LE TRIOMPHE DE BACCHUS
A SOH RITOUR DBS INDI&
Le chant de l'Orgie atec des cris au loin proclame Le beau Lyœus , le Dieu paré comme une femme , Qui, le thyrse en main, passe rêveur et triomphant, A demi couché sur le dos nu d'un éléphant.
Le tigre indien , le lynx, les panthères tachées « Suivent devant lui , par des guirlandes attachées,
Les chèvres des monts, que, réjouis par de doux viiis^ Mènent en dansant les Satyres et les Sylvains^
Après eux Silène , embrassait d'une lèvre avide Le museau vermeil d'une grande urne déjà vide , Use sans pitié les flancs de son âme' en retard , Trop lent à servir la valeur du divin vieillard.
Sous leurs peaux de cerfs les Évantes et les Thiades* Le chœur furieos^de&oehidiSietïlQs Ménades , En arrondissant l'arc vigoureux de leurs beaux reins, Sautent aux accords des flûtes et des tambourins.
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Et , quittant là terre avec le rhythme forcené, Gomme un tourbillon vole sur un mode efifréné ,
Seule, Aganappé, la belle nymphe aux pieds de chèvre, Humide du vin qui coule le long de sa lèvre, Pâle de désirs, et pleine de Famour du Dieu , S'arrête tremblante, et tourne vers lui son œil bleu.
Vénus ! lô chœur la renverse dans la poussière , Son corps palpitant roule dans la fange grossière ; Les vierges des bois marchentdanssonsang et ses pleurs, Ëtfoulent aux pieds son sein qui ressemble à des fleurs.
Sa bouche frémit de désespoir et de tendresse ; Fière d'expirer au milieu de sa double ivresse , Dans son sang plus pur que le vin versé sur Tautei Elle meurt , les yeux fixés sur l'amant immortel.
Le Dieu triomphant n'a pas vu , dans la sainte fièvre , Mourir à ses pieds la belle nymphe aux piedsde chèvre,
Ni couler son sang , ni le vin qui s'échappe à flots De Turne d'airain , bouillonner avec des sanglots.
Il rêve à Câma, TAmour aux cinq flèches fleuries , Qui y lorsque soupire au milieu des roses prairies Le doux Vasanta , parmi les bosquets de santal , Envoie aux cinq sens les flèches du carquois fatal .
Il vous voit errer le long des bords sacrés du Gange , Et plonger dans l'or que roule son azur étrange Votre sein plus blanc que les neiges de llmaûs , Vierges de Nysa, qui vous couronnez de lotus!
Et, suivant le rit, brisant leurs mouvantes colonnes, La mâle Bacchide et les hurlantes Mimalones Sautent avec rage autour du bois, et font encor Dans les airs lassés retentir les crotales d'or !
Juin 1845.