exempte non-seulejnent des erreurs d'Hermès, mais encore des dangers de toute autre opinion erronée, et qu'ils combattent avec le zèle le plus ardent les erreurs qui s'élèvent de nos jours, et qui émanant des principes d'une fausse philosophie, pourraient, Nous le craignons, se glisser quelque part dans les cours de théologie.. Nous ne cessons, au reste, de prier ardemment, et dans Thumilité de notre cœur, le Père de toute lumière et de toute miséricorde d'éclairer de sa grâce divine ceux qui vivent dans l'ignorance et l'erreur, et de les rappeler à la voie qui conduit au salut.

« Persuadé, vénérable Frère, que vous répondrez de la manière la plus complète à notre sollicitude, Nous saisissons avec plaisir celte occasion de vous exprimer et vous confirmer de nouveau la bienveillance particulière que Nous vous portons; Nous voulons aussi que la preuve de celle-ci soit la bénédiction apostolique que Nous vous donnons avec amour et du plus profond de notre cœur, à vous, vénérable Frère, ainsi qu'à tous les fidèles, tant ecclésiastiques que laïques, auxquels vous êtes préposé, et Nous vous souhaitons toute sorte de prospérités. »

X. Encyclique adressée à tous les Cardinaux^ Archevêques et Évêques de France, par notre Saint Père le Pape Pie IX. 21 mars 1853.

« Au milieu des angoisses multipliées dont Nous sommes accablé de toutes parts dans le soin de toutes les Églises qui Nous a été confié, malgré notre indignité, par un dessein impénétrable de la divine Providence, eten ces temps si durs, où le nombre est trop grand de ceux dont l'Apôtre a dit : « Ils ne « supportent plus les saines doctrines, mais se donnant une « foule de maîtres selon leurs désirs, ils éloignent leurs oreilles « de la vérité, et se rapprochent des séducteurs pour leur « propre perte, tombant dans l'erreur et y faisant tomber les « autres, »

« Nous éprouvons la plus grande joie lorsque Nous tournons nos yeux et notre esprit vers cette nation française, illustre à tant do litres et qui a glorieusement mérité de Nous. C'est avec une souveraine consolation pour notre cœur paternel que Nous voyons dans celle nation, par la grâce de Dieu, la

TO* LES SPLENDEUnS DE LA FOI.

religion cntholique et sa doctrine salutaire croître de jour en jour, fleurir et dominer, et avec quel soin et quel zèle, vous, nos cliers Fils et vénérables Frères, appelés ù partager notre sollicitude, .vous vous efforcez de remplir votre ministère, et de veiller à la sûreté et au salut du cher troupeau dont vous avez la garde. Cette consolation est encore singulièrement augmentée par les lettres si respectueuses que vous Nous écrivez, et qui Nous font de plus en plus connaître avec quelle piété filiale, avec quel amour, avec quelle ardeur, vous vous glorifiez d'être dévoués à Nous et à cette Chaire de Saint-Pierre, centre de la vérité catholique et de l'unité, chef, mère et maîtresse de toutes les églises, à laquelle toute obéissance et tout honneur sont dus, à laquelle, à cause de sa primauté, il faut que toute église s'unisse, toute église, c'est-à-dire, les fidèles qui sont sur tous les points de la terre.

ÎVous n'éprouvons pas une moindre satisfaction de savoir que, vous rappelant sans cesse vos graves fonctions épiscopales et vos devoirs, vous déployez tous vos soins de pasteurs et toute votre vigilance, afin que les prêtres de vos diocèses, marchant chaque jour plus dignement dans les voies de leur vocation, donnent au peuple l'exemple de toutes les vertus et accomplissent exactement la charge de leur ministère ; afin que les fidèles qui vous sont confiés, chaque jour, nourris plus abondamment des paroles de la foi et confirmés par l'abondance des grâces, croissent dans la science de Dieu et s'affermissent dans la voie qui conduit à la vie, et afin que les malheureux qui errent rentrent dans le chemin du salut.

« Nous savons, et c'est encore pour notre cœur une douce consolation, avec quel empressement, accueillant nos désirs et nos avis, vous vous appliquez à tenir des Conciles provinciaux, afin de garder intact et pur dans vos diocèses le dépôt de la foi, afin de transmettre sa sainte doctrine, d'augmenter l'honneur du culte divin, de fortifier l'institution et la discipline du clergé, de promouvoir et d'affermir partout, par un heureux progrès, l'honnêteté des mœurs, la vertu, la religion, la piété,

a Nous éprouvons aussi une vive joie de voir que dans un grand nombre de vos diocèses, où des circonstances particulières n'y mettent pas obstaclp, la liturgie de l'Eglise romaine a été rétablie, selon nos désirs, grûce à votre zèb; empressé. Ce rétablissement Nous a été d'autant plus agréable, que Nous

savions que, dans beaucoup de diocèses de France, à cause de la vicissitude des temps, on n'avait pas gardé ce que notre saint prédécesseur Pie V avait prescrit, avec prudence et sagesse, dans ses lettres apostoliques du 7 des Ides de juillet I068, commençant ainsi : Quodà nobis postulat.

