‹ Les stalactites; Odelettes; Améthystes; Le forgeronChapitre 5 sur 10 · octobre · texte numérisé non relu

octobre

A Alfred Dchodcncq

I ENiR la lumière asservie Lorsqu'elle voudrait •.".•nvnt.r,

Et voler A Dieu le secret de i.i ml;

Pour les mélanger sur des toiles Dérober même aux cieux vengeurs

Leurs rougeurs Et le blanc frisson des étoiles;

Comme on cueille une fleur éclose, Ravir à l'Orient en feu Son air bleu Et son ciel flamboyant et rose :

Pétrir de belles créatures, Et sur d'éblouissants amas

De Damas l'parpîller des chevelures;

Inonder de sang le Calvaire Ou jeter un éclat divin

Sur le vin Qu'un buveur a mis dans son verre;

Se réjouir des pierreries, Et jeter le baiser vermeil

Du soleil Jusque sur les rouges tueries;

Créer des êtres, et leur dire :

Misérables, c'est votre tour !

due l'Amour De sa folle main vous déchire;

Enfin pour ce monde risible Forçant la couleur à chanter.

L'enchanter Par une musique visible,

Voilà vraiment ce que vous faites, Peintres! qui pour nous préparez

Et parez Sans repos d'éternelles fêtes 1

Ouvriers, inventeurs, génies!

Par un miracle surhumain,

Votre main Réalise ces harmonies

l86 ODELETTES

Où la couleor qui se déplbie

En accords de la nuit vainqueurs,

Dans nos cœurs Fait jaillir des sources de joie.

Et nos fronts sont baignes d'aurore.

Mais vous, par un retour fatal,

LMdêal Vous martyrise et vous dévore.

Et vos enchantements sublimes, Vous les payez de votre chair;

Il est cher.

Le feu qu'on vole sur les cinnes!

Si tu montas avec délice L'escalier bleu des paradis

Interdits, Un inexprimable supplice

Te punit, ô rêveur étrange Q)ii sus donner l'illusion

Du rayon De lumière où s'envole un Ange;

Et lorsque tout le ciel flamboie Dans ta prunelle ivre d'amour.

Un vautour Vient manger ton cœur et ton foie.

24 novembre 1871.

ODELtrrns 187

Les Muses au Tombeau

JTrès de la pierre close Sous laquelle repose Théophile Gautier, (Non tout entier,

Car par son œuvre altière Ce dompteur de matière Est comme auparavant Toujours vivant,)

Regardant cette tombe De leurs yeux de colombe, Les Muses vont pleurant Et soupirant.

Toutes se plaignent : celle Dont l'œil sombre étincelle Et qui réveille encor Le clairon d'or,

lS8 OOELtlTES

Celle que le délire Effréné de la Lyre Offre aux jeux arrogants Des ouragans,

Celle qui rend docile Un mètre de Sicile Et tire du roseau Des chants d'oiseau.

Celle qui, dans son rcve Farouche, porte un glaive Frissonnant sur son flanc Taché de sang,

Et celle qui se joue Et pour orner sa joue Prend aux coteaux voisins Les noirs raisins.

Et la plus intrépide, La Nymphe au pied rapide.

Celle qui, sur les monts Où nous l'aimons.

Par sa grice savante.

Fait voir, chanson vivante.

Les rliythmes clairs dansants Ht bondissants.

Oui, toutes se lamentent Et pieusement chantent Dans l'ombre où leur ami S'est endormi.

Car il n'en est pas une Qui n'ait eu la fortune D'obtenir à son tour Son fier amour;

Pas une qu'en sa vie Il n'ait prise et ravie Par un chant immortel Empli de ciel!

Ses pas foulaient ta cime.

Mont neigeux et sublime Où nul Dieu sans effroi Ne passe; et toi,

Fontaine violette, Il a vu, ce pocte, Errer dans tes ravins Les chœurs divins 1

Et toi, monstre qui passes A travers les espaces.

Usant ton sabot sur Les cicux d'azur,

190 ODr.LETTES

Cheval aux ailes blanches Comme les avalanches.

Tu prenais ton vol, l'œil Ivre d'orgueil,

Q)iand sa main blanche et nue Pempoignait sous la nue, Ainsi que tu le veux.

Par les cheveux I

Mais, 6 Dcesses pures.

Ornez vos chevelures De couronnes de fleurs.

Séchez vos pleurs I

Car le divin poète Que votre voix regrette Va sortir du tombeau Joyeux et beau.

Les Odes qu'il fit naître Lui redonneront l'être A leur tour, et feront Croître à son front

Victorieux de l'ombre.

L'illustre laurier sombre Qjic rien ne peut faner Ni profaner.

ODELETTES I9I

Toujours, parmi les hommes.

Sur la terre où nous sommes Il restera vivant, Maître savant

De l'Ode cadencée.

Et sa noble pensée Que notre âge adora, Joyeuse, aura

Pour voler sur les lèvres due brûleront les fièvres De notre humanité L'éternité !

Jeudi, 7 novembre 1872.

On tait qne le prince ile$ poites décréta U supprestion de l'hiatus et l'entreUcemem régulier tlex rimes masculines et ftminines; mais, par malheur, on a éxé plus royalistc roi en te privant de certains rhythmet exquis, ou ^ tealcmcnt de rimes d'un seul sexe, ou otin,,» .irv r, de rimes diverses du même sexe.

Sot ne Mil KvmarU.

NOUVELLES ODELETTES AMOUREUSES

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