‹ Les splendeurs de la foi (volume 2)Chapitre 23 sur 40 · Chapitre II. — De la Révélation · texte numérisé non relu

Chapitre II. — De la Révélation

« La même sainte mère l'Église tient et enseigne que, par les choses créées, la lumière naturelle de la raison peut connaître avec certitude Dieu, principe et fin de tontes choses : car les perfections invisibles de Dieu sont devenues visibles depuis la création du monde par la connaissance que ses ouvrages nous donnent de lui ; que cependant il a plu à sa sagesse el à sa bonté de révéler au genre humain, par une voie surnaturelle, et lui-même et les décrets éternels de sa volonté. C'est ce que dit l'Apôtre dans ces paroles : « Dieu, qui « avait parlé autrefois à nos pères en diverses manières et en « diverses occasions par les prophètes, nous a parlé en ces « derniers temps par son Fils. »

« Quant à celles des choses divines qui par elles-mêmes ne sont point inaccessibles à notre raison, c'est bien à la divine révélation que nous devons, dans l'état présentde l'humanité, de pouvoir tous facilement les connaître avec une certitude inébranlable et sans aucun mélange d'erreur. Toutefois, ce n'est pas là une raison pour affirmer que la Révélation est nécessaire d'une nécessité absolue, mais elle est nécessaire parce que Dieu, dans son infinie bonté, a destiné l'homme à une tin surnaturelle, c'osl-à-dire à participer aux biens divins qui dépassent absolument la portée de l'intelligence humaine; car ni l'œil n'a vu, ni l'oreille n'a entendu, ni le cœur de l'homme n'a senti ce que Dieu a préparé à ceux qui Taiment.

a Or cette Révélation surnaturelle, selon la foi de l'Église universelle, foi déclarée par le saint Concile de Trente, est contenue dans des livres et dans les traditions non écrites que les Apôtres ont reçues de la bouche de Jésus-Christ même.

OU que les Apôtres eux-mêmes, sous la dictée de TEsprit- Saint, ont transmises comme de main en main, et qui sont parvenues jusqu'à nous. Ces livres de l'Ancien et du Nouveau Testament dans leur intégrité, avec toutes leurs parties, tels qu'ils sont reconnus par le décret du même Concile et tels qu'ils se lisent dans l'ancienne édition de la Vulgate latine, doivent être reçus pour sacrés et canoniques. Et l'Église les tient pour sacrés et canoniques, non parce que, fruits d'une conception purement humaine, elle les aurait approuvés dans la suite par son autorité, ni même seulement parce qu'ils contiennent la Révélation sans aucune erreur, mais parce que, écrits sous l'inspiration du Saint-Esprit, ils ont Dieu pour auteur, et parce qu'ils ont été comme tels confiés à l'Église. « Et parce que certains hommes exposent dans un mauvais sens les choses que le saint Concile de Trente, pour tenir en bride les esprits pétulants, a sainement décrétées ;sur l'interprétation des divines Ecritures, nous, renouvelant le même décret, déclarons que sa pensée est que, dans les choses de la foi et des mœurs, qui regardent l'édification de la doctrine chrétienne, on doit tenir pour le vrai sens de la sainte Écriture celui qu'a tenu et que tient la sainte mère l'Eglise, à qui il appartient de juger du vrai sens et de l'interprétation des saintes Ecritures ; et qu'en conséquence, il n'est permis à personne d'interpréter la sainte Écriture contrairement à ce sens, ni, non plus, contre le sentiment unanime des Pères.

Caiapitre III. — De la Foi.

« Puisque l'homme dépend tout entier de Dieu comme son créateur et maître, et puisque la raison créée est entièrement sujette de la vérité incréée, nous sommes tenus de donner par la foi, à Dieu qui révèle, le plein assentiment de notre intelligence et de notre volonté. Et cette foi, qui est pour les hommes le commencement du salut, l'Eglise catholique professe qu'elle est une vertu surnaturelle par laquelle, au souille de Dieu et aidés par sa grûce, nous croyons vrai ce qu'il nous révèle, non à cause que la lumière naturelle de notre raison nous découvre la vérité intrinsèque des choses, mais h cause de l'autorité de Dieu même, l'auteur de la révélation et qui ne peut m se tromper, ni nous tromper ; car, au témoignage de

l'Apùtre, la foi est la substance (ou le fondement) des choses que nous devons espérer, et Fargument (ou la conviction) de celles que nous ne voyons pas.

