‹ Les splendeurs de la foiChapitre 42 sur 110 · LOIS MOSAÏQUES, RELIGIEUSES, ETC · texte numérisé non relu

LOIS MOSAÏQUES, RELIGIEUSES, ETC

des maisons et la lèpre des vêtements, parce qu'il est très-possible que les miasmes de la lèpre humaine s'attachant aux murs des maisons et au tissu des habils,s'y étendent et causent une sorte d'infection, semblable à celle du corps des It'preux.... Se trouver près d'un malade quand il mourait, toucher le cadavre, entrer dans sa chambre tandis qu'il y était encore, c'était assez pour rester souillé pendant sept jours.... La même impureté s'étendait aux coffres ou aux armoires restés ouverts. Ces précautions semblent en apparence excessives et gênantes ; mais elles avaient de très-grands avantages; par exemple, elles obligeaient les familles à enterrer plus promptenient leurs morts,... La loi qui obligeait d'ensevelir le même jour le corps des su[)pliciés, de ne point inhumer les morts dans les villes, d'indiquer les sépultures dans les campagnes par quelque signe, de ne pas toucher aux cadavres des animaux impurs et même des animaux purs morts de maladie, sont aussi éminemment hygiéniques.... 11 en est de même de ces fréiiuentes lustrations, purilicaiions, aiilutions, (|ui seraient une grande gêne dans les pays septentrionaux, mais qui n'étaient qu'agréables et saines dans ces pays chauds, où la laine était la matière presque exclusive des vêtements.... Combien toutes ces attentions répandues parmi les peuples et soutenues par la religion devaient épargner de maladies à la nation !

REPOS ET FÊTES. — Lc législateur des Hébreux ne néglige rien pour entretenir une gaieté décente et procurer les délassements nécessaires.... Chaque semaine a son sabbat, chaque mois sa néoménie, chaque année ses trois fêtes solennelles, et ces délassements sont autant de préceptes religieux... Le repos était ordonné, même dans le temps des labours et de la moisson.... Et ce repos devait être une joie commune au père, à la mère, aux enfants, au lévite, à l'étranger, à la veuve et à l'orphelin. Voilà pourquoi les Hébreux, si tristement assis aux bords des fleuves de Babylone, regrettaient tant Sion et ses fêtes.

LOIS AGRAIRES. — Combien de lois encore pour assurer au peuple de Dieu l'abondance de tous les biens de la terre. Nul n'avait reçu ou ne pouvait acquérir assez de terrains pour en négliger une partie ou la consacrer à de stériles embellissements; tout était employé à la production des subsistances. Non-seulement on ne pouvait pas lui ravir ses terres, mais lui-même ne pouvait pas les aliéner à perpétuité. Comme elles étaient naturellement bonnes et fertiles, il suflisait du repos absolu et universel, rigoureusement commandé, de la septième année, pour réparer l'épuisement causé par six récoltes consécutives. Les nombreux troupeaux qui, ramenés des déserts, paissaient en liberté sur les jachères, en augmentaient encore la fertilité. La vue de cette septième année sans semailles et sans récoltes obligeait en outre les Hébreux à faire des provisions de grains et d'autres subsistances pour trois ans, et à trouver les moyens de conserver leurs grains, leurs fruits, leurs vins et leurs huiles.

La défense de mettre dans un même champ différentes sortes de grains avait sans dotite un double but : en premier lieu, empêcher la terre de s'épuiser trop promptement ; car il est bien peu de terres qui puissent, pendant six années de suite, quelque soin qu'on en pût d'ailleurs avoir, produire des récoltes mélangées ; en second lieu, rendre plus facile et plus sûr le triage des grains de semence, condition essentielle d'un bon rendement. Moïse tenait tant à ce règlement, pour des raisons qui peut-

î'ire nous (^cliappont, iiii'il confisquait les moissons môlangécs au profil du s:incluaii-('.

