L'ÉTANG MALO
Il est un triste lac à l'eau tranquille et noire Dont jamais le soleil ne vient broder la moire, Et dont tous les oiseaux évitent les abords.
Un chêne vigoureux a grandi sur ses bords , Et 9 courbé par le Temps jusqu'aux ondes, élale Sur la cime des flots sa masse horizontale.
L'orgue des verts roseaux se tait malgré le vent ; Le nymphsea, Tiris, le nénuphar mouvant,
Le bleu myosotis et la pervenche sombre Penchent étiolés, ou meurent sous cette ombre.
Ainsi 9 quand sur le cœur, dans sa jeune saison , Amour ! tu fais tomber ta large frondaison Et tes rameaux géants dont le fardeau l'accable , Tout s'étiole et meurt so^ ton ombre implacable*
Ao6t 1844.