« Mais en vous rappelant toutes ces choses, au grand bonheur de notre âme et à la louange de votre ordre, bicn-aimés Fils et vénérables Frères, Nous ne pouvons néanmoins dissimuler la grande tristesse et la peine qui Nous accable en ce moment, lorsque Nous voyons quelles dissensions l'antique ennemi s'efforce d'exciter parmi vous, pour ébranler et affaiblir la concorde de vos esprits. C'est pourquoi remplissant le devoir de notre ministère apostolique, avec cette profonde charité que Nous avons pour vous et pour ce peuple fidèle, Nous vous écrivons ces lettres dans lesquelles Nous Nous adressons à vous bien-aimés Fils et vénérables Frères, et en môme temps Nous vous avertissons. Nous vous exhortons et vous supplions de repousser avec la vertu qui vous distingue et de faire disparaître entièrement toutes les dissensions que ce vieil ennemi s'efforce d'exciter, vous rapprochant, vous serrant dans les liens de la charité, unanimes dans vos sentiments, et vous efforçant avec toute humilité et douceur de gardèrent toutes choses l'unité d'esprit dans le lien de la paix. Par cette sagesse, vous montrerez que chacun de vous sait combien la concorde sacerdotale et fidèle des esprits, des volontés et des sentiments est nécessaire, et sert à la prospérité de l'Église et au salut éternel des liommes.

« Et si jamais vous avez dû entretenir parmi vous cette concorde des esprits et des volontés, c'est aujourd'hui surtout que, par la volonté de notre très-cher Fils en Jésus-Christ, Napoléon, empereur des Français, et par les soins de son gouvernement, l'Eglise catholique jouit chez vous d'une paix, d'une tranquillité, d'une protection entière. Cet heureux état de choses dans cet empire et la condition des temps doivent vous exciter plus vivement à vous unir dans le même esprit de conduite, dans les mêmes moyens, afin que la divine religion de Jésus-Christ, sa doctrine, la pureté des mœurs, la piété poussent, partout en France, de profondes racines, qu'on y procure chaque jour davantage la parfaite et pure éducation de la jeunesse, et que par là soient arrêtées et brisées ces tentatives hosliles qui déjà se manifeslent, par les menées de ceux

qui furent et sont encore les ennemis constants de l'Église de Jésus-Christ.

« C'est- pourquoi, bien -aimés Fils et vénérables Frères, Nous demandons de plus en plus et avec toute l'insisfance possible, que dans la cause de l'Église, dans la défense de sa sainte doctrine et de sa liberté, et dans l'accomplissement de tous les autres devoirs de votre charge épiscopale, vous n'ayez rien plus à cœur que de montrer entre vous une union parfaite, que d'être unis dans les mêmes pensées et les mêmes sentiments, Nous consultant en toute confiance, Nous et ce Siège Apostolique, dans les questions de tout genre qui peuvent s'élever, afin de prévenir ainsi toute espèce de dissentiment.

« Et, avant tout, comprenez jusqu'à quel point une bonne direction du clergé intéresse la prospérité de la religion et de la société, afin que vous ne cessiez pas, dans une parfaite union d'esprit, de porter sur une affaire de si grande importance vos soins et vos réflexions. Continuez, comme vous le faites, de ne rien épargner, pour que les jeunes élèves soient formés de bonne heure dans vos séminaires à toute vertu, à la piété, à l'esprit ecclésiastique, pour qu'ils grandissent dans l'humilité, sans laquelle nous ne pouvons jamais plaire à Dieu, pour qu'ils soient profondément instruits et avec tant de vigilance des lettres humaines et des sciences plus sévères, surtout des sciences sacrées, qu'ils puissent, sans être exposés h aucun péril d'erreur, non -seulement apprendre la véritable élégance du langage et du style, la véritable éloquence soit dans les ouvrages si remplis de sagesse des saints Pères, soit dans les auteurs païens les plus célèbres purifiés de toute souillure, mais encore et surtout acquérir la science parfaite et solide des doctrines ihéologiques, de l'histoire ecclésiastique et dos sacrés canons, puisée dans les auteurs approuvés par le Saint-Siège. Ainsi cet illustre clergé de France, où brillent tant d'hommes distingués par leur génie, leur piété, leur science, leur esprit ecclésiastique et leur respectueuse soumission au Siège Apostolique, abondera de plus en plus en ouvriers courageux et habiles, qui, ornés de toutes les vertus, fortifiés par le secours d'une science salutaire, pourront dans la suite des temps vous aider à cultiver la vigne du Seigneur, répondre aux contradicteurs, et non-seulement affermir les fidèles de France dans notre très-

sainte religion, mais encore propager cette religion' dans les saintes expéditions chez les nations lointaines et infidèles, comme ce même clergé l'a fait jusqu'ici, à la grande gloire de son nom, pour le bien de la religion, et pour le salut des âmes.

« Vous êtes comme Nous pénétrés de douleur à la vue de tant de livres, de libelles, de brochures, de journaux empoisonnés, que répand sans relâche de toutes parts et avec fureur l'ennemi de Dieu et des hommes, pour corrompre les mœurs, renverser les fondements de la foi et ruiner tous les dogmes de notre sainte Religion ; ne cessez donc jamais, bien-aimés Fils et vénérables Frères, d'employer toute votre sollicitude et toute votre vigilance épiscopale pour éloigner unanimement, avec le plus grand zèle, le troupeau confié à vos soins de ces pâturages pestilentiels ; ne cessez jamais de l'instruire, de le défendre, de le fortifier contre cet amas d'erreurs par des avertissements et par des écrits opportuns et salutaires.

