ARCHITECTE. — ARCHÉOLOGUE
Théodore Ballu est né à Paris, le 8 juin 1817. 11 était fils d’un entrepreneur de charpentes qui fut un constructeur distingué.
Pourvu déjà d’une instruction solide, Ballu entra à dix-sept ans dans l’atelier d’Hippolyte Le Bas, puis à l’Ecole des Beaux-Arts.
Après de nombreux succès, il en sortit en 18à0, remportant le grand prix d’architecture sur un projet de palais pour la Chambre des pairs. H partit pour Rome, puis pour Athènes, et devant lui s’ouvrit un vaste champ d’études qu’il parcourut avec un rare bonheur.
En 18Zi7, commença pour Ballu la carrière pratique ; il fut attaché, comme inspecteur, aux travaux de la Ville; en 1851, il devenait architecte adjoint de l’église Sainte-Clotilde, sous la direction de Gau, qu’il remplaça en 185à. Les plans adoptés pour la décoration de cet édifice étaient d’une sécheresse extrême; Ballu y apporta d’heureuses modifications.
Chargé ensuite de la restauration de la Tour Saint-Jacques, que le prolongement de la rue de Rivoli venait de dégager, il s’acquitta, avec une science incontestable, de ce travail difficile.
A la création du service d’architecture de la Ville de Paris, Ballu devint l’un des architectes divisionnaires.
En 1862, il dirigea, simultanément, avec son service d’architecte en chef, la construction, sur ses dessins, de l’église de la Trinité, où il put déployer son génie tout entier, tirant un heureux parti des différences de niveau du terrain. Il construisit en outre la tour reliant la mairie du premier arrondissement à l’église Saint-Germainl’Auxerrois, la nouvelle église d’Argenteuil, le temple de la Rédemption, l’église Saint-Ambroise et l’église Saint-Joseph.
« Ballu, comme beaucoup d’artistes de son époque, dit M. Daumet, était en art un éclectique; le don de l’assimilation lui était d’un grand secours, il traitait les architectures les plus diverses; il eût pu aborder tous les styles; il adopta le roman pour l’église d’Argenteuil et pour Saint-Joseph ; l’art ogival à la tour Saint-Germain-l’Auxerrois, afin d’ètre d’accord avec l’église à laquelle elle devait se relier et servir de complément; il se rapprocha de la renaissance à la Trinité. Le Temple de la Rédemption emprunta à l’antique ses détails ; pour cette dernière construction, il trouvait des dispositions simples, austères même, caractérisant bien une église du culte réformé. »
Chevalier de la Légion d’honneur en 1857, il devint officier en 1869, membre de l’Institut en 1872, inspecteur général des édifices diocésains (187Zt) et inspecteur général de la première circonscription du service d’architecture de la Ville de Paris (1875).
Ballu fut également membre du conseil des bâtiments civils, membre du conseil d’architecture et de la commission des Beaux- Arts de la Ville de Paris. Pendant le siège, il commanda une des compagnies du génie auxiliaire organisées par Alphand et Viollet-le-Duc.
Lors du concours ouvert par la Ville de Paris en mars 1873 pour la reconstruction de l’Hôtel de Ville de Paris, incendié à la fin de la Commune, le projet de Ballu fut classé au premier rang et il a été chargé, comme architecte en chef, de reconstruire ce monument en collaboration avec M. Deperthes.
11 fut assez heureux pour le voir achevé; mais l’excès de travail que lui avait imposé cette grande entreprise avait miné sa santé, et il succomba le 22 mai 1885, à l’âge de soixante-huit ans.
BALLU (Théodore)
ARCHITECTE. — ARCHEOLOGUE
MONUMENT PLACÉ SOUS l’eSCALIER d’HONNEUR