IV. — De la Foi et de la Raison
« 1° Si quelqu'un dit que la révélation divine ne contient point de vrais mystères, des mystères proprement dits, mais que tous les dogmes de la foi peuvent, à l'aide d'une raison exercée, être compris et démontrés par les principes naturels, qu'il soit anathème.
« 2" Si quelqu'un dit que les sciences humaines doivent être traitées avec une telle liberté, que leurs assertions, malgré leur opposition avec la doctrine révélée, peuvent être maintenues comme vraies, et que l'Eglise n'a pas le droit de les condamner, qu'il soit anathème.
« 3" Si quelqu'un dit que, eu égard aux progrès des sciences, il peut arriver qu'il faille donner quelquefois aux dogmes proposés par l'Eglise un sens différent de celui qui a été compris par l'Eglise, qu'il soit anathème. »
XVIIÏ. Première constitution dogmatique sur l'église. 18 juillet 1870.
Chapitre I^'. — De Vlnstitution de la Primauté apostolique dans la personne du bienheureux Pierre.
« Nous enseignons donc et nous déclarons, conformément aux témoignages de l'Évangile, que la primauté de juridiction sur toute l'Eglise de Dieu a été immédiatement et directement promise et conférée par Notre Seigneur Jésus-Christ au bienheureux apôtre Pierre. C'est, en effet, au seul Simon à qui il avait dit : « Tu seras appelé Céphas, » et après qu'il eut fait cette confession : « Tu es le Christ, fils du Dieu vivant. » C'est à Simon seul que le Seigneur a adressé ces paroles : « Tu es « bienheureux, Simon, fils de Jean, parce que ce n'est ni la « chair ni le sang qui te l'a révélé, mais mon Père qui est aux « cieux ; et moi je le dis que tu es Pierre, et sur celle pierre je
LES SPLENDEURS DE l..\ FOI
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Chapitre II, - De la Pe,yituHé de ,a Primauté ie Pierre dans les Ponlifes Romains. " ™"«
. Il est nécessaire que ce que le Prince des Pasteurs ei le P,. teur suprême des brebis. Notre Seigneur Jésus fhrk,,,', lien la personne du bienheureux PioC pour e sal, n/r ' f""'! et le bien permanent de l'F-lise <;,,hl,„ . P^n'duel
aussi dans^'ÉglIse qu^l'î- f :;,r^l A treura^t^Mi jusqu a la fin des siècles. Il n'es, dout'eux pour personne oin dela,ce.stunfa,t notoire dans tous les siècles nue iu'san'J notre temps et toujours, le saint et bienheureu p'err^ pTee des Apoires, colonne de h foi et fondement de l'Eg S c- ho Itque, q,„ a reçu de .Naître Seigneur Jésus-Christ," a ,ve, r et réden,p:eur du genre humain, les clefs du royaume i^' réli e juge eu ses successeurs les évèquesdu S.aint-s'^^L ,„m.i" etabi, par lu. et consacré par son sang. Ces. pourqS i cha un
APPENDICE L. lOo*
des successeurs de Pierre dans celte Chaire possède, en'verlii de rinstilulioii de Jésus-Christ kii-mêrae, la primauté de F*ierre sur l'Église universelle. L'économie de la vérité demeure donc, et le bienheureux Pierre gardant toujours la solidité de la pierre qu'il a reçue, n'a pas quitté la charge du gouvernement de l'Eglise. Pour cette raison il a toujours été nécessaire que toutes les églises, c'est-à-dire, l'universalité des fidèles répandus en tous lieux, fût en union avec l'Église romaine, afin que, unis, comme les membres à leur chef, en ce Siège d'où émanent sur tous les droits de la vénérable communauté, ils ne formassent qu'un seul et même corps.
« Si donc quelqu'un dit que ce n'est pas par l'institution de Jésus-Christ ou de droit divin, que le bienheureux Pierre a des successeurs perpéluelsdans la primauté sur toute l'Église; ou que le Pontife Romain n'est pas le successeur du bienheureux Pierre dans la même primauté, qu'il soit anathème.
Chapitre III. — De la Nature et du Caractère de la Primauté du Pontife Romain.
