‹ Les statues de l'Hotel de villeChapitre 28 sur 142 · Partie centrale. — Premier étage (côté droit · texte numérisé non relu

Partie centrale. — Premier étage (côté droit

François MIRON

PRÉVÔT DES MARCHANDS

François Miron, né à Paris vers 1540, appartient à une vieille famille française dont plusieurs membres se sont illustrés dans la médecine et dans les magistratures municipales.

Il étudia les lettres et la jurisprudence.

Reçu conseiller au Parlement de Paris le 18 décembre 1585, il exerça successivement les charges de maître des requêtes, de président au Grand Conseil, de chancelier du Dauphin, de lieutenant civil (1597), et de prévôt des marchands (1604L

La ville de Paris lui doit une partie de ses embellissements : des quais, des ports, des places et la façade de l’ancien Hôtel de Ville qu’il fit construire en y consacrant les émoluments de sa place. 11 sut, en outre, maintenir une bonne police dans les temps de troubles.

Voici, d’ailleurs, en quels termes Mézeray parle de lui dans son Histoire de France :

« Paris doit ce témoignage à la gloire de Miron que, dans la charge de lieutenant civil et dans celle de prévôt des marchands, il n’avait point vu de magistrat qui eût établi une plus exacte police dans la ville, dans les marchés et sur les ports, qui eût embrassé plus courageusement les intérêts du peuple et qui eût apporté plus de soin et plus de ménagement à faire revenir les biens et les droits de la ville, à acquitter ses dettes, à l’entretenir dans la splendeur où doit être la capitale du royaume, à la décorer de divers ornements et à l’enrichir de toutes les commodités.

« Plusieurs rues élargies, plusieurs pavées de nouveau et accommodées en pente pour écouler les eaux, huit ou neuf places et carrefours ornés de fontaines jaillissantes, la rivière bordée de quais et de ports, avec des abreuvoirs, plusieurs petits ponts sur les ruisseaux et les égouts, une nouvelle porte bâtie à la Tournelle, celle du Temple refaite et ouverte après avoir été bouchée quarante ans, en seront des marques à la postérité.

« Mais il n’y en a point de plus belle que la façade de l’Hôtel de Ville, lequel semblait être demeuré imparfait depuis soixante-douze ans, pour donner lieu à ce magistrat d’en faire un monument à sa gloire et d’exercer sa générosité en employant tous les revenus de sa charge à le mettre en l’état où nous le voyons. »

On a dit que Miron s’était consacré aux embellissements de Paris dans le but de maintenir les loyers et les denrées alimentaires à un prix élevé, afin d’en chasser les pauvres et d’en faire une ville de luxe et d’art toujours plus facile à gouverner qu’une ville industrielle.

Il est probable qu’un système aussi aristocratique n’a pas germé dans l’esprit de ce magistrat plébéien, qui, suivant le témoignage de Mézeray, se montra le courageux défenseur des intérêts du peuple.

Ce furent enfin les remontrances de ce prévôt des marchands en faveur des habitants de la capitale qui détournèrent, en 1605, Henri IV de réduire les rentes constitutionnelles sur l’Hôtel de Ville de Paris.

« Ce monarque, dit un biographe, ne se laissa point prévenir au désavantage d’un magistrat qui était homme de cœur et de probité, et qui n’avait d’autre intérêt que son devoir et l’honneur de sa charge. »

François Miron mourut le U juin 1609.

François MIRON

PRÉVÔT DES MARCHANDS

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