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révélateur mon confrère M. i'abbé Bourgeois, directeur du collège de Pontlevoy.
On n'aurait retrouvé; avec quelque probabilité, l'homme tertiaire qu'à Thénay (Loir-et-Cher), et le seul géologue sur le témoignage duquel on puisse affirmer son existence, est un prêtre catholique fervent, respecté et honoré de tous.
Dans ma conviction profonde, la réfutation que j'ai faite de sa brochure, page 734, est concluante, écrasante même ; mais quelques-uns de mes conseils auxquels je l'ai communiquée l'ont trouvée trop sévère, et je crois devoir mettre à profit les observations qui m'ont été faites pour revenir sur cette grave question. N'ayant plus à rien dire de mon chef, et, du reste, ne voulant plus rien dire, je me contenterai d'analyser, avec ses propres paroles, ce qu'a cru devoir écrire à ce sujet un vénérable et savant religieux avec lequel je suis très-lié, le R. P. de Valroger, prêtre de l'Oratoire, dans un article intitulé : Les Précurseurs de Vhomme aux temps tertiaires, apologie très-délicate, beaucoup à mon adresse, de la conduite et des doctrines de M. l'abbé Bourgeois. Je ne rétracte rien de ce que j'ai dit : je le maintiens au contraire, plus que jamais, car j'ai la certitude absolue de ne m'être pas trompé ; mais il est bon que mes lecteurs voient jusqu'à quelles limites on peut pousser la tolérance chrétienne, et comment on peut justifier la persistance de M. l'abbé Bourgeois. L'article en question est inséré dans le Correspondant (livraison du 10 novembre 1875, page 446 et suivantes). Le R. P. de Valroger part de ce prin- ' cipe que j'admets avec lui, et que je cite textuellement : « La religion accepte tous les faits bien démontrés, et n'impose aux savants aucune croyance géologiqne contraire à l'observation. »
a En 1867, un savant ecclésiastique qui dirige habilement le collège de Pontlevoy, au grand étonnement de tous
ANTIQUITÉ DE l'HOMME. CONCLUSIONS. 931
les membres du Congrès d'archéologie préhistorique réuni à Paris, annonça qu'il venait de découvrir, à Thenay (Loir-et- Cher), des silex taillés dans la couche marneuse de rétai?;e des calcaires de la Beauce... La nature tertiaire et l'authen» ticitédu gisement ne furent pas contestées; les doutes se concentrèrent sur cette autre question: les silex sont-ils réellement taillés? Au Congrès d'archéologie et d'anthropologie préhistorique de 1867 (à Bruxelles), une commission de quinze membres fut nommée, et après examen des pièces, les avis restèrent partagés. Les membres de la commission se divisèrent en trois groupes. Le plus petit nombre (deux) resta indécis et ne voulut pas prononcer. Parmi les autres, cinq nièrent tout travail humain dans les échantillons présentés; le plus grand nombre (neuf sur quinze) reconnut un travail intentionnel, au moins sur certains échantillons. Le problème resta donc à peu près ce qu'il était précédemment. M. Bourgeois fit continuer les fouilles. Elles lui ont procuré, entre autres, deux pièces bien plus probantes. L'une, la plus curieuse, est une espèce de pointe de lance, ou plutôt de scie ovale, dont tout le pourtour présente de nombreuses retailles, très-régulièrement faites. La seconde a la forme connue des grattoirs, mais le nouveau grattoir est beaucoup plus grand et plus net que les autres. Sur une face qui a environ 3 centimètres de longueur, on voit des retailles fort régulières, serrées, sans interruption, toutes dans le même sens; ce sont autant de caractères d'une taille intentionnelle ; une action mécanique naturelle aurait-elle pu produire cette régularité?» (Ce point d'interrogation très-significatif, comme cette description, est de M. de Mortillet, Bévue Scientifique du 6 septembre 1873, pag. 233, 234). « Comment dès lors comprendre la formation de ce grattoir, si ce n'est par l'intervention d'une volonté réfléchie ? » Ce nouveau point d'interroga-
tion, toujours de M, de Mortillet, amène le P. de Valroger à en poser un à son tour : « Le savant et loyal directeur de Pontlevoy n'a-t-il pas été trompé, comme d'autres hommes très-honorables, par quelques-uns des tailleurs de silex qui trouvent avantageux d'entretenir, pour l'exploiter, le zèle curieux des investigateurs? » 11 ajoute : « Je ne veux pas le prétendre. Je suis de ceux qui suspendent leur jugement. » Il revient ensuite h la conclusion de M. de Mortillet : « Si, COMME TOUT LE FAIT PRÉSUMER ( toujours dcs SI, toujours dcshypothèses, c'est-à-dire la négation delà science!), ces silex portent des traces d'une taille intentionnelle, ils sont V œuvre non pas de Vhomme actuel, mais d'une autre espèce d'homme, probablement d'un genre précurseur de l'homme, ôeyant combler un des vides de l'humanité.» (!!!) Celle conclusion n'effraye pas le P. de Valroger. « Dans l'état actuel de nos connaissances, je ne vois pas de motifs suffisants pour adopter cette conclusion, mais je ne trouve ni dans ma raison, ni dans les règles de ma foi religieuse, rien qui m'oblige de la rejeter absolument. (Je dirais à mon tour dans ma foi non, dans ma raison ou plutôt dans ma science oui, car la conclusion est évidemment antiscientifique.) L'idée de ces précurseurs mystérieux du règne humain peut sembler paradoxale, mais n'a rien d'hétérodoxe.... Quand il sera bien démontré ( la démonstration n'est donc pas faite encore ! ) que des silex taillés ont été ensevelis dans les terrains tertiaires, à l'époque où ces terrains ont été formes (c'est le P. de Valroger qui souligne), j'en conclurai qu'aux temps tertiaires, il y avait une ou plusieurs espèces assez industrieuses pour tailler des silex pareils à ceux que taillent les sauvages les plus dégradés de l'espèce humaine; je n'en conclurai pas que ces inconnus méritaient le nom d'hommes; je me garderai surtout de supposer que notre espèce a pu seule recevoir du Tout-Puissant les apti-