Déclarer impurs les fruits tlos trois premières années, c'était mettre un frein à la cupiilité des propriétaires; les forcer à donner à leurs arbres des soins plus assidus, ne pas les laisser s'épuiser à |>ortcr avant le temps des fruits qu'ils ne pouvaient pas appliiiuer à leur usage. Quoi de mieux conçu pour encourager la mise en valeur des terrains Ajires et j»ierreux, i»eu propres au labourage, mais où les oliviers, les tiguiei's, les vignes se plaisent singulièrement, que d'exem[)ler du service militaire et de tous les travaux publics, jusqu'à la première récolle, celui qui aura l)!anté une vigne ou un verger d'arbres fruitiers de (piehpie étendue. Ce fut à celle législation éminemment sage (pic la Judée dut ces riches Itlantalions d'oliviers où l'huile coulait de la i)ierre la plus dure ; ces vignobles renommés, ces palmiers célèbres jusque chez les Grecs; ces beaux et nombreux figuiers qui leur fournissaient, avec un épais ombrage, si agréable dans ces climats, des fruits délicieux; tous ces l)lans précieux, en un mot, qui rendirent ses coteaux aussi riants que fertiles.

La multitude de victimes qu'on devait immoler, mais (jui pour la plupart servaient de nourriture, étaient la matière d'un commerce sur et journalier pour neux qui les élevaient. Chacun cherchait à les multiplier pour n'être pas obligé d'en acheter à d'autres.... La défense de présenter à l'autel des animaux tarés était encore un puissant encouragement à étudier de plus prés les moyens de se procurer des victimes saines, belles i dignes d'être acceptées.

Et ces prescriptions sévères des soins délicats à donner aux animaux domestiques. Tu laisseras ton bœuf et ton âne se reposer le jour du sabbat.... Tu n'attelleras pas à la fois à la charrue le bœuf et l'âne parce que leurs forces soit par trop inégales.... Tu ne lieras pas la bouche au bœuf qui foule ton grain.... Si un animal est tombé dans la fosse, qu'on le retire; s'il succombe sous la charge, qu'on le relève ; si on le trouve égaré, qu'on le ramène et qu'on le nourrisse jusqu'à ce qu'il puisse êlre rendu à son maître.

LOIS PÉNALES. — SI un liommc en vole un autre d'entre ses frères les enfants d'Israël, soit qu'il l'ait vendu, soit qu'on le trouve encore chez lui, il sera puni de mort.... Pour garantir à chacun la totalité de ses terres, Sloïse veut qu'on déclare maudit celui qui recule les bornes du champ voisin, et que tout le peuple réponde amen.... Lorsqu'un homme sera surpris volant la nuit avec effraction, si on le frappe et qu'il en meure, celui qui l'aura tué ne seia pas coupable de meurtre.... Mais si le soleil est levé, celui qui aura tué sera coupable de meurtre : le cas de nécessité disparaissant, le droit de se faire justice à soi-même devait nécessairement cesser.

Moïse défend comme un crime odieux de tremper dans les poids et •mesures. Tu auras des balances, des mesures justes pour les solides et les liquides, conformes "a celles déposées dans le tabernacle.... Tu n'auras pas deux poids, l'un plus léger, l'autre plus lourd ; ni deux mesurer, l'une plus longue, l'autre plus courte. Quiconque use de ces fraudes est en abomination devant Dieu.

Lorsqu'un dépôt avait disparu, le dépositaire cité en justice était obligé

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de faire serment qu'il ne s'était pas approprié le hien d'autrui. Tout objet trouvé devait être rendu à son véritalMe possesseur.

Dans un pays où les bestiaux et les récoltes faisaient presque toute la richesse, quelles lois sag(\s que celles-ci ! Depuis l'âne jusiiu'au menu liétail, le voleur rendra !e double ; s il lésa tués ou vendus, il en rendra quiitre pour un.... Mais si quelqu'un dérobe un bœuf, ou qu'il le tue et le vende, il sera tenu de rendre cinq pour un.... Si quehju'un donne à garder son ba^uf, ou quelque autre bêle grosse ou menue, et qu'elle se blesse, qu'elle se casse quelque membre, et qu'elle meure, le gardien la restituera ou fera serment devant rélernel qu'il n'y a eu de sa part ni négligence, ni connivence; si elle a été dévorée par quelque bête sauvage, il sera tenu d'en api)ortcr la preuve.... Si l'animal avait été prété^ l'emprunteur devra en restituer la valeur.... Si quelqu'un par malice, emportement ou imprudence, frappe une bête et qu'elle en meure, il en en rendra une toute pareille.... Si le bétail lâché a causé des dégâts dans un champ ou dans une vigne, l'auteur du délit devra rendre dumeilleur de son champ et du meilleur de sa vigne. Si le feu mis a des chaumes, à un buisso.n ou à toute autre matière combustible, vient à gagner des gerbes ■ entassées sur l'aire à la campagne, ou des moissons sur pied, celui qui aura occasionné le dommage sera tenu de le réparer. Si quelqu'un, ayant creusé une fosse, la laisse découverte, et qu'un bœuf y tombe, il payera la valeur et le bœuf mort sera pour lui- Si le bœuf de quehju'un en blesse un autre, les deux propriétaires vendront le bœuf mort et le bœuf vivant, et ils en partageront la valeur.... S'il est notoire que le bœuf était accoutumé à frapper de la corne, et que son maître ne l'ait point gardé, il restituera bœuf pour bœuf, et le bœuf mort lui appartiendra.

