Partie centrale. — Premier étage (côté droit
Germain PILON
SCULPTEUR
Germain Pilon est né en 1535, à Paris, dans le faubourg Saint- Jacques, et non à Loué, près du Mans, comme s’accordent à le dire de nombreux biographes qui le confondent, sans doute, avec son père, modeste tailleur de pierre, natif de cette petite ville.
A défaut d’une inscription authentique sur un des registres de baptême des églises de Paris, où l’on a constaté plus d’une fâcheuse lacune, les témoignages suivants de deux contemporains établissent d’une manière irrécusable que Paris fut le berceau du célèbre sculpteur.
Le premier, Grudé de Lacroix du Maine, bibliographe distingué, qui était né au Mans en 1552, écrit, en effet, dans sa Bibliothèque française : « G. Pilon, Parisien, issu du pays du Maine, car son père estoit né dans la paroisse de Loué, à six lieues du Mans, etc. »
Le second, Nicolas des Avenelles, bourgeois de Paris, dans un acte de notoriété, conservé aux Archives, déclare, à la date du 9 juillet 1573, connaître « M® Germain Pillon (sic) pour ce qu’il est natif dudit faubourg Saint-Jacques et proche voisin dudit déposant ».
On ne connaît rien de bien précis sur sa vie; on sait cependant qu’il obtint de Charles IX la charge de sculpteur et contrôleur général des m.onnaies, qu’il se maria deux fois et qu’il eut quinze enfants, tous nés et enregistrés à Paris.
Renfermé uniquement dans l’exercice d’un art où il sut s’avancer vers la perfection et dans lequel aucun de ses contemporains ne lui avait servi de modèle, la vie de Germain Pilon est tout entière dans ses ouvrages. Il fut l’émule de Jean Goujon et contribua avec lui à entretenir le goût de l’antique.
On admire ses Mausolées de Guillaume du Bellay, au Mans; de François et de Henri II, à Saint- Denis, du Chancelier de Birague, etc. Mais le chef-d’œuvre de Germain Pilon est assurément le Groupe des trois Grâces, qu’il exécuta par ordre de Catherine de Médicis. On sait qu’elles soutiennent une urne qui était destinée à renfermer les cœurs de Henri II et de Catherine de Médicis, dont l’une des trois Grâces est le portrait.
Ce groupe était autrefois dans la chapelle des Célestins de Paris. Il fut transporté, pendant la Révolution, au musée des Monuments français; placé au Louvre en 1822, il y figure, avec d’autres œuvres remarquables du même maître, dans la salle Jean Goujon.
L’églîse Saint- J ea7i-Saint- François, rue Chariot, possède le modèle en terre culte d’une statue de saint François, que Germain Pilon devait exécuter en marbre pour la chapelle du Louvre. Déposée primitivement dans le couvent des Grands-Augustins de Paris, elle fut renversée au commencement de la Révolution, et la tête, qui en avait été détachée, fut retrouvée chez un marbrier de la rue Saint- Victor. En 1819, M. de Chabrol, préfet du département de la Seine, racheta cette tête, la fit reposer sur le corps de la statue qu’il plaça dans l’église précitée.
Germain Pilon fut un artiste de génie; chacune des œuvres créées par son élégant ciseau est un modèle dans l’art du statuaire.
Il mourut à Paris le 3 février 1590, et fut enterré dans la Sainte- Chapelle basse.
Germain PILON
SCULPTEUR
STATUE DE M. J.-A. INJALBERT
FAÇADE SUR LA PLACE DE l’ HÔTEL-DE-VILLE