LA RUE LOBAU
Les indications sont données de gauche à droite.
FAÇADE SUR LA RUE LOBAU
NOTICE
Quatre pavillons d’inégale importance, reliés entre eux par des bâtiments de hauteur moindre, composent cette façade qui, comme la façade sur la place de rHôtel-de-Ville, mesure 143 mètres 20 centimètres de longueur.
Les deux pavillons des extrémités comportent : un rez-de-chaussée, un premier et un deuxième étage.
L’ordonnance passe successivement de l’ionique au corinthien et au composite pour permettre d’arriver, dans la partie supérieure, à une plus grande richesse d’ornementation, en conservant le grand parti d’un redoublement de pilastres et de colonnes séparés par un motif de niche décorée d’une statue, et couronné d’un amortissement, peu saillant, composé de deux consoles renversées encadrant un écusson surmonté d’une couronne murale et se détàchant sur la toiture du comble à la Mansart. Une lucarne en pierre marque le milieu de ces pavillons.
Les deux pavillons, qui viennent habilement rappeler les grandes lignes de ceux précédemment décrits, leur sont semblables comme ordonnance générale; mais ils portent à leur partie inférieure chacun une vaste baie d’accès à l’intérieur du monument, fortement accentuée par deux lions de bronze qui en gardent l’entrée.
Ces deux pavillons viennent faire corps avec le motif milieu composé d’un rez-de-chaussée et d’un étage, respectivement d’ordre ionique et corinthien, dont chaque travée est formée d’une baie à arcade et de deux colonnes supportant des figures qui, deux à deux, encadrent un motif à fronton contenant un œil-de-bœuf séparé de son voisin par un cartouche renfermant les armoiries des différentes villes de France avec leurs émaux naturels se détachant sur une mosaïque à fond d’or.
Enfin deux pavillons de genre différent sont reliés, du côté du quai, par un bâtiment à quatre travées de même architecture que le motif milieu, mais présentant des trumeaux plus larges décorés de médaillons et de sculptures? et supportant à leur partie supérieure un motif décoratif composé de deux génies accostant un cartouche qui renferme des attributs sculptés.
Vers la rue de Rivoli, les deux pavillons sont reliés par un bâtiment de même importance que celui ci-dessus décrit, mais présentant, au premier étage, de larges fenêtres surmontées de baies plus petites destinées à éclairer des services secondaires.
Les grandes surfaces de toit sont intéressées par des dessins d’ardoises de différents tons, par des lucarnes soit en pierre, soit en plomb, des moulures de couronnement ou membrons, des crêtes ajourées, des cheminées et des chéneaux richement décorés.
Enfin un saut de loup, clos d’une grille, permet d’éclairer les services situés au sous-sol.
FAÇADE SUR LA RUE LOBAU
GROS (Antoine- Jean, baron)
PEINTRE d’histoire
Antoine-Jean Gros naquit à Paris le 16 mars 1771. Il eut pour premier maître son père, peintre en miniature, puis entra, à Page de quatorze ans, dans Patelier de David.
11 obtint, en 179Zi, la première médaille au concours de l’Académie des beaux-arts, et quitta Paris dans l’intention d’aller se perfectionner à Rome; mais, entièrement privé de ressources, il dut, dans les villes quTl traversait, faire quelques portraits, et même, dit-on, peindre des enseignes de marchands, pour trouver les moyens de faire le voyage.
Atteint par la réquisition, comme il arrivait à Gênes, en 1796, Gros fit partie de l’armée d’Italie, fut attaché à l’état-major, et put, en suivant les opérations militaires, acquérir un talent particulier pour peindre les batailles.
Joséphine ayant eu l’occasion, dans son voyage en Italie, d’admirer plusieurs portraits dus au pinceau de Pofficier-artiste, l’emmena à Milan pour peindre celui de Bonaparte. Après avoir, sur les lieux mêmes, exécuté son tableau de Bonaparte au pont Arcole, il revint à Paris, remporta, en 1802, le prix de peinture dont le sujet était la Bataille de Nazareth.
Au lendemain de ce succès. Gros entreprit de peindre cette bataille sur une toile de dimension considérable, dont la largeur n’avait pas moins de quinze mètres. Pour en faciliter l’exécution, Chaptal, alors ministre, mit à la disposition de l’artiste l’ancien Jeu de Paume de Versailles.
Le peintre avait déjà esquissé l’ensemble de sa composition lorsque le premier Consul, par jalousie pour Junot, le héros de ce combat, fit donner l’ordre, sous prétexte d’économie, de réduire la toile de moitié. Sur l’autre moitié, l’artiste peignit Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa.
Sous le Consulat et l’Empire, Gros produisit une suite de tableaux de composition grandiose, qui, pour la plupart, célébraient les gloires d^ l’époque : la Bataille d'Aboukir., Bonaparte aux Pyramides, V Entrevue de Napoléo?i et de l'empereur d'Autriche en Moravie, etc.
Le Louvre possède trois tableaux de ce maître : le Champ de baBiüle d'Eylan., François F"' et Charles-Quint visitant les tom, beaux de Véglise de Saint-Denis et les Pestiférés de Jaffa, déjà cités plus haut.
Élu membre de l’Institut en 1815, Gros fut nommé, l’année suivante, professeur à l’École des beaux-arts.
Sous la Restauration, il fut surtout occupé à peindre la coupole du Panthéon, et il y représenta, de la manière la plus heureuse, quatre sujets tirés des grandes époques de l’histoire de France.
Cet important travail, qui avait demandé dix ans, fut achevé en 1825, et valut à Gros cent mille francs et le titre de baron. On y retrouve toutes les qualités de son talent : conception large, dessin pur et hardi, noblesse d’expression, coloris chaud et transparent.
Depuis cette époque. Gros ne fit plus rien de remarquable.
Découragé, il ferma son atelier en s’écriant avec amertume : « Je ne connais pas de plus grand malheur que celui de se survivre. »
Peu de temps après, le 25 juin 1835, on le trouva noyé dans la Seine, près de Meudon.
GROS (Antoine-Jean, baron)