LE DÉMÊLOIR
Je sais qu'elle est pareille aux archanges des toiles. Ses cils luxuriants dorment sur deux étoiles , Et je vois aux candeurs de son pied calme et pur Qu'il a marché longtemps sur les tapis d'azur. Sa bouche harmonieuse et de charme inondée Semble , à son doux parfum de roses de Judée , Avoir vidé la coupe aux noces de Cana , Et chanté dans les cieux le Salve Regina.
Mais ces tempes de marbre et ce sourcil farouche , La superbe fierté du front et de la bouche , Ces rougeurs, ce duvet pleins de défis mordants, L'insolente fraîcheur de ces tons discordants , Ces ongles lumineux et ces dents de tigresse A des instants furtifs trahissent la déesse.
Quand, pareille ani^ Vénus dugraqd peintre d'Anvers,
Sous un grand démêloir d'écaillé aux reflets verts Elle fait ruisseler , en sortant de Talcôve , Cette ample chevelure à Tor sanglant et fauve , Quand ses mains de statue achèvent d'y verser La flot d'iiuile épandu^ le soleil ûdt glisser Sur ces Apres trésors ^ qu'à loisir dk keigne , Un rayoft rote au bout de chaque dent dn peigne.
FéTTier 184^,