« Et, ici, Nous ne pouvons Nous empêcher de vous rappeler les avis et les conseils par lesquels, il y a quatre ans. Nous excitions ardemment les évêques de tout l'univers catholique à ne rien négliger pour engager les hommes éminents par le talent et la saine doctrine, à publier des écrits propres à éclairer les esprits et à dissiper les ténèbres des erreurs qui se propagent. C'est pourquoi, en vous efforçant d'éloigner des fidèles commis à votre sollicitude le poison mortel des mauvais livres et des mauvais journaux, veuillez aussi, Nous vous le demandons avec instance, favoriser de toute votre bienveillance et de toute votre prédilection les hommes qui, animés de l'esprit catholique, et versés dans les lettres et dans les sciences, consacrent leurs veilles à écrire et à publier des livres et des journaux pour que la doctrine catholique soit propagée et défendue, pour que les vénérables droits de ce Saint-Siège et ses enseignements aient toute leur force, pour que les opinions et les sentiments contraires à ce Saint-Siège et à son autorité disparaissent, pour que l'obscurité des erreurs soit chassée et que les intelligences soient inondées de la douce lumière de la vérité.

« Votre charité et votre sollicitude épiscopale devront donc exciter l'ardeur de ces écrivains catholiques animés d'un bon esprit, afin qu'ils continuent à défendre la cause de la vérité catholique avec un soin attentif et avec savoir; que si, dans

' * LES SPLE.NDEIRS DE LA FOI.

leurs écrits, il leur arrive de manquer en quelque chose, vous devrez les avertir avec des paroles paternelles et avec prudence.

« Au surplus, votre sagesse n'ignore pas que les ennemis les plus acharnés de la religion catholique ont toujours dirigé, quoique vainement, la guerre la plus violente contre cette Chaire du bienheureux Prince des Apôtres, sachant fort bien que la religion elle-même ne pourra jamais ni tomber, ni chanceler, tant que demeurera debout cette Chaire fondée sur la pierre, dojït ne triomphent jamais les portes superbes de l'enfer, et dans laquelle est entière et parfaite la solidité de la relifjion chrétienne. C'est pourquoi, Fils bien -aimés et vénérables Frères, Nous vous le demandons de tout notre pouvoir, conformément à la grandeur de votre foi dans TÉglise et à l'ardeur de votre piété pour cette Chaire de Pierre, ne cessez jamais d'appliquer d'un seul cœur et d'un seul esprit tous vos soins, toute votre vigilance, tous vos travaux à ce point surtout, de sorte que les populations fidèles de la France, évitant les erreurs et les pièges que leur tendent des hommes perfides, se fassent gloire d'adhérer fermement et avec constance à ce Siège Apostolique par un amour et un dévouement chaque jour plus filial, et de lui obéir, comme il est juste, avec le plus grand respect. Dans toute l'ardeur de votre vigilance épiscopale, ne négligpz donc jamais rien, ni en action, ni en paroles, afin de redoubler de plus en plusTamour et la vénération des fidèles pour ce Saint-Siège, et afin qu'ils reçoivent et qu'ils ' accomplissent avec la plus parfaite obéissance tout ce que ce Saint-Siège enseigne, établit et décrète.

« Ici, Nous ne pouvons nous empêcher de vous exprimer la grande douleur que Nous avons éprouvée lorsque, parmi d'autres mauvais écrits dernièrement publiés en France, il Nous est parvenu un mémoire écrit en langue française, imprimé à Paris, et intitulé : Sur la situation présente de VÉ(]Hse gallicane, relativement au droit coutumier, dont l'auteur est complètement en opposition avec ce que nous vous recommandons et inculquons si ardemment. Nous avons envoyé ce mémoire à notre Congrégalion de l'Index, afin qu'elle le réprouve et le condamne.

« Avant de terminer cette lettre, bion-aimésFils et vénérables Frères, nous vous exprimons de nouveau combien Nous désirons que vous rejetiez tontes ces discui^sions et loutps ces

controverses, qui, \^us le savez, troublent la paix, blessent la charité, fournissent aux ennemis de l'Eglise des armes avec lesquelles ils la tourmentent et la combattent. Ayez donc surtout à cœur de garder la paix entre vous et de la maintenir entre tous, vous rappelant sérieusement que vous remplissez une mission au nom de Celui qui n'est pas un Dieu de disscn-, sion, mais un Dieu de paix, qui n'a jamais cessé de recommander et d'ordonner h ses disciples la paix, et de la mettre au-dessus de tout. Et en vérité le Christ,comme chacun de vous le sait, « a mis tous les dons et les récompenses de sa promesse « dans la conservation de la paix. Si nous sommes héritiers « du Christ, demeurons dans la paix du Christ; si nous (' sommes enfants de Dieu, nous devons être pacifiques. Les « enfants de Dieu doivent être pacifiques, doux de cœur, sim- « pies dans leurs paroles, unis d'affection, fidèlement attachés « entre eux par les liens de la concorde. »