Il est des injustices qui se dérobent à la vigilance des magistrats. Pour les réprimer, il laut descendre au fond des cœurs, et y ranimer la crainte de Dieu. Avec quelle force Moïse emploie ce puissant ressort, ce grand et unique moyen de suppléer à l'impuissance des lois!... Il répète en cent endroits : Soyez justes, n'usez point de mensonge pour tromper vos frères; ne les opprimez point par l'artifice et la fraude ; je suis l'Eternel votre Dieu... Si cette voix du remords se fait entendre au cœur de l'homme injust<î, si ce cri de la conscience le trouble, s'il s'alarme et s'il se repent, le législateur lui offre l'espérance du pardon, à la condition d'une restitution prompte.

En dehors de la peine de mort et du talion, qui devait être très-rare, la loi n'ordonnait jamais les mutilations, les amputations des membres, les marques au fer chaud si commîmes dans les autres législations; elle se contentait de peines qui ne tlélrisseut point, le fouet et le bâton, en prenant soin de déterminer le nombre des coups.

Lois QUI DOIVENT PRÉSIDER AU BON GOUVERNEMENT DE LA FAMILLE. —

La population est la pierre de touche de la sagesse législative. Où elle augmente, le peuple est heureux et l'administration éclairée ; où elle diminue, le gouvernement est mauvais et la législation vicieuse.

Avec quelle profonde et bienfaisante politique .Moïse a su écarter les obstacles qui arrêtent la population chez la plupart des peuples, et l'accélérer par les lois intiniment sages qui présidaient au mariage! La misère et le luxe sont les grands élénicnls dépopulatcurs. Les enfants des

pauvres, faibles otmalhourouso.scn''aliires, expirent pour la plupart faute (,1c soins, (le roinôiies et d'alimonts. Que de citoyens, ipie de talents, que de bras perdus pour la patrie!... Dans la crainte de parlaf,'er avec des enfants une opulence toujours trop b(.rnéc, aux youx du luxe, on s'alarme à la pensée des cnfiints; c'est un malheur qu'il faut prévenir, fût-ce par le crime. Un seul héritier semble plus que suflisant. Mais trop souvent ces enfants unitiues périssent par l'excès même des ménagements et des soins; ou, corrom|)us par l'exemple et énervés par la mollesse des parents, ils ne donnent à la patrie qu'une race dégénérée... Le partage des terres bannissait à la fois la misère et le luxe, l'agriculture encouragée répandait partout l'abondance... Combien de citoyens ne conserva pas à la pallie la suppression du droit barbare laissé au père de tuer, d'exposer, de vendre à l'étranger, d'immoler aux dieux les enfants nouveau-nés!... Une loi défendait de vendre les esclaves à l'étranger, une autre loi assurait leur vie et leur personne; la septième année brisait leurs fers elles rendait à la liberté... Si les vues du législateur avaient été suivies, Icsguerres de défense ou de conquête auraient été impossibles, et l'Elat aurait été préservé de ce double fléau de dépopulation... L'entrée du pays était ouverte aux étrangers ; ils étaient reçus, accueillis, protégés; ils pouvaient acquérir des habitations dans les villes; en adojjtant les mœurs et les pratiques de la nation, ils pouvaient y être incorporés.

