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GÉOGRAPHE

Jean-Baptiste-Bourguignon d’Anville naquit à Paris le 11 juillet 1697.

Une carte géographique, tombée par hasard entre ses mains lorsqu’il n’avait que douze ans, lui donna l’occasion de manifester son goût pour la géographie.

11 employa, depuis, une partie du temps de ses classes et même de ses récréations à dessiner les pays et les contrées dont parlent les historiens latins et grecs.

Ce goût ne tarda pas à se convertir en une espèce de passion. Dès lors, toutes les études du jeune d’Anville furent dirigées vers la géographie ; il ne lisait plus les poètes et les historiens grecs et latins que dans l’intention de trouver la place que les villes dont ils ont parlé occupaient sur le globe, et il essayait de fixer les limites de ces vastes empires dont il ne reste de traces que dans l’histoire.

Il suivait sur ses cartes la marche des armées à travers des contrées devenues désertes, et s’occupait à retrouver les champs de bataille où s’était autrefois décidé le sort du monde.

Ses études, soutenues par un vif enthousiasme et constamment dirigées vers le même but, lui avaient procuré de très bonne heure d’immenses connaissances en géographie.

Après avoir fini le cours de ses classes, il se fit connaître des savants les plus distingués; avant l’âge de vingt-deux ans, il obtint le brevet de géographe du roi.

II entra de bonne heure à l’Académie des inscriptions et fut nommé adjoint-géographe de l’Académie des sciences.

D’Anville a fait faire à la géographie de grands pas, par le soin avec lequel il a déterminé la véritable étendue des mesures de longueur dans les différents pays.

Ses cartes, au nombre de plus de deux cents, sont, pour l’époque, des modèles d’exactitude, surtout celles qu’il a publiées sur la Grèce et l’Égypte.

Pour ce dernier pays, notamment, les savants français de l’expédition d’Égypte ont pu constater l’étonnante sagacité de ses inductions.

D’Anville ne publiait guère de carte sur la géographie ancienne sans l’accompagner ou la faire suivre d’un mémoire où il donnait, en détail, les raisons qu’il avait d’abandonner les idées de ceux qui l’avaient précédé, et d’en adopter de nouvelles.

Il avait formé ainsi une collection considérable de cartes tant gravées que manuscrites; le gouvernement l’acquit en 1779, et l’en laissa jouir le reste de sa vie.

Le dernier service que d’Anville ait rendu à la science fut de mettre cette collection en ordre.

Quoique d’une constitution faible et délicate, il résista, depuis sa jeunesse jusqu’à un âge très avancé, à un travail de quinze heures par jour.

Deux ans avant sa mort, il perdit l’usage de ses sens et termina sa carrière le 28 janvier 1782, âgé de près de quatre-vingt-cinq ans.

D’AN VILLE ( jEAN-BAPTtSTE-BoURGUtGNON)

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