« Néanmoins, pour que la soumission de notre foi fût en parfaite conformité avec la raison, Dieu a voulu joindre aux secours intérieurs du Saint-Esprit les arguments extérieurs (ou les preuves extérieures) de sa révélation, à savoir, les faits divins, et principalement les miracles et les prophéties qui en montrant avec évidence la toute-puissance et la science infinie de Dieu, sont les signes de la divine révélation ; signes trèsassurés et appropriés à toutes les intelligences. C'est pourquoi Moïse et les prophètes, et principalement Noire Seigneur Jesus-Christ, ont fait en grand nombre les miracles les plus manifestes et des prophéties; et nous lisons des Apôtres • « Eux, étant partis, prêchèrent partout, le Seigneur coopérant * avec eux et confirmant leur parole par les miracles dont elle « était accompagnée. » El il est encore écrit : «Nous avons des « oracles des prophètes, dont la certitude est encore mieux « établie, sur lesquels vous faites bien d'arrêter les yeux « comme un flambeau qui luit dans un lieu obscur. »

« Mais, quoique l'assentiment de la foi ne soit point un mouvement aveugle de l'âme, nul cependant ne peut adhérer comme il est nécessaire pour le salut, à la prédication de l'Evangile, s'il n'est éclairé et mû par le Saint-Esprit, qui nous fait trouver la doucenr à consentir et à croire à la vérité.

« Aussi la foi, considérée en elle-même et quand mémo eHe n'opère point parla charité, est un don de Dieu, et son acte est une œuvre qui appartient au salut, acte par lequel l'homme rend h Dieu même une obéissance libre, en consentant et en coopérant à sa grâce, à laquelle il pourrait résister,

a Or, par la loi divine et catholique, nous devons croire tout ce qui est contenu dans la parole écrite et traditionelle de Dieu, et que l'Église, soit par un jugement solennel soit par son magistère ou enseignement ordinaire et universel propose à notre foi comme étant divinement révélé

ce Mais parce que, sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu et de parvenir à être compté dans le nombre de ses enfants, personne sans la foi ne peut jamais être justifié, et personne, à moins qu'il ne persévère jusqu'à la fin dans la foi,^ n'obtiendra la vie éternelle ; et afin de pouvoir satisfaire à i obligation d'embrasser la foi véritable, comme aussi d'y

persévérer constamment, Dieu, par son Fils unique, a institué l'Église, et il Ta marquée au front des marques visibles de son institution, afin que tous puissent reconnaître en elle la gardienne et la maîtresse de la parole révélée. Et, en effet, ce n'est qu'à la seule Église catholique qu'appartiennent tous ces caractères si nombreux et si admirables que la divine Providence a disposés pour rendre évidente la crédibilité de la foi chrétienne. Il y a plus : l'Église, grâce à sa prodigieuse propagation, à sa sainteté incomparable, à sa fécondité inépuisable pour toute sorte de biens, grâce à son unité catholique et à son invincible stabilité, l'Église est par elle-même un grand et perpétuel motif de crédibilité et un irréfragable témoignage de sa divine mission.

« De là vient qu'elle est elle-même comme le signe élevé parmi les nations, et qu'elle invite à venir à elle ceux qui n'ont pas encore.cru, et qu'elle rend ses enfants certains que la foi qu'ils professent repose sur le fondement le plus assuré. Ace témoignage se joint encore le secours efficace de la puissance d'en haut. Le Dieu très-bon, en effet, excite et aide, par sa grâce, ceux qui sont dans l'erreur, pour qu'ils puissent venir à la connaissance de la vérité; et quant à ceux qu'il a transportés de leurs ténèbres dans son admirable lumière, il les confirme par sa grâce dans celte même lumière, alin qu'ils persévèrent : n'abandonnant jamaisque ceux qui l'abandonnent. Il n'v a donc aucune parité entre la condition de ceux qui, conduits par des opinions humaines, suivent une fausse religion. Ceux, en effet, qui, sous le magistère de l'Église, ont reçu la foi, ne peuvent jamais avoir une juste raison de chantier ou de révoquer en doute cette même foi. Les choses étant ainsi, rendons grâces à Dieu le Père, qui nous a faits dignes de partager, dans sa lumière, le sort des saints ; ne négligeons pas un salut d'une telle importance ; mais, tenant les yeux attachés sur Jésus, l'auteur et le consommateur de notre foi, soyons inébranlables dans la confession de notre espérance. »

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