‹ Les statues de l'Hotel de villeChapitre 65 sur 142 · Partie latérale de gaucho. — Rez-de-chaussée · texte numérisé non relu

Partie latérale de gaucho. — Rez-de-chaussée

TALMA (François-Joseph)

TRAGÉDIEN

François-Joseph Talma est né à Paris le 15 janvier 1763. Son père était chirurgien-dentiste et demeurait rue Mauconseil, en face de la rue Française. Lui-même, il pratiqua, pendant dix-huit mois, la profession de son père; mais, entraîné par une irrésistible vocation, il se voua bientôt à Part dramatique eri le ‘il novembre 1787, débuta au Théâtre-Français par le rôle de Séide dans Mahomet. Deux ans après, il était reçu sociétaire.

Talma commença, dès lors, la réforme du costume, qu’il rendit conforme aux temps et aux lieux. On jouait alors toutes les pièces, même la tragédie, en costume de ville, et telle était la force de l’habitude que personne n’en paraissait choqué. Talma entreprit de ramener le costume à la vérité historique. Pour atteindre ce résultat, il se fit confectionner des costumes d’après les statues et les médailles antiques et parut bientôt sur le théâtre avec une véritable toge romaine.

C’est dans le petit rôle de Proculus du Brutus de Voltaire, rôle qui n’avait que quinze lignes, qu’il hasarda cette nouveauté.

Le public fut surpris; quelques spectateurs approuvèrent, d’autres rirent aux éclats. Mais bientôt la réforme prévalut et fut définitive.

Talma étendit la même réforme à la déclamation. 11 supprima l’exagération et ramena la diction à des proportions modérées. Il sut donner à chaque aspect d’un rôle son expression propre, à chaque phrase, à chaque vers, son juste accent. Ce ne fut qu’à force de travail qu’il obtint ces grands résultats, et devint à la fois le premier tragédien de son temps et le régénérateur de l'art théâtral.

Napoléon, qui s’était lié avec lui dans sa jeunesse, l’admit dans son intimité et fut un de ses plus grands admirateurs.

Talma créa avec une rare autorité de nombreux rôles : Manlius, Othello^ IIa?)ilet, Sylla, Régulas, Charles IX, etc.

Son dernier triomphe fut le rôle de Charles VI dans la tragédie de Delavigne (1826), dont la dernière représentation donna lieu à un incident pénible.

Talma étant allé, à Rouen, donner quelques représentations, y perdit sa fille, l’enfant qu’il affectionnait le plus. De retour à Paris, il continua de jouer, mais il était profondément atteint dans sa fibre la plus sensible. Comme, le 26 juin 1826, il jouait ce rôle de Charles VI, au moment où le malheureux roi demande ses enfants, le cœur et la voix de Talma se brisèrent de telle sorte que, ainsi que l’a écrit Paradol, la raison des spectateurs ne put tenir en présence des égarements de la sienne. Les comédiens en scène avec lui furent tellement impressionnés qu’ils se trouvèrent incapables de mouvement, dans l’impossibilité de dire un mot. On baissa la toile, et le public sortit tristement, sentant bien qu’il venait d’assister au dernier effort de son grand tragédien.

Talma n’expira que le 19 octobre suivant, entouré de tous les siens. Ses funérailles eurent lieu le 21 octobre 1826.

Conformément à ses volontés, le cortège se rendit directement de la maison mortuaire, rue de la Tour-des-Dames, au Père- Lachaise, sans aucune pompe religieuse.

TALMA (François-Joseph)

TRAGÉDIEN

STATUE DE M. Lange GUGLIELMO

FAÇADE SUR LA RUE LOBAU

Page 1