‹ Les splendeurs de la foi (volume 2)Chapitre 6 sur 40 · CHAPITRE PREMIER Le Symbole de la Foi, dogmes, morale, prières · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER Le Symbole de la Foi, dogmes, morale, prières

Dès le début de cet ouvrage j'aurai à parler de la foi dogmatique et morale. Le premier pas que j'aurai à faire, sera d'établir que cette foi est absolument nécessaire, et que, hélas l elle est très-rare. Or je resterais dans le vague et je ne serais pas compris, si je ne définissais pas nettement, tout d'abord, la Foi que je veux faire resplendir.

Je la définirai donc dans ce premier chapitre.

Je demande à tous, sans en excepter ceux qui ne croient pas, de lire attentivement en commençant, de relire plus attentivement en finissant cet exposé élémentaire de la foi.

J'ose même les inviter à réciter avec simplicité les courtes prières dans lesquelles se résume l'exercice de la vie chrétienne. Ce sera une excellente préparation à la difficile et longue campagne que nous avons à faire ensemble.

Les prières fondamentales de la foi chrétienne sont divines, et dictées par un amour immense de l'humanité. Celle surtout qui est sortie de la bouche même du Sauveur des hommes respire à la fois une naïveté et une habileté infinies. Qui ne consentirait, pour peu qu'il ferme un instant l'oreille au bruit des mauvaises passions, à dire à Dieu dans toute la sincérité de son âme : Que votre nom soit sanctifié. Le nom de Dieu est le plus beau, le plus glorieux, le plus doux des noms ! Que votre règne arrive ! le règne de Dieu est le règne de la bonté, de la justice, de la félicité! Que votre volonté soit faite! la volonté de Dieu est la volonté sainte, parfaite et bienveillante à l'excès. Or, il suffit que l'âme s'ouvre pleinement à ces . sentiments si naturels, pour qu'elle soit immédiatement réconciliée avec Dieu, pure et sainte elle-même, toute prête à céder aux infiuences vivifiantes de la foi.

Quel cœur d'homme, s'il fait trêve un instant au mal, ne se sentira pas heureux de dire : Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Or quand il aura laissé entendre ce cri de pitié et d'espérance, il croira !

Priez donc, chers lecteurs, priez, et mon livre produira en vous les fruits de bénédiction que j'en attends.

Cette synthèse du doi;nie et de la morale catholique est dure à l'intelligence et rude à entendre, mais je ne pouvais pas l'omettre. Mon livre est un acte d'obéissance à une inspiration

non pas humaine, mais surnaturelle ! Je n'espère rien de moi, mais tout de Dieu qui est ma lumière et ma force ! Et Dieu m'autorise à dire à mes frères bien-aimés avec l'ange de l'Apocalypse : Prenez ce livre, dévorez-le ; il sera d'abord amer à vos entrailles, mais bientôt il fera naître dans votre bouche la sensation d'un aliment doux comme le miel. Accipe librum, et dévora illiim: et faciet amaricari ventrem tuum^ sed in ore tuo erit dulce tanquam mel.

I. Dieu est et il est UN. Dieu est l'être nécessaire, celui qui EST, pur esprit, éternel, immense, tout-puissant, infiniment parfait, bon, juste, et saint; par qui et en qui tout est, tout se meut, tout vit ; qui est partout, qui voit tout, qui connaît tout, jusqu'aux plus secrètes pensées des esprits, jusqu'aux mouvements les plus cachés des cœurs.

II. Il est en Dieu trois personnes réellement distinctes : la première, le Père ; la seconde, le Fils; la troisième, le Saint- Esprit. Le Fils est engendré du Père ; le Saint-Esprit procède du Père et du Fils. Le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu. Et ce ne sont pas trois Dieux, mais un seul Dieu en trois personnes, dans une même nature ou même essence divine : c'est le mystère de la très-sainte Trinité.

III. Dieu a créé le ciel, la terre, et tout ce que le ciel et la terre renferment ; il a tout créé de rien, par sa seule volonté : c'est le mystère de la création.

Dieu a créé les anges, esprits purs et libres. Les uns, les mauvais anges, les démons, abusant de leur liberté se sont révoltés contre Dieu, par orgueil, et subissent dans l'enfer le châtiment de leur révolte. Les autres, les saints anges, restés fidèles à Dieu, l'adorent, l'aiment, le servent dans la félicité éternelle des cieux. Dieu a créé l'homme, esprit et corps,

intelligent et libre, avec cette même destinée de le connaître, de Taimer, de le servir, de mériter le bonheur surnaturel de réternité.

