‹ Les splendeurs de la foiChapitre 3 sur 110 · AITE.NDICE AU CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

AITE.NDICE AU CHAPITRE PREMIER

Le Concile du Vatican a fait entendre sa grande et sainte voix. Le dimanche 24 avril, dans la troisième session générale, le souverain Pont'fe, après le vote unanime des Pères, au nombre de j)lus de six. cents, a promulgué la constitution dogmatique et les canons intitulés : de la Foi catholique. Nous nous empressons de nous faire Fécho de ces décisions solennelles, dans ce qu'elles ont de relatif à ce chapitre de nos Splendeurs^ mille fois heureux de constater que nos doctrines sont exactement celles de notre Mère infaillible.

Inspiration des Livres saints. — La i>holation surnaturoUc, selon la foi de rÉglise univcrsolle, proclamée par le saint Concile de Trente, est contenue dans les livres écrits, et dans les traditions non écrites, lesquelles reçues de la bouche de Jésus-Christ par les apôlres, et comme transmises de la maiu à la main par les apôlres sous la dictée du Saint- Esprit, sont venues jusqu'à nous. Ces livres de TAncien et du Nouveau Testament, dans leur enscndde et dans chacune de leurs i>arties, tels qu'ils ont été énumérés dans le décret du même Concile, et qu'ils sont contenus dans l'ancienne Vulgate laline, doivent être acceptés comme saints et canoniques. En outre, l'Eglise les lient pour saints et canoniques, non parce que, œuvres de la seule industrie humaine, ils ont été ensuite ap])rouvés par son autorité; non pas seulement parce qu'ils contiennent la l'évélalion sans erreur, mais parce que, écrits sous l'inspiration de l'Esprit-Saint, ils ont Dieu pour auteur, et qu'ils nous sont présentés comme tels par l'Église.

Mais comme ce qui a été sagement décrété parle Concile de Trente de l'interprétation de la divine Écriture, pour mettre un frein à la pétulance des esprits, est mal com.pris par qui-lques hommes. Nous, renouvelant le même décret, nous déclarons que sa pensée est que, dans les choses de la foi et des mœurs (jui appartiennent au corps de la doclrine chrétienne, il faut i)rendre pour vrai sens, pour interprétation véritable de la sainte Écriture, le sens que lui a assigné et que lui assigne la Sainte Mère l'Église, à qui il appartient de juger du vrai sens et de l'interpré- Jation véritable des Écritures saintes, et que, par conséquent, il n'est permis à personne d'interpréter la sainte Ecriture contrairement à ce sens, ou contrairement au consentement unanime des Pères.

Canon. Si quelqu'un ne reçoit pas pour saints et canoniques, dans leur intégrité et avec toutes leurs parties, les livres de la sainte Ecriture, tels que le catalogue eu a été dressé par le saint Concile de Trente, ou nie qu'ils soient divinement inspirés, qu'il .soit anathème.

Le Concile se borne donc à affirmer rinfaillibilité derÉglise

dans rinterprétation des textes relatifs h la foi et aux mœurs, faisant partie du corps de la doctrine chrétienne. Il établit ainsi lui-même une distinction très-nette entre les faits dogmatiques ou moraux et les faits de science pure.

Foi et Raison. — Mais quoique la foi soit au-dessus de la raison, il ne peut jamais exister aucun désaccord vèritalDle entre la Foi cl la raison; en effet le même Dieu qui révèle les mystères et qui infuse la foi, a doté l'âme humaine des lumières de la raison ; or Dieu ne peut pas se nier luimême, et 1(^ vrai ne peut pas contredire le vrai. Or les vaines apparences de conlradiction viennent surtout, ou de ce que les dogmes de la foi n'ont pas été compris et exposés conformément à l'esprit de l'Église, ou de ce que l'on a pris les fictions des opinions pour des arrêts de la raison. Nous définissons donc que toute assertion contraire à la vérité révélée par la foi est complètement fausse. En outre, l'Église, avec la mission apostolique d'enseigner et de conserver le dépôt de la foi, a en même temps le droit et le devoir de proscrire la science de mauvais aloi, afin que nul ne soit trompé par la philosophie ou par des raisonnements vains ou trompeurs. C'est pourquoi, il est non-seulement défendu à tous les fidèles chrétiens de considérer, comme des conclusions légitimes de la science, des opinions de ce genre, lorsqu'on les sait contraires à la doctrine de la foi, et plus encore lors(prelles ont été réprouvées par l'Église; il leur est au contraire ordonné de les tenir pour des erreurs n'ayant que l'apparence trompeuse de la vérité.