Aucune législation n'encouragea plus le mariage... La distinction du rang et de la naissance n'était pas là pour y mettre obstacle, les dots étaient inconnues ; les jeunes filles riches cédées gratuitement à leurs -époux n'emmenaient avec elles .que quelques esclaves aflidées. Les autres épouses étaient achetées, mais le prix n'était pas élevé... Le mariage était en quelque sorte un devoir religieux. L'idée du célibat ne venait a personne, un mariage infécond était humiliant et triste... La stérilité était considérée comme une punition du ciel, la fécondité comme une de ses plus précieuses faveurs. Une très-nombreuse famille, c'était la bénédiction promise aux patriarches, ce souhait que faisaient les pères TDOuranls à leurs fds bien-aimés, et les mères à leurs enfants chéris, en les envovant loin d'elles chercher des épouses. Les enfants étaient nonseulement la consolation et l'honneur, mais le soutien de la richesse des pères essenlicllement cultivateurs. Ils leur tenaient lieu d'esclaves qu'il eût fallu acheter et nourrir, ou de mercenaires qu'il eût fallu payer... Telle fut la source de cette population immense dont on a pu dire : Vous voilà devenus une grande nation, l'Elernel vous a multipliés, votre nombre égale aujourd'hui les étoiles du firmament, puissiez-vous croîlrc.encore mille fois au delà!

La sévérité de l'enquête relative, en cas de soupçons fondés, à la conduite légère des épouses avant leur maringc, devait faire une impression profonde sur les jeunes personnes et sur les mères gardiennes do leur vertu. En même temps, aux soupçons jaloux des maris la loi opposait l'épreuve religieuse la plus propre à effrayer une femme coupable et à tranquilliser l'homme le plus ombrageux. Elle voulait que la fenmie se purgent par serment dans des circonstances de lieu, de temps, de cérémonies augustes, telles que la conviclion intime de son innocence pouvait seule faire courir à une épouse soupçonnée les chances du terrible ana- • thème qu'elle prononçait sur elle-même, dans la solennelle épreuve des

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eaux amcrcs.Que du crimes, et par conséquent que de malheurs prévenus par cet appel à la puissance divine pour assurer Fiionneur, la iranquilliié et la vie des épouses innocentes, mal à propos soupçonnées, et faire éclater les vengeances contre la femme infidèle et parjure!

Le divorce est certainement contraire à l'institution primitive du mariage, il pouvait cependant être de quelque utilité dans les pays polygames. Moïse usant de condescendance tolère ce qu'il est par trop dur de défendre... Mais il exigeait que l'acte du divorce fût dressé par écrit; que cet acte fût fondé sur un motif raisonnable, et que le mari ne pût jamais reprendre la femme répudiée, ce qui faisait réfléchir par la crainte d'un regret tardif et d'un repentir inutile.

Les pères et mères devaient l'instruction à leurs enfants. Cette instruction consistait à leur enseigner les grands dogmes de la Religion, runilé de Dieu créateur et conservateur du monde, le choix qu'il avait fait d'Israël pour son peuple, les récompenses et les peines qu'il annonce aux observateurs ou aux infracteurs de son alliance, les merveilles opérées en faveui' de leurs aïeux, et l'origine des fêles destinées à en perpétuer la mémoire les principaux statuts et ordonnances. La législation réprimait et punissait les vices des enfants, sans abandonner leur vie aux emportements du père. Si elle laissait au père le droit de consacrer ses enfants au service du tabernacle, ou de les vendre comme esclaves dans le cas d'une extrême indigence, elle avait su par de sages modifications rendre avantageux et salutaire un droit qui dans nos mœurs semble révoltant. Les fils étaient les héritiers nécessaires des biens patrimoniaux, et ils devaient les partager entre eux 'a portions égales; l'aîné seul avait une portion double. Les filles n'héritaient que lorsque le père était mort sans laisser d'enfants mâles. Quant aux acquêts, les pères pouvaient en disposer à leur gré, et les partager avec leurs filles.

Le respect, l'obéissance et l'amour des enfants pour leurs pères et mères étaient assurés par des lois très-sévères qui condamnaient à mort celui qui avait frappé son père ou sa mère, ou qui les avait maudits.

Les maîtres n'avaient sur leurs esclaves même étrangers aucune autorité despotique. Ils devaient au contraire veiller à la conservation de leur honneur et de leur vie : si en frappant l'un d'eux, ils lui avaient crevé un œil oucasséunedent, ils étaient condamnés à le renvoyer libre, ou même à être sévèrement puni... La loi assurait aux esclaves des jours de délassement cl de plaisir; c'est pour eux aussi que le repos du sabbat était institué, ils avaient part non-seulement aux fruits spontanés de l'année sabbatique, mais aux festins religieux des solennités et aux repas sacrificatoires.

