‹ Les stalactites (volume 2)Chapitre 2 sur 30 · CARMEN · texte numérisé non relu

CARMEN

Dicere carmen.

VOBACI.

GARHEN.

Camille , en dénouant sur votre col de lait

Les ors de vos cheveux plus beaux que ceux d'Hélène y

Égrenez tour à tour, ainsi qu'un chapelet^

Ces guirlandes de fleurs sur ces tapis de laine.

Tandis que la bouilloire , éveillée à demi , Ronfle tout bas auprès du tison qui s'embrase , Et que le feu charmant , tout-à -l'heure endortnî ^ Mélange l'améthyste avec la chrysoprdie;

Tandis qu'en murmurant , ces vins , célestes pleurs , Tombent à flots pressés des cruches ruisselantes , Et que ces chandeKers , semblables à des fleurs^ Mettent des rayons d'or dans les coupes sanglantes ;

Que les dieux de Vieux-Sèvre et les nymphes d'airain Semblent , en inclinant leur tête qui se penche , Parmi les plâtres grecs au visage serein ^ Se sourire de loin dans la lumière blanche ;

Les bras et les pieds nus*, laissez votre beau corps Dont le peignoir trahit la courbe aérienne , Sur ce lit de damas étaler ses accords , Ainsi qu'un dieu foulant la pourpre tyrienne.

Que votre bouche en fleur se mette à l'unisson Du vin tiède et fumant ^ de la flamme azurée

Et de Teau qui s'épuise à chanter sa chanson , Et dites-nous des vers d'une voix mesurée.

Car il faut assouplir nos rhythmes étrangers Aux cothurnes étroits de la Grèce natale ^ Pour attacher aux pas de TOde aux pieds légers Le nombre harmonieux d'une lyre idéale.

Il faut à rhexamètre , ainsi qu'aux purs arceaux Des églises du nord et des palais arabes , Le calme , pour pouvoir dérouler les anneaux Saints et mystérieux de ses douze syllabes !

Janvier 1844.

Nous nlrons plus au bois, les lauriers sont coupés. Les Amours des bassins , les Naïades en groupe Voient reluire au soleil en cristaux découpés Les flots silencieux qui coulaient de leur coupe. Les lauriers sont coupés , et le cerf aux abois Tressaille au son du cor ; nous n'irons plus au bois.

Où des enfants joueurs riait la folle troupe Parmi les lys d'argent aux pleurs du ciel trempés, Voici l'herbe qu'on fauche et les lauriers qu'on coupe Nous n'irons plus au bois, les lauriers sont coupés.

Novembre iikh-

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