Partie latérale de gauche. — Deuxième étage. — Pavillon sud
ARN A U LD (Antoine)
PHILOSOPHE. — THÉOLOGIEN
Antoine Arnauld naquit à Paris le 6 février 1612; il était le vingtième des enfants d’Antoine Arnauld, avocat général sous Catherine de Médicis et conseiller d’État sous Henri IV.
Il fit ses humanités et sa philosophie au collège de Lisieux, puis étudia la théologie et fut reçu docteur en Sorbonne en 16Zil.
Arnauld commença à se faire connaître par le traité de la Fréquente communion, qui fut vivement attaqué par les jésuites contre lesquels il paraissait dirigé.
Ceux-ci le combattirent dans leurs sermons et dans leurs écrits; de Sévigné parle d’un auteur qui avait entrepris de prouver que ce traité renfermait trente-deux hérésies.
L’adversaire d’Arnauld disait au commencement de son ouvrage : « Comme nous le prouverons ci-dessous », et à la fin concluait: « Comme nous l’avons prouvé ci-dessus », sans que, ni dessus ni dessous, il n’y eût rien de prouvé.
Arnauld prit parti pour Janséuius dans les querelles sur la grâce, il publia plusieurs pam[)hlets qui le firent exclure de la faculté de théologie et censurer par la Sorbonne en 1656.
Il alla alors s’enfermer à Port-Royal, monastère restauré par son père et dont l’une de ses sœurs était abbesse; il y resta douze ans.
C’est dans cette retraite qu’il écrivit seul, ou avec ses amis Nicole, Lancelot et Pascal, ses ouvrages de théologie, de grammaire, de logique, de géométrie et de métaphysique qui firent sa réputation.
L’attachement qu’il portait aux Jansénistes l’ayant rendu suspect, Louis XIV donna l’ordre de l’art êter, en 1679.
Arnauld fut obligé de se cacher. Il trouva d’abord une retraite dans l’hôtel de Longueville, puis il alla se loger au faubourg Saint- Jacques, dans un taudis ignoré; il y tomba malade.
Ses amis lui envoyèrent un médecin qui, dans la conversation, comprit qu’il avait affaire à un homme de mérite.
Arnauld, curieux de nouvelles, lui demanda ce qu’on disait dans Paris. « Rien d’intéressant, répondit le docteur, si ce n’est que M. Arnauld est arrêté. — Oh! pour cett<î nouvelle, répliqua ce dernier, elle est un peu difficile à croire; c’est moi qui suis Arnauld. »
Le médecin, étonné, lui conseilla plus de prudence, tout en l’assurant de sa discrétion.
Arnauld se décida alors à quitter Paris et se réfugia en Belgique où il publia plusieurs ouvrages.
Peu après, il eut de vifs démêlés avec Malebranche dont il attaqua la doctrine sur la grâce et sur la vision en Dieu.
Cette discussion philosophique dura jusqu’à sa mort, arrivée à Bruxelles, le 8 août 169Zi.
Il y fut enterré dans l’église Sainte-Catherine. Racine fut le seul de ses amis qui osa se trouver à son convoi.
Le cœur de ce célèbre philosophe, que ses contemporains appelèrent le qrand Arnauld, fut transporté d’abord à Port-Royal et transféré, plus tard, à Palaiseau.
ARNAULD (Antoine)
PHILOSOPHE. — THÉOLOGIEN
STATUE DE M. G. GAUDRAN
FAÇADE SUR LA RUE LOBAU