IV. Adam et Eve, le premier homme et la première femme furent placés dans le paradis terrestre. Après un temps d'épreuve tixé par Dieu, ils devaient sans mourir entrer en possession de la félicité surnaturelle des cieux. Mais ils désobéirent et mangèrent le fruit défendu. Déchus aussitôt de la vie de la grâce et de la justice originelle ils devinrent enclins au mal... Chassés du paradis terrestre, condamnés à la fatigue, à la souffrance et à la mort, ils tombèrent sous la puissance du démon, qui les avait encouragés dans leur désobéissance. Ce châtiment et ses suites funestes, l'ignorance, la concupiscence, la privation de la grâce sanctifiante, ont atteint la postérité entière d'Adam et d'Eve. Nous naissons tous coupables, exclus du bonheur surnaturel des cieux : c'est le dogme et le .mystère

DU PÉCHÉ ORIGirtEL.

V. Dieu a eu pitié du genre humain. Pour nous rendre nos droits à l'héritage céleste, pour nous délivrer de l'esclavage du démon et du péché, la seconde personne de la très-sainte Trinité, le Fils de Dieu a daigné se faire homme en prenant un corps et une âme semblables aux nôtres. Cette union intime en une seule personne, de la divinité et de l'humanité, est un profond mystère : le mystère de l'incarnation.

VI. Le Fils de Dieu fait homme a eu pour mère la bienheureuse Marie, de la tribu de Juda, de la famille de David, immaculée dans sa conception et toujours vierge. Conçu du Saint-Esprit par la vertu toute-puissante du Très-Haut, il est né dans la nuit du 23 décembre, appelée Nuit de Noël. Il eut pour asile une étable, et pour berceau une crèche. Huit jours après sa naissance, il fut circoncis et on lui donna le nom de

Jésus, qui signifie Sauveur. 11 a vécu sur la terre dans la pauvreté, rimmilité et la pratique des plus sublimes vertus. Après trente années d'une solitude profonde, il cpmmença sa vie publique et exerça pendant trois ans son apostolat, enseignant les vérités évangéliques, prouvant sa divinité par un grand nombre de miracles, accomplissant dans sa personne toutes les prophéties par lesquelles Dieu l'avait annoncé aux hommes.

VIL II est mort volontairement sur la croix pour nous et pour notre salut, le jour du Vendredi saint. Homme, il a souffert; Dieu, il a donné un prix infini à ses souffrances. Par sa passion et par sa mort il nous a rachetés de la damnation éternelle : c'est le mystère de la rédemption.

Il est ressuscité le troisième jour après sa mort, le saint jour de Pâques. Il est monté au ciel quarante jours après sa Résurrection. Dix jours après son Ascension, le jour de la. Pentecôte, il a fait descendre l'Esprit-Saint sur ses apôtres. II viendra de nouveau à la fin des temps juger les vivants et les morts.

VIII. Jésus-Christ a fondé son Eglise, société des fidèles qui, unis dans une même foi, sous la conduite des pasteurs légitimes, professent et pratiquent sa religion sainte. 11 n'est qu'une seule Église d'institution divine, l'Église apostolique, catholique, romaine, dont le chef suprême est le Pape ou Souverain Pontife romain, successeur de saint Pierre, vicaire de Jésus-Christ, Évêque des évêques, pasteur à la fois des brebis et des agneaux, centre de l'unité, chargé de défendre de l'erreur ses frères dans la foi et de les confirmer dans la vérité. Celui qui n'écoute pas l'Église, qui n'obéit pas aux Évêques et spécialement au Souverain Pontife, n'écoute pas Jésus-Christ, il se range volontairement parmi les païens et les pécheurs.

Hors de l'Église, si Ton n'appartient pas au corps de l'Église

6 LES SPLE>DELRS DE LA FOI.

OU du moins k l'Ame de l'Église, par la bonne foi, par la conformité de sa vie aux lumières de la raison, par Fobservation de celles des lois de Dieu que l'on a connues, l'on ne peut pas être sauvé.

L'Église, dans un sens plus étendu, comprend non-seulement les fidèles qui sont sur la terre, mais aussi les âmes du purgatoire et les saints du ciel. Nous participons aux mérites des saints et des âmes justes; nous pouvons soulager les âmes du purgatoire par nos prières, nos bonnes œuvres et l'application des indulgences : en cela consiste la communion des saints.

Les vérités que nous venons d'énoncer sont contenues dans le symbole des apôtres : Je crois en Dieu^ etc. On doit les croire d'une foi sincère, non sur la parole des hommes qui les annoncent, mais parce qu'elles ont été révélées par Dieu même, et qu'elles nous sont enseignées par son Eglise infaillible.

IX. Pour se sauver, il faut non-seulement croire fermement à toutes ces vérités, mais encore vivre chrétiennement, observer les commandements de Dieu et de l'Église, fuir le péché, et pratiquer la vertu.

Les commandements de Dieu sont au nombre de dix.

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