‹ Les statues de l'Hotel de villeChapitre 46 sur 142 · MARÉCHAL DE FRANCE · texte numérisé non relu

MARÉCHAL DE FRANCE

Nicolas Catinat, un des plus remarquables capitaines du règne de Louis XIV, naquit à Paris le 1®^ septembre 1637.

Son père était le doyen des conseillers au Parlement de Paris ; lui-même fut d’abord avocat, mais, après avoir perdu une cause dont la justice lui paraissait évidente, il quitta le barreau pour les armes et se forma sous Turenne.

Catinat se fit tellement remarquer au siège de Lille (1667), que le roi lui donna une lieutenance dans le régiment des gardes.

Les grades auxquels il s’éleva peuvent être marqués par les actions d’éclat qu’il fit à Maestricht, Besançon, Senef, Cambrai, Valenciennes, Saint-Omer, Ypres.

Ayant été blessé à la bataille de Senef, il reçut de Condé ce billet honorable pour tous deux : « Personne ne prend plus que moi d’intérêt à votre blessure; il y a si peu de gens comme vous, qu’on perd trop quand on les perd. »

Catinat fut chargé successivement du gouvernement de diverses places et reçut, en 1685, le commandement des troupes envoyées en Savoie pour réduire les Vaudois.

En 1687, il fut nommé gouverneur du Luxembourg; il se couvrit de gloire, l’année suivante, au siège de Philisbourg, et fut nommé lieutenant général. Dans les guerres contre le duc de Savoie, il déploya des talents militaires qui le mirent au premier rang.

Il gagna, le 18 août 1690, la bataille de Stafïarde, et le Ix octobre 1693, la bataille de la Marsaille, s’empara de la Savoie et d’une partie du Piémont.

Encourageant les soldats par son exemple, ajoutant à ses privations pour diminuer celles de son armée, Catinat s’en faisait adorer par la bonhomie de ses manières et par cette gaieté qui abandonne rarement les Français au milieu des fatigues de la guerre.

Appelé en Flandre, il y montra la même activité qui l’avait distingué en Piémont et prit Ath en 1697.

Mis de nouveau à la tête de l’armée d’Italie en 1701, conjointement avec le duc de Savoie qu’il soupçonna plusieurs fois de trahison, il essuya quelques revers, fut battu à Capri par le prince Eugène et obligé d’abandonner tout le pays entre l’Adige et l’Adda.

Il ne fut pas plus heureux au combat de Chiari, où Villeroi commandait en chef.

D’un courage à toute épreuve, il se souciait moins de la vie que de l’honneur, ainsi qu’en témoigne le trait suivant. Ralliant les troupes après une charge infructueuse, Catinat répondit à un officier qui lui représentait qu’ils allaient à une mort inévitable : « Il est vrai, la mort est devant nous, mais la honte est derrière. »

Les échecs qu’il subissait, et que malgré ses avertissements la Cour ne voulait point attribuer aux perfidies du duc de Savoie, le firent disgracier.

Catinat accepta en philosophe cet injuste traitement et, fuyant la Cour, vécut depuis dans sa retraite de Saint-Gratien (près Montmorency).

Il y mourut le 25 février 1712, âgé de soixante-quatorze ans.

CATINAT (Nicolas)

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