L.V COSMOGONIE DE MOÏSE EST VRAIE
Lorsque l'homme voit se dérouler devant lui, comme une immense armée, la terre et le ciel, le soleil et les étoiles, la mer et les fleuves, les montagnes et les vallées, l'univers enfin tout entier, il se pose involontairement cette question formidable,, que la raison a toujours laissée sans réponse : Quelle est l'origine du monde et des mondes? La philosophie de la.
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Grèce et de Rome, comme la philosophie incrédule' du xviii'* et du MX** siècle, drapées fièrement dans leur ignorance volontaire, se bercent de cette vague et folle idée que le monde a été éternellement ce qu'il est aujourd'hui, et que cette succession indéfinie des êtres, (|ui n'a pas eu de commencement, n'aura pas de fin.
Interrogée à son tour, la science positive est forcée de déclarer nettement qu'elle n'a pas le secret de ces terribles énigmes. Qu'est en elle-même la matière, point de départ de l'origine des mondes? A-t-elle toujours existé, ou a-t-elle été appelée à l'être par une force distincte d'elle-même? Quel a été son premier état? Comment s'est-elle tour à tour condensée et organisée? Les lois qui président à ses combinaisons et à ses décompositions ont-elles toujours été les mêmes? etc., etc. La science positive, au reste, n'a pas à s'excuser de ses doutes et de son ignorance profonde. La première règle qu'elle fait présider à ses développements, est qu'elle doit rester étrangère à toul ce qui ne rentre pas dans le cercle de ses raisonnements, de ses formules, de ses expériences ; or, telle est évidemment la question ultrascientifique des origines et des fins dernières.
Cependant les sciences d'observation, nées plus tard, et cultivées avec une ardeur fiévreuse dans les temps modernes, ont bientôt démontré, jusqu'à l'évidence, que la vie sur notre globe et dans les mondes planétaires n'a pas toujours existé, qu'il est facile à un observateur sagace, c'est le langage de Cuvier, de reconnaître, en fouillant les entrailles de la terre, le point précis où elle a commencé pour nous.
II y a plus, dans sa conquête la plus récente, dans son élan le plus sublime, qui Ta conduite à la théorie dynamique de la chaleur et à la grande synthèse de la corrélation des forces physiques, la physique-malhéraatiifuc, la l'cine des sciences
LA GÉOGOiME MOSAÏQUE AFFIRMÉE PAR LA SCIEINCE. ^291
modernes, est j)arvenue à assigner : dans le passé, une cpoifue en deçà de laquelle le soleil, sans chaleur et sans lumière, était impuissant à entretenir la vie ; dans Tavenir, une époque au delà de laquelle, dépouillé de nouveau de toute énergie, le soleil sera tombé dans son impuissance première.
En novembre 1869, à Edimbourg, M. P. G. Tait, collaborateur de sir William Thomson, un des pionniers les plus ardents et les plus autorisés du progrès, dans la leçon d'ouverture de son cours de philosophie naturelle, disait en termes formels : « Nous savons que la quantité énorme d'énergie, de mouve- » ment et de vie actuellement possédée par le soleil sous « forme de chaleur, par le soleil et les planètes sous forme de « mouvement autour de leurs axes et de leurs orbites, n'a pas « eu d'autre origine que l'exercice de la gravitation entre leurs « parties ou éléments, alors qu'ils étaient situés à d'énormes « distances les uns des autres. Nous sommes ainsi amenés à « conclure que la matière qui compose notre système solaire « doit avoir été originellement éparpillée à travers l'espace « en petits fragments, et que l'énergie primitive de l'univers « était par conséquent toute potentielle, sans lumière, sans « chaleur, sans électricité, sans vie actuelle. »
Voilà le dernier mot de la physique-mathématique !
La science physique a aussi dit le sien plus récemment encore, et ce mot imprévu, arraché par les révélations mystérieuses du plus simple et à la fois du plus efficace de ses outils, le spectroscope, est l'unité de composition du soleil, des planètes, des étoiles, des nébuleuses, de la terre et des cieux, considérés dans leurs éléments ou leur matière première. Quel triomphe, et combien grand doit être notre étonnement, combien profonde doit être notre admiration en constatant que le der?«ier mot de la science est le premier mot de la
RÉ\-ÉLATION I
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Au commencement, Dieu a créé le ciel et la terre, c'est-à-dire la matière première qui devait servir à la formation des corps célestes ou terrestres. Et cette matière première existait à l'état d'éléments impalpables, insaisissables, non composés, dissociés ; ils constituaient une sorte d'amas ou d'abîme insondable, enveloppé de ténèbres épaisses, sans aucune énergie actuelle, sous l'empire d'une simple énergie virtuelle, le souffle de Dieu, qui la couvait, qui se préparait à l'organiser et à la vivifier.
Voilà pour la cosmogonie en général, pour l'origine et la création des mondes ! La science et la révélation parlent la même langue, mais chacune à leur manière.