Lois DES ÉGARDS. '- La loi interdisait tout sentiment de haine et tout désir de vengeance... Elle ordonnait le pardon et l'oubli généreux des offenses par le plus noble et le plus puissant des motifs, la volonté de Dieu et l'obéissance qui lui est due... Elle faisait un devoir d'aimer ses frères et de les aimer comme soi-même, de faire pour eux ce que l'on voudrait qu'on fit pour soi. Ces yréceptesproduisirent un tel effet sur le cœur (]es Hébreux, que leur union, leur affection, l'attachemeut tendre qu'ils avaient les uns pour les autres frappèrent plus d'une fois les peuples idolâtres.

Invoquant le nom de l'Eternel, Moïse commandait de se lever devant

les cheveux blancs, parce que, honorer les vieillards, c'est honoror Celui dont la providence les conserve, pour nous aider de leurs conseils et de leurs lumières, fruits d'une longue expérience... Ces mûmes atlenlions délit aies selendaienl à toutes les inlirmités, effets des accidents ou des écarts de la nature... Tu ne parleras pas mal du sourd ; tu ne mettra» rien devant raveui,'le pour le faire lomber... Tu craindras ton Dieu, je suis l'Eternel... Maudit soit celui qui égare l'aveugle... La bonté même s'étend au voyageur : loin de l'égarer lorsqu'il demande son chemin, on doit le lui enseigner (idélement... Il était ordonné de prêter au frère indigent ce dont il avait besoin, et de le lui prêter gratuitement. Le prêt à intérêt n'était toléré qu'à l'égard de l'étranger... On pouvait recevoir des gages, J mais non pas entrer dans la maison pour les prendre; on en exceptait les I outils nécessaires à la vie comme les meules; les vêlements du corps devaient être rendus avant le coucher du soleil, atin, dit le texte de la loi, que dormant dans son vêtement ton frère te bénisse, et que tu sois trouvé juste devant l'Eternel ton Dieu... La loi donnait pour sûreté au créancier les terres, les récolles, la personne même du débiteur; mais la cinquantième année abolissait sa dette, lui rendait la liberté et le remettait en possession de ses biens, déchargés dès lors de toute hypothèque. Un terme plus prochain, la septième année on l'année sabbatique, était aussi une année de remise, et il élail solennellement déclaré que l'approche de celle septième année ne devait pas êlre un prétexte de ne pas prêter à celui qui demandait à emprunter.

La main devait être généreusement ouverte au jiauvre... Si ton frère n'est plus en état de gagner sa vie cl celle de sa famille tu lui donneras de quoi la soutenir... Quand tu feras ta moisson, lu ne moissonneras pas le bout de ton champ, lu labandonncras aux pauvres, à la veu\"V, à l'orphelin et à l'étranger. Je suis l'Eternel ton Dieu! Dans les festins des secondes prémices et des secondes dîmes, le lévite, la veuve, l'orphelin et l'étranger qui demeurent avec toi devront s'asseoir à ta table. Où trouverait-on rien de comparable à ces lois en faveur des pauvres, à ces exhorlaiions pressantes de secourir tous les malheureux ?

Les animaux aussi devaient êlre traités avec une grande douceur. Les bêtes de service ne sont pas les seules pour lesquelles on demande des ménagemenls et de la pitié; il faut que nous épargnions les douleurs à celles-mêmes que nous tuons pour nous en nourrir. Tu n'enlèveras point à sa mère le petit (ju'eile allaite, lu ne tueras pas l'animal poursuivi qui se réfugie comme un sup|ilianl dans la maison. Si tu trouves un nid, tu ne prendras pas la mère avec les œufs et les petits; afin que tu prospères, que l'Eternel prolonge les jours...

LÉGISLATION'. — Le code était court et clair, le même droit gouvernait toutes les tribus... Les lois étaient uniformes et invariables, les >uges étaient les anciens des villes; ils exerçaient gratuitement des charges qui ne leur avaient rien coûté. La justice était prompte, et les procédures courtes... Un seul appel terminait les procès. Il n'y avait ni détention préventive, ni secret, ni inslructiop longtemps prolongée.

Chez le législateur juif, quel respect pour la Divinité! Quelle soumission ^ ses ordres! Quel amour pour son peuple ! Quel désintéres.sement ! Qaelle douceur! Que de vertus! Quelles lumières! En un mot, quelle sainteté et

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