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tildes nécessaires pour des œuvres si faciles» (! ! !). Il dit enfin en terminant : « En ce qui concerne les temps tertiaires, il serait peu sérieux de vouloir fonder un système de conjectures sur deux silex comparables Tun à une scie ovale, l'autre à un grattoir de 3 centimètres, même en groupant autour de ces deux pièces une collection nombreuse de pièces moins probantes. M. Bourgeois n'a pas commis cette faute... En quoi, du reste, serait-il blâmable, s'il permettait à son imagination des conjectures qui ne sont contraires ni au texte sacré de la Bible, ni à la tradition catholique, et qui lui sembleraient l'explication probable des faits observés par lui? Je ne le vois pas, et le champ des conjectures permises me paraît beaucoup plus large que ne le supposent des esprits enclins à s'effrayer de toutes les idées nouvelles pour eux. » J'ai lieu de croire que ces mots sont une pierre jetée dans mon jardin ! Cependant je ne suis pas un esprit timide que la nouveauté effraye. J'exige seulement que l'idée nouvelle ait fait ses preuves, parce que admettre une idée nouvelle sans preuve, c'est faire injure à la vérité qui possède. Or ici évidemment l'idée neuve, encore toute surchargée de si, de quand, de mais, est bien loin d'avoir fait ses preuves. Je n'oublie non plus jamais que saint Paul nous a mis en garde contre les fables, surtout contre les fables dangereuses : or, certainement, le précurseur de l'homme de M. de Mortillet est une fable dangereuse à l'excès: et j'oserais presque dire que la position prise par son auteur en est une preuve par trop éloquente ! Personne ne saurait nier, en tout cas, que cette doctrine soit plus opposée que favorable au récit de la sainte Écriture qui fait de l'homme le dernier terme de la création ; qu'elle est plutôt la négation que l'affirmation de la date assignée par la Révélation à l'apparition de l'homme sur la terre ; que M. l'abbé Bourgeois ferait une bonne action en renonçant à son homme tertiaire, dont per-
sonne au fond ne veut, qui embarrasse tour, le monde, d'autant plus qu'au jugement de ses partisans ou de ceux qui plaident les circonstances atténuantes, comme le R. P. de Valroger, il ne peut pas invoquer la science à son aide. En effet, c'est toujours le Père de Valroger qui le dit : « Dans l'état actuel de nos connaissances, nous n'avons aucun motif d'adopter Thypothèse du précurseur de l'homme, » et, d'autre part, cette croyance, sans motifs suffisants, est un encouragement ou du moins un prétexte à la persistance dans l'incrédulité.
MM. Bourgeois, deMortillet, de Valroger, etc., sont d'autant moins autorisés à donner à leurs deux silex la portée anthropologique qu'ils lui donnent, que la science est bien loin d'avoir dit son dernier mot sur les causes naturelles de la taille régulière des silex. Mes plus récentes études m'ont fourni à ce sujet des données vraiment inattendues, que je recommande à l'attention de mon vénéré confrère, M. l'abbé Bourgeois. Je traduisais l'autre jour une très-curieuse leçon de M. John Tyndall sur le Niagara, et j'ai été trèsagréablement surpris d'y rencontrer la révélation suivante, à propos du pouvoir érosif du sable : « Ce pouvoir d'érosion, si énergiquement déployé quand le sable est poussé par l'air, nous fait mieux concevoir son action quand il est poussé par l'eau. La puissance érosive d'une rivière est grandement accrue par la matière solide qu'elle entraîne avec elle. Du sable ou des cailloux entraînés dans un tourbillon de rivière peuvent détruire la roche la plus dure... Je suis redevable au docteur Hooker de quelques échantillons de pierres dont les premières ont été recueillies sur les côtes de la baie de Lyell, près Wellington, dans la Nouvelle-Zélande, et décrites par M. Travers, dans les travaux de l'Institut de la Nouvelle- Zélande. Si vous n'en connaissiez pas l'origine, vous en
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attribueriez certainement la forme au travail de l'homme. Elles ressemblent à des couteaux de silex et à des têtes de lances, apparemment ciselées en facettes avec une aussi exacte observation des lois de la symétrie que si elles eussent été l'action d'un outil guidé par l'intelligence humaine. Mais nul instrument de l'homme n'a été appelé à agir sur ces pierres. Elles ont reçu leur forme actuelle des sables agités par le vent de la baie de Lyell. Deux vents y dominent, qui poussent alternativement le sable contre les faces opposées des caillonx ; chaque petite particule de sable détache son morceau infinitésimal et finit par sculpter ces formes singulières. Ces pierres, qui ont une si étrange ressemblance avec les œuvres de l'art humain, se rencontrent en grande abondance et de différentes dimensions depuis 2 jusqu'à 6 centimètres et plus. On nous en présenta un grand nombre, de formes très-variées, telles que têtes de llèches, coins, couteaux, etc., toutes avec des bords tranchants.... Si on les rencontrait avec des débris humains on ne manquerait pas de les classer dans la période appelée âge de pierre. » {Extrait des Mémoires de la Société philosophique de Wellington, 9 février 1869.)
Plus récemment encore, j'ai trouvé dans le Scientifîc american, journal du 11 juin 1874, tout à fait àl'improviste, cette indication curieuse: «M. Cari Schimper morten février 1868, à Schwetzingen, près de Heidelberg, était en possession d'une collection très-précieuse de pierres dures réunies dans le but de montrer les formes très-diverses que l'action de l'eau peut