Partie latérale de gauche. — Pavillon sud. — Deuxième étage
BARYE (Antoine-Louis)
SCULPTEUR
Antoine-Louis Barye est né à Paris le 2/i septembre 1795. Destiné par son père à l’orfèvrerie, il entra, dès l’âge de treize ans, dans l’atelier d’un graveur sur acier, quelquefois employé par les orfèvres pour la gravure en creux des moules nécessaires à leur industrie.
En 1812, Barye, réclamé par la conscription, servit d’abord un an dans la brigade topographique du génie et modela quelques-uns des plans en relief conservés au dépôt de la guerre, passa ensuite dans le bataillon des sapeurs du même corps, et reprit enfin, après les événements de 181/i, son état de ciseleur.
Il étudia en même temps le dessin dans l’atelier du peintre Gros et le modelé chez le sculpteur Bosio.
Admis bientôt aux grands concours de l’École des beaux-arts, ses compositions originales et personnelles ne furent pas jugées ce assez académiques », et il dut reprendre son ancien métier de ciseleur.
Cependant, Barye n’abandonna pas le g;rand art de la statuaire, et le groupe du Tigre dévorant un crocodile, qu