« C'est pourquoi, appuyé sur-les témoignages manifestes des saintes Écritures et fermement attaché aux décrets formels et certains, tant de nos prédécesseurs, les Pontifes Romains, que des Conciles généraux, nous renouvelons la définition du Concile œcuménique de Florence, en vertu de laquelle tous les fidèles du Christ sont obligés de croire que le Saint-Siège Apostolique et le Pontife Romain ont la primauté sur le monde entier, que le même Pontife Romain est le successeur du bienheureux Pierre, prince des Apôtres, le vrai vicaire de Jésus-Christ, le chef de toute l'Église, le père et docteur de tous les chrétiens, et qu'à lui a été confié par Notre Seigneur Jésus-Christ, en la personne du bienheureux Pierre, le plein pouvoir de paître, de régir et de gouverner l'Église universelle, ainsi- qu'il est contenu dans les actes des Conciles œcuméniques et les saints canons.
« Nous enseignons donc et Nous déclarons que l'Église romaine, par l'institution divine, a la principaïué de pouvoir ordinaire sur toutes les autres Eglises, et que ce pouvoir do juri.! action du Pontife Romain, vraiment épiscopal, est immédi: il ; que les pasteurs et les fidèles, chacun et tous, quels que soient leur rite et leur rang, lui sont assujettis par le devoir de
la subordination hiérarchique et d'une vraie obéissance, nonseulemenl dans les choses qui concernent la foi et les mœurs, mais aussi dans celles qui appartiennent à la discipline et au gouvernement de l'Église répandue dans tout l'univers ; de sorte que, gardant l'unité soit de communion, soit de profession d'une même foi avec le Pontife Romain, l'Église du Christ est un seul troupeau sous un seul pasteur suprême. Telle est la doctrine de la vérité catholique, dont mil ne peut dévier sans perdre la foi et le salut.
« Mais loin que ce pouvoir du Souverain Pontife nuise à ce pouvoir ordinaire et immédiat de juridiction épiscopale, par lequel les évèques qui, établis par le Saint-Esprit, ont succédé aux Apôtres, paissent et régissent, comme vrais pasteurs, chacun, le troupeau particulier confié à sa garde, ce dernier pouvoir est proclamé, confirmé et corroboré par le suprême et universel pasteur, selon la parole de saint Grégoire le Grand : « Mon honneur est 1 honneur de l'Église universelle. Mon « honneur est la force solide de mes frères. Je suis vraiment « honoré, lorsque l'honneurdû <x chacun ne lui est pas refusé. »
« De ce pouvoir suprême du Pontife Romain de gouverner l'Eglise universelle, résulte pour lui le droit de .communiquer librement dans l'exercice de sa charge avec les pasteurs et les troupeaux de toute l'Église, afin qu'ils puissent être instruits et dii-igés par lui dans la voie du salut. C'est pourquoi nous condamnons et réprouvons les maximes de ceux qui disent que cette communication du chef suprême avec les pasteurs et les troupeaux peut être légitimement empêchée, ou qui la font dépendre du pouvoir séculier, prétendant que les choses établies par le Siège Apostolique ou en vertu de son autorité n'ont de force et d'autorité que si elles sont confirmées par l'agrément de la puissance séculière.
« Et comme le Pontife Romain, par le droit divin de la primauté apostolique, est préposé à l'Église universelle, nous enseignons de mémeetnous déclarons qu'il est Ipjuge suprême des fidèles, et qu'on peut recourir h son jugement dans toutes les causes qui sont de la compétence ecclésiastique ; qu'au contraire le jugement du Siège Apostolique, au-dessus duquel il n'y a point d'autorité, ne peut être réformé par personne, et qu'il n'est permis à personne de juger son jugement. Ceux-là donc dévient du droit chemin de la vérité, qui affirment qu'il est permis d'appeler des jugements des Souverains Pontifes au
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Concile œcuménique, comme à une autorité supérieure au Pontife Romain.
« Si donc quelqu'un dit que le Pontife Romain n'a que la charge d'inspection et de direction, et non le plein et suprême pouvoir de juridiction sur l'Église universelle, non-seulement dans les choses qui concernent la foi et les mœurs, mais aussi dans celles qui appartiennent à la discipline et au gouvernement de l'Église répandue dans tout l'univers ; ou qu'il a seulement la principale part et non toute la plénitude de ce pouvoir suprême; ou que ce pouvoir qui lui appartient n'est pas ordinaire et immédiat, soit sur toutes les églises et sur chacune d'elles, soit sur tous les pasteurs et sur tous les fidèles et sur chacun d'eux, qu'il soit anathème. »