« La connaissance et l'assurance que Nous avons de votre vertu, de votre religion et de votre piété ne Nous permettent pas de douter que vous,bien-aimés Fils et vénérables Frères, vous n'acquiesciez de tout cœur à ces paternels avis, à ces désirs et à ces demandes que nous vous adressons ; que vous ne vouliez détruire jusqu'à la racine tous germes de dissension et combler ainsi Notre joie, vous supportant les uns les autres en charité et avec patience, unis et travaillant avec accord à la foi de l'Évangile, continuant avec un zèle toujours plus vif à faire sentinelle auprès du troupeau confié à votre sollicitude, accomplissant avec soin toutes les fonctions de votre lourde charge jusqu'à la consommation des saints dans l'édificalioii du corps de Jésus-Christ. Soyez bien persuadés que rien ne nous est plus agréable ni plus à cœur que de faire tout ce que Nous saurons pouvoir servir à votre avantage et à celui des fidèles. Néanmoins dans l'humilité do Notre cœur, Nous prions Dieu et Nous lui demandons de répandre sur vous avec faveur l'abondance des grâces célestes, de bénir votre travail et vos soins de pasteurs, afin que les fidèles contiés à votre vigilance marchent de plus en plus agréables à Dieu en toutes choses, fructifiant chaque jour en toute sorte de bonnes œuvres. En présage de cette divine protection et en témoignage de l'ardente charité avec laquelle Nous vous embrassons dans le Seigneur, Nous vous donnons avec amour et du fond du cœur la bénédiction apostolique à vous nos chers Fils et véné-

rables F'rères, à tout le clergé et aux fidèles laïques de vos églises.

XI, Propositions condamnant le rationalisme, approuvées par décret de la Congrégation de l'Index en date du 16 juin I800.

« I. Quoique la Foi soit au-dessus de la Raison, il ne peut jamais exister entre elles aucune opposition, aucune contradiction, puisque toutes les deux viennent delà même source immuable de la vérité, du Dieu très-bon et très-grand, et qu'ainsi elles se prêtent un mutuel secours {Encyclique de Pie IX, du 9 novembre 184o).

« II. Le raisonnement peut prouver avec certitude Texistence de Dieu, la spiritualité de l'âme, la liberté de l'homme. La Foi est postérieure à la Révélation; on ne peut donc pas convenablement l'alléguer pour prouver l'existence de Dieu eontre l'athée, pour prouver la spiritualité et la liberté de l'âme raisonnable contre un sectateur du naturalisme et du fatalisme (Proposition souscrite par M. Rautain, le 8 septembre 1840).

« III. L'usage de la Raison précède la Foi et y conduit l'homme, par le secours de la révélation et de la grâce (Proposition souscrite par M. Bautain, le 8 septembre 1840).

« IV. La méthode dont se sont servis saint Thomas, saint Bonaventure et les autres scolastiques après eux, ne conduit point au rationalisme, et n'a point été cause de ce que, dans les écoles contemporaines, la philosophie est tombée dans le rationalisme et le panthéisme. En conséquence, il n'est pas permis de faire un crime h. ces docteurs et à ces maîtres de s'être servis de cette méthode, surtout on présence de l'approbation ou au moins du silence de l'Eglise (Proposition contraire à diverses propositions de M. Bonncity, dans ses Annales de Philosophie chrétienne. Ce savant pnbliciste n'a pas hésité un instant à se soumettre. « J'adhère volontiers, a-t-il dit, do cœur et d'âme aux susdites propositions. Paris. 12 juillet 1 800. » )

XII. Les quinze propositions formulées par M. Vahbè Branche- REAi', }>our exposer Vontologisme, et réprouvées à Piome en 1862.

« I. Il y a dans la pensée deux choses qu'il faut essentiellement distinguer :1e sujet pensant et l'objet pensé.

« II. L'objet pensé est de nouveau double, l'être simplement et rùlre selon quelque chose.

« III. Par l'être simplement, nous comprenons l'Être réel, concret et infiniment parfait, et par conséquent essentiellement distinct de l'être en général, lequel n'est rien autre chose qu'une abstraction de l'esprit; en un mot l'être simplement est Dieu.

« IV. L'être simplement est nécessairement existant; mais les êtres selon quelque chose peuvent être conçus, soit dans l'état d'existence, soit dans l'étal de pure possibilité.

« 'V. Les êtres selon quelque chose, considérés dans l'état de possibilité, sont quelque chose d'éternel et de nécessaire; mais dans l'état d'existence, ils sont quelque chose de temporel et de contingent.

« VI. La réalité éternelle et nécessaire des êtres en tant que possibles, comme elle n'existe pas en soi, doit être contenue dans l'être nécessaire, c'est-à-dire en Dieu. Cette réalité s'appelle essence métaphysique.

« VII. Les essences ne peuvent donc être autre chose que les idées divines, ou archétypes, selon la forme desquelles Dieu produit toutes choses.

« VIII. Les essences métaphysiques, qui peuvent être actualisées en un nombre indéfini d'individus, consticuent la réalité objective des idées universelles.

« IX. L'actuation des essences a lieu par la création, par laquelle Dieu fait passer quelque être de la possibilité à l'existence, non point en communiquant son être, mais en tirant du néant selon la forme de l'archétype contenu en luimême.

« X. Donc les choses créées ne peuvent en aucun sens être dites Dieu, ni avoir en soi quelque chose de l'Être divin.

« XI. Les réalités autant qu'elles affectent intelligiblement l'esprit, sont appelées idées; c'est pourquoi les idées, relativement à notre intellect, sont quelque chose d'objectif; mais l'opération par laquelle nous les saisissons, c'est ce qui constitue la perception idéale.

a XII. Dès le premier moment de son existence, l'esprit jouit de la perception idéale, non point rélléchie, mais directe.

