LA FEMME AUX ROSES
Nue , et ses beaux cheveux laissant en vagues blondes Courir à ses talons des nappes vagabondes , Elle dormait , sereine. Aux plis du matelas Un sommeil embaumé fermait ses grands yeux las , Et ses bras vigoureux, plies comme des ailes, Reposaient mollement sur des flots de dentelles.
Or, la capricieuse avait , d*un doigt coquet , Sur elle et sur le lit parsemé son bouquet,
Et, — fond éblouissant pour ces splendeurs écloses! Son corps souple et superbe était jonché de roses.
Et ses lèvres de flamme , et les fleurs de son sein Sur ces coteaux neigeux qu'elle montre à dessein, Semblaient , aux yeux séduits par de douces chimères, Les boutons rougissants de ces fleurs éphémères.
Mars 1846.