JNon-seulcment la foi et la raison ne peuvent jamais être en dé. i.ccord, mais elles se prêtent un secours mutuel; puisque d'une pan la droite raison démontre les fondements de la foi, et qu'éclairée par les lumières de la foi elle cultive avec succès la science des choses divines; que d'autre part la foi délivre et défend la raison de l'erreur; et l'enrichit de connaissances multiples. C'est pourquoi, bien loin de s'opposer à la culture des arts et des sciences humaines, l'Église les seconde et les encourage de beaucoup de manières. Bien loin d'ignorer et de mépriser les avantages qui en découlent pour le bien-être de l'homme, elle professe que comme elles ont leur point de départ en Dieu, qui est le Dieu de la science, de même, si elles sont convenablement traitées, elles peuvent conduire à Dieu, avec l'aide de sa grâce. L'Église donc ne s'oppose nullement à ce que ces sciences, chacune dans son domaine, fassent usage des principes et des méthodes qui leur sont propres; mais tout en reconnaissant cette juste liberté, elle veille avec le plus grand soin, pour empêcher qu'elles ouvrent leur sein à des erreurs contraires à la doctrine divine, ou que franchissant leurs limites propres, elles envahissent et troublent les choses qui sont de foi.

En effet, la doctrine de la foi que Dieu nous a révélée n'a pas été présentée aux esprits humains comme une invention philosophique qu'ils sont appelés à perfectionner; mais elle a été donnée à l'Epouse de Jésus- Christ comme un dépôt sacré, qu'elle doit conseiver fidèlement et proclamer infaillible. Voilà pouniuoi il faut maintenir à jamais aux dogmes sacrés le .sons que la sainte ]\lère l'Eglise a déclaré être leur sens vrai, sans qu'on puisse jamais s'en écarter sous l'apparence ou sous le prétexte

d'une intelligence plus élevée. Que l'intelliiicncc, la science, la sagesse, de chacun et de tous, des individus et de l'Eglise, dans tous les rangs et dans tous les ûgcs, croissent donc et fassent dininienses progrès, mais dans l'ordre établi, duiis l'unité do dogme, de sens et de sentiment.

Canons. — 1. Si quehiu'un aflirme que les sciences humaines doivent être traitées avec tant de liberté, que leurs assertions quoique contraires à la doctrine révélée puissent éire maintenues comme vraies, et qu'elles ne puissent être proscrites par l'Eglise, qu'il soit analhéme.

2. Si qu('l(|u'un affirme qu'il ]»eut arriver qu'à un dogme proposé par l'Église, on i)uisse en raison du progrés des sciences attribuer un sens autre que celui que l'Église a compris et comprend, qu'il soit analhéme.

On le voit donc la raison et la foi, la science et la révélation sont chacune à leur manière, filles de Dieu ; l'Église approuve, aime, encourage l'élude et les progrès incessan-ts des sciences humaines; elle les couve du regard et du cœur, mais en mère attentive et dévouée, elle ne néglige rien pour les défendre de l'erreur, parce que d'une part la vérité ne peut être opposée à la foi, et que d'autre part l'erreur est aussi antipathique, aussi fatale à la science qu'à la foi.

Quel homme de bonne foi ne reconnaîtrait pas que, dans ces conditions si sages, le contrôle de la foi et de l'Église est pour la science, ce que le lit est au torrent, la digue au fleuve, le frein à la locomotive, les lisières à l'enfant, la raison à l'imagination, le sens commun à l'intelligence, les règles au génie, la loi à la volonté, etc.? Il lui laisse ses libres élans et prévient ou corrige ses écarts!

LA SCIENCE DE LA lilBLE.

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