« XIII. Au nombre des vérités intelligibles, que nous saisissons idéalement, il faut surtout placer Dieu, dont la connais-

sance intcllective, quoique essentiellement distincte de Tintuitiûii dos bienheureux, n'a pas pour terme une image représentative, mais Dieu Uii-mtMne.

« XIV; Nous saisissons dans Tintcllect divin les essences métaphysiques des choses, qui sont connues de nous; mais leur actualité nous est connue par le concept de sa puissance créatrice, qui appartient à Dieu.

« XV. Xous ne saisissons idéalement les choses créées, ni en Dieu, ni en elles-mêmes ; voici comment a lieu leur connaissance : 1" nous connaissons notre ùme par le sens intime ou par la conscience ; 2° et les choses créées, distinctes de l'âme, par un jugement invincible fondé sur la véracité de Dieu, par lequel jugement nous aifirmons qu'une essence a été actualisée par la création. »

XIII. Lettres apostoliques de S. S. Pie IX à 'Monseigneur V Archevêque de Cologne, indiquant l'fi principales erreurs qui se trouvent dans les écrits de l'abbé Gunther. lo juin 1837.

« C'est avec une grande joie que Nous avons vu votre zèle et votre solliciludc pastorale pour la défense de la foi catholique, qui Nous sont si connus, se manifester encore dans la lettre que vous Nous avez adressée le 16 avril dernier, à propos du décret pontifical sanctionné par noire autorité et publié par notre Congrégation de llndex, le 8 janvier de celle année, qui proscrit les ouvrages de notre bien-aimé fils le prêtre Antoine Gunlher.

« Fidèle aux devoirs de notre ministère apostolique, et ne négligeant rien, ne reculant devant aucun travail pour que le dépôt de la foi qui Nous a été divinement coniié soit inviolablement gardé dans son inlégrilé, dès que Nous eûmes appris de plusieurs de nos vénérables Frères les évêques les plus distingués d'Allemngne, qu'on trouvait dans les livres de Gunlher bien des choses, à leur jugement, dangereuses pour la pureté delà foi et de la vérité catholique. Nous ordonnâmes aussitôt Ma Congrégation susdiic do procéder selon les régies établies à rcxamen et à la discussion sérieuse et approfondie des ouvragps de cet auteur, et de Nous soumctlre tout ce qu'elle aurait fait à ce sujet. Se conformant à nos ordres, la Congrégation mit le plus grand soin à lemiilir exactement et en conscience, dans une aflaire si grave et si importante, les

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devoirs de la mission qui lui est imposée. Elle Wi négligea rien de ce qui pouvait lui faire connaître et apprécier par un examen scrupuleux la doctrine de Gunther, et elle arriva ainsi à s'assurer que les livres de Gunther contiennent beaucoup de choses tout h fait dignes d'être improuvées et condamnées comme entièrement contraires à la doctrine de l'Église catholique. Puis, tout ayant été par Nous mûrement pesé, la même Congrégation publia, sous la sanction de notre autorité suprême, le décret que vous connaissez, et par lequel les ouvrages de Gunther sont prohibés et interdits. *

« Ce décret, ainsi revêtu de la sanction de notre autorité et publié par nos ordres, devait pleinement suHire pour que la question entière fût regardée comme complètement décidée et pour que tous ceux qui se glorifient du nom de catholiques comprissent parfaitement qu'ils lui doivent une entière obéissance, et qu'il n'est désormais permis à personne de tenir pour pure la doctrine contenue dans les livres de Gunther, de soutenir, de défendre cette doctrine, de lire ou de retenir ces livres, à moins d'en avoir obtenu la permission. Personne ne pouvait se croire exempt de ce devoir de soumission et d'obéissance, sous ce prétexte que dans le décret aucune proposition en particulier ne se trouve notée ou qu'aucune censure certaine et déterminée n'y est énoncée. Le décret vaat par lui-même, et personne ne peut se croire permis de s'écarter en quoi que ce soit de ce que Nous avons approuvé. Mais ceux-là se trompent beaucoup qui veulent voir la cause de cette généralité de la prohibition dans ce fait supposé, que la Congrégation n'aurait trouvé dans les ouvrages de Gunther aucune proposition, aucune opinion qui, prise en particulier, fût digne de censure. Nous avons eu la douleur de nous assurer que dans ces ouvrages domine largement le système du rationalisme, système si pernicieux et si souvent condamné par ce Siège apostolique.; qu'entre autres choses, on y en trouve beaucoup qui s'éloignent singulièrement de la foi catholique et de toute explication orthodoxe sur l'unité delà substance divine en trois personnes distinctes et éternelles; qu'on n'y rencontre ni plus de vérité, ni plus d'exactitude dans ce qu'on y enseigne sur le mystère du Verbe incarné et de l'unité de la Personne divine du Verbe en deux natures divine et humaine ; que ces livres portent atteinte au dogme et à la doctrine catholique sur Vliomme, qui est composé du corps et

