Partie centrale. — Premier étage (côté gauche
Pierre de VIOLE
PRÉVÔT DES MARCHANDS
Pierre de Viole, seigneur d’Athis-sur-Orge, naquit à Paris vers l’an 1500.
Il appartenait à une ancienne famille de magistrats dont les membres, durant près d’un siècle, ont toujours été présents au Parlement.
Aommé, en 1532, aux fonctions de prévôt des marchands, puis conseiller au Parlement, Pierre de Viole se montra administrateur intègre et dévoué aux intérêts de la ville de Paris.
Pendant les deux années (1532-153Zi) qu’il présida l’assemblée municipale, il ne cessa de lutter avec énergie pour défendre les franchises de la Cité, et arracher l’épargne des bourgeois aux mains avides de François P'’.
C’est lui qui, en l’absence de ce monarque, faisant alors un voyage dans le Midi, présida, le 15 juillet 1533, la cérémonie de la pose de la première pierre de l’Hôtel de Ville, dont la construction venait d’être décidée d’après les plans de l’architecte italien Dominique de Cortone, dit le Boccador, chargé en outre d’en surveiller l’exécution.
Cette solennité eut lieu en présence de tous les officiers municipaux et d’un immense concours de peuple, dont les acclamations se mêlaient aux détonations de l’artillerie.
(( Pendant que l’on faisait l’assiette de cette pierre, dit un con temporain, sonnaient les fifres, trompettes et clérons, ar-
tillerie, cinquante hacquebutes àcrocq de la Ville avec les hacqiiebutiers d’icelle ville qui sont en grand nombre, et aussi sonnaient à carillon les cloches de Saint-Jean en Grève et de Saint-Jacques-la- Boucherie. Aussi, au milieu de la Grève, il y avait vin défoncé, tables dressées, pain et vin pour donner à tout venant, et criait partout le menu peuple à haute voix : Vive le Roy et Messieurs de la Ville.
Alors le prévôt des marchands, Pierre de Viole, et Georges Larcher, Jacques Boursier, Claude Daniel et Jean Barthélemy, ayant à la main une truelle d’argent, mirent, sur la pierre, du sable et de la chaux, laissant à découvert une plaque de cuivre contenant une inscription commémorative et décorée des armes du roi et de celles de la ville.
Voici la traduction de cette inscription, dont le texte était en latin : « Cés fondations ont été jetées l’an du Seigneur 1533, le quinzième jour du mois de juillet, sous François P^ roi da France très chrétien, et sous Pierre Viole, conseiller du roi et prévôt des marchands de cette dite Ville de Paris; étant administrateurs, conseillers et échevins Gervais Larcher, Jacques Boursier, Claude Daniel et Jean Barthélemy. »
On ignore la date de la mort de Pierre de Viole, mais on sait que, vers la fin de sa vie, il résigna sa charge de conseiller au Parlement au profit de son fils, ainsi que le constate une délibération du bureau de la ville en date du k janvier 1555. .
La présence successive au Parlement, pendant de longues années, de nombreux membres de cette famille, donna lieu à ce proverbe doublé d’un jeu de mots :
« Le Parlement n’a jamais dansé sans Viole L »