de rame, et de telle sorte que rame raisonnable est par c!Icmème immédiatement la véritable forme du corps ; qu'ils formulent des enseignements tout à fait contraires à la doctrine catholique sur la suprême liberté de Dieu, pleinement exempte de toute ne'cessité dans la création ; et enfin, ce qui mérite pardessus lout d'être réprouvé et condamné, que, dans ces écrits deGunlhcr, on attribue témérairement le droit de rensei(inement à la raison humaine et à la philosophie, qui, dans les choses de la religion, ne doivent pas dominer, mais être tout à fait dans la dépendance, bouleversant ainsi tout ce qui doit demeurer inébranlable, soit sur la distinction entre la science et la foi, soit sur la perpétuelle immutabilité de la foi, qui est toujours une, toujours la même, tandis que la philosophie et les sciences humaines ne sont ni toujours d'accord avec ellesmêmes, ni à lubri des nombreuses variétés de Verreur. Ajoutons que dans ces livres on ne garde point envers les saints Pères tout le respect que les canons des Conciles commandent, et que méritent à tous égards ces lumières éclatantes de l'Église, et qu'on ne s'y abstient point, enversles écoles catholiques, de ces outrages que notre prédécesseur Pie VI, d'illustre mémoire, a solennellement condamnés. Nous n'omettrons pas non plus de remarquer que dans les livres de Guntherest violée au plus haut point la forme saine du langage, comme s'il était permis de ne tenir aucun compte des paroles de l'apôtre Paul (// Tim. 143) : Garde la forme des bonnes paroles que tu as entendues de moi dans la foi et la dilection de Jésus- Christ, ou de celles par lesquelles Augustin nous donne ce grave avertissement : « Nous devons dans notre langage nous conformer à une règle certaine, de peur que la licence des paroles n'engendre une opinion impie sur les choses mêmes que les paroles signifient. »

« Par tout ce qui précède, vous voyez, bien-aimé Fils, avec quel soin, avec quel zèle vous et vos vénérables Frères les évoques, vos suffragants, vous devez veiller h extirper de vos diocèses les OEuvres de Gunther, et avec quelle sollicitude vous devez vous appliquer à empêcher que la doctrine contenue dans ces livres, doctrine déjîi condamnée, ne soit désormais soutenue et transmise par personne ni en au;Hine manière dans l'enseignement, soit de la philosophie, soit de la théologie.

a Toutefois, si Nous avons jugé et si Nous jugeons dignes

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d'elle condamnés les ouvrages de Gunther, Nous ne pouvons pas Nous dispenser de vous dire que l'auteur lui-même,Nolre bien-aimé fils le prêtre Antoine Gunther, Nous a rempli de consolation par la lettre pleine de respect qu'il Nous a adressée le 10 février dernier, oîi, rendant son nom à jamais digne de louanges, il proteste dans les termes les plus forts qu'il tient par- dessus toutes choses à obéir à l'autorité suprême de Nôtrepersonne et de ce Siège apostolique, et qu'en conséquence, il se soumet humblement au décret promulgué sur ses ouvrages.»

XIV. Lettre encyclique de notre Saint-Père Pie IX, à tous les Patriarches, Primats, Archevêques et Évêques. 8 décembre 1854.

«... Il vous est parfaitement connu, vénérables Frères, qu'aujourd'hui il ne manque pas d'hommes qui, appliquant à la société civile l'impie et absurde principe du Naturalisme, comme ils l'appellent, osent enseigner que a la perfection des « gouvernements et le progrès civil demandent impérieusement « que la société humaine soit constituée et gouvernée, sans plus « tenir compte de la religion que si elle n'existait pas, ou du « moins sans faire aucune différence entre la vraie religion et « les fausses. » De plus, contrairement à la doctrine de l'Écriture, de l'ÉgUse et des saints Pères, ils ne craignent pas d'affirmer que « le meilleur gouvernement est celui où l'on ne « reconnaît pas au pouvoir l'obligation de réprimer, par la sanca tion des peines, les violateurs delà religion catholique, si ce (( n'est lorsque la tranquillité publique le demande. » En conséquence de cette idée absolument fausse du gouvernement social, ils n'hésitent pas à favoriser cette opinion erronée, on ne peut plus fatale à l'Église catholique et au salut des âmes, et que notre prédécesseur d'heureuse mémoire, Grégoire XVI, appelait un délire, savoir, que « la liberté de conscience et des « cultes est un droit propre à chaque homme, qui doit être « proclamé et assuré dans tout État bien constitué; et que les « citoyens ont droit à la pleine liberté de manifester hautement « et publiquement leurs opinions, quelles qu'elles soient, par « parole, par l'impression ou autrement, sans que l'autorité ;< ecclésiastique ou civile puisse la limiter. » Or, en soutenant ces affirmations téméraires, ils ne pensent pas, ils ne considèrent pas qu'ils prêchent une liberté de perdition, et que, 1 6«

s'il est toujours permis aux opinions humaines d'entrer en conflit, il ne manquera jamais d'hommes qui oseront résister à la vérité et mettre leur confianct' dans le verbiage de la sagesse humaine; or la foi et la sagesse chrétiennes savent d'après l'enseignement de ^'otre Seigneur Jésus-Christ, combien il leur faut éviter cette vanité très-nuisible.

«Et parce que là où la religion est bannie de la société civile, la doctrine et l'autorité de la révélation divine rejelées, la vraie notion de 1 1 justice et du droit humain s'obscurcit et se pertï, et la force matérielle prend la place de la justice et du vrai droit, on voit clairement pourquoi certains hommes, ne tenant aucun compte des principes les plus certains de la saine raison, osent publier que « la volonté du peuple, mani- « feslée par ce qu'ils appellent l'opinion publique, ou de telle « autre manière, constitue la loi suprême, indépendante de a tout droit divin et humain ; et que dans Tordre politique « les faits accomplis, par cela même qu'ils sont accomplis, ont « la valeur du droit. »

« Mais qui ne voit, qui ne sent très-bien qu'une société soustraite aux lois de la religion et de la vraie justice ne peut avoir d'autre but que d'amasser, d'accumuler des richesses, et d'autre loi, dans tous ses actes, que l'indomptable désir de satisfaire ses passions et de se procurer des jouissances ? Voilà pourquoi les hommes de ce caractère poureuivent d'une haine cruelle les ordres religieux, sans tenir compte des immenses services rendus par eux à la religion, à la société et aux lettres; pourquoi ils déblatèrent contre eux, en disant qu'ils n'ont aucune raison légitime d'exister, faisant ainsi écho aux calomnies des hérétiques. En effet, comme l'enseignait avec tant de vérité Pie VI, notre prédécesseur, d'heureuse mémoire : a L'abolition des ordres religieux blesse l'état qui « fait profession publique de suivre les conseils évangéliques; « elle blesse une manière de vivre recommandée par l'Eglise a comme conforme à la doctrine desApôtres; elle outrage, enlin, t les illustres fondateurs d'ordres, que nous vénérons sur nos c aulcis, qui ne les ont établis que par l'inspiration de Dieu. »

a Us vont plus loin, et dans leur impiété ils prononcent qu'il faut ôleraux citoyens et à l'Église la faculté de donner publiquement l'aumône, et « abolir la loi quià certains jours fériés, « défend les œuvres serviles pour vaquer au culte divin. » Tout cela, sous le faux prétexte que cette faculté et celte loi sont

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en opposition avec les principes de la véritable économie publique.

« Non contents de bannir la religion de la société, ils veulent l'exclure de la famille. Enseignant et professant la funeste erreur du communisme et du socialisme, ils aifirment que « la. « société domestique ou la famille emprunte toute sa raison « d'être du droit purement civil ; et, en conséquence, que de la « loi civile découlent et dépendent tous les droits des parents « sur les enfants, surtout le droit d'instruction et d'éducation. » Pour ces hommes de mensonge, le but principal de ces maximes impies et de ces machinations, est de soustraire complètement à la salutaire doctrine et à l'influence de l'Église l'instruction et l'éducation de la jeunesse, afin de souiller et de dépraver par les erreurs les plus pernicieuses et par toutes sortes de vices, l'âme tendre et flexible des jeunes gens. »

« En effet, tous ceux qui ont entrepris de bouleverser l'ordre religieux et l'ordre social, et d'anéantir toutes les lois divines et humaines, ont toujours fait conspirer leurs conseils, leur activité et leurs efTorls à tromper et à dépraver surtout l'imprévoyante jeunesse, ainsi que Nous l'avons insinué plus haut, parce qu'ils mettent toute leur espérance dans la corruption des jeunes générations. Voilà pourquoi le clergé régulier et séculier, malgré les plus illustres témoignages rendus par l'histoire à ses immenses services dans l'ordre religieux, civil et littéraire, est de leur part l'objet des plus atroces persécutions ; et pourquoi ils disent que ce le clergé étant ennemi des « lumières, de la civilisation et du progrès, il faut lui ôter « l'instruction et l'éducation de la jeunesse. »

« Il en est d'autres qui, renouvelant les erreurs funestes et tant de fois condamnées des novateurs, ont l'insigne impudence de dire que la suprême autorité donnée à l'Eglise et îi ce Siège apostolique par Notre Seigneur Jésus-Christ est soumise à l'autorité civile, et de nier tous les droits de cette même Eglise et de ce même Siège à l'égard de l'ordre extérieur. Dans le fait, ils ne rougissent pas d'affirmer « que les « lois de l'Eglise n'obligent pas en conscience, à moins qu'elles <s ne soient promulguées par le pouvoir civil ; que les actes et « décrets des Pontifes Romains relatifs à la religion et à l'Église «ont besoin de la sanction et de l'approbation, ou tout au « moins de l'assentiment du pouvoir civil ; que les constitutions « aposloliquesportant condamnation des sociétés secrètes, soit

« qu'on y exige ou non le serment de garder le secret, en frap- « pant d'anathème leurs adeptes et leurs fauteurs, n'ont aucune « force dans les pays où le gouvernement civil tolère ces sortes « d'agrégations; que l'excommunication fulminée par le Con- « cile de Trente et par les Pontifes Romains contre les envahis- « seurs et les usurpateurs des droits et des possessions de « l'Église, repose sur une confusion de Tordre spirituel et de « Tordre civil et politique, et n'a pour but que des intérêts « mondains ; que l'Église ne doit rien décréter qui puisse lier « la conscience des fidèles relativement à l'usage des biens « temporels ; que l'Église n'a pas le droit de réprimer par des « peines temporelles les violateurs de ses lois ; qu'il est con- « forme aux principes de la théologie et du droit public de « conférer et de maintenir au gouvernement civil la propriété « des biens possédés par TEglise, par les congrégations relift gieuses et par les autres lieux pies. »

« Ils n'ont pas honte de professer hautement et publiquement les axiomes et les principes des hérétiques, source de mille erreurs et de funestes maximes. Ils répèlent, en effet, « que la « Puissance ecclésiastique n'est pas, de droit divin, distincte et « indépendante de la puissance civile ; et que cette distinction « et cette indépendance ne peuvent exister sans que TEglise « envahisse et usurpe les droits essentiels de la puissance « civile. »

« Nous ne pouvons non plus passer sous silence l'audace de de ceux qui, ne supportant pas la saine doctrine, prétendent que « quant aux jugements du Siège Apostolique, et à « ses décrets ayant pour objet le bien général de l'Église, « ses droits et la discipline, dès qu'ils ne touchent pas aux « dogmes de la foi et des mœurs, on peut refuser de s'y « conformer et de s'y soumettre sans péché, et sans aucun « détriment pour la profession du catholicisme. » Combien une pareille prétention est contraire au dogme catholique de la pleine autorité divinement donnée par Notre Seigneur Jésus- Christ lui-même au Pontife Romain de paître, de régir et de gouverner TEglise universelle, il n'est personne qui ne le voie clairement et qui ne le comprenne.

« Donc, au milieu di; celte perversité d'opinions dépravées, Nous, pénétré du devoir de notre charge apostolique, ctpleiii de sollicitude pour noire sainte Religion, pour la saine doctrine, pour le salut des âmes qui Nous est confié d'En Haut, et

pour le bien même de la société humaine, Nous avons cru devoir élever de nouveau notre voix. En conséquence, toutes et chacune des mauvaises opinions et doctrines signalées en détail dans les présentes Lettres, Nous les réprouvons par Notre Autorité Apostolique, les proscrivons, les condamnons, et Nous voulons et ordonnons que tous les enfants de l'Eglise catholique les tiennent pour entièrement réprouvées, proscrites et condamnées.

« Outre tout cela, vous savez très-bien, vénérables Frères, qu'aujourd'hui les ennemis de toute vériléet de toute justice, et les adversaires acharnés de notre sainte Religion, au moyen de livres empoisonnés, de brochures et de journaux répandus aux quatre coins du monde, trompent les peuples, mentent méchamment, et disséminent toute autre espèce de doctrines impies. Vous n'ignorez pas non plus qu'à notre époque il en est qui, poussés et excités par l'esprit de Satan, en sont venus à ce degré d'iniquité de nier le Dominateur, Jésus-Christ Notre Seigneur, et de ne pas trembler d'attaquer avec la plus criminelle impudence sa divinité. Ici, Nous ne pouvons Nous empêcher de vous donner, Vénérables Frères, les louanges les plus grandes et les mieux méritées, pour le zèle avec lequel vous avez eu le soin d'élever votre voix épiscopale contre une si grande impiété.

« C'est pourquoi, dans les Lettres présentes. Nous Nous adressons encore une fois à vous avec amour, à vous qui, appelés à partager notre sollicitude. Nous êtes, au milieu de nos grandes douleurs, un sujet de consolation, de joie et d'encouragement par votre religion, par votre piété, et par cet amour, cette foi, ce dévouement admirables avec lesquels vous vous efforcez d'accomplir virilement et soigneusement la charge si grave de votre ministère épiscopal,en union intime et cordiale avec Nous et avec ce Siège Apostolique. En effet. Nous attendons de votre excellent zèle pastoral que, prenant le glaive de l'esprit, qui est la parole de Dieu, et fortifiés dans la grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ, vous vous attachiez chaque jour davantage à faire en sorte que, par vos soins redoublés, les fidèles confiés à votre garde «:< s'abstiennent des mauvaises « herbes que Jésus-Christ ne cultive pas, parce qu'elles n'ont « pas été plantées par son Père.» Ne cessez donc jamais d'inculquer à ces mêmes fidèles que toute vraie félicité découle pour les hommes de notre auausle Religion, de sa doctrine elde sa

pratique, et qu'il est heureux le peuple dont Dieu est le Seineur. Enseignez « que les royaumes reposent sur le fonde- « menl de la foi, et qu'il n'y a rien de si mortel, et qui nous 0 expose plus à la chute et à tous les dangers, que de croire « qu'il nous suffit du libre arbitre que nous avons reçu en « naissant, sans plus avoir autre chose à demander à Dieu, « c'est-à-dire qu'oubliant notre Auteur, nous osions renier sa « puissance pour nous montrer libres. » Ne ncgligfz pas non plus d'enseigner « que la puissance royale n'est pas unique- ; « ment conférée pour le gouvernement de ce monde, mais ^ « par-dessus tout pour la protection de l'Eglise, et que rien « ne peut être plus avantageux et plus glorieux pour les chefs « des États et les rois que de se conformer ti ces paroles que « notre très-sage et très-courageux prédécesseur saint Félix « écrivait à l'empereur Zenon, c'est-à-dire de laisser l'Église « catholique se gouverner par ses propres lois, et de ne per-

« mettre à personne de mettre obstacle à sa liberté Il est

« certain, en etfet, qu'il est de leur intérêt, toutes les fois « qu'il s'agit des affaires de Dieu, de suivre avec soin l'ordre « qu'il a prescrit, et de subordonner, mais non de préférer la « volonté royale à celle des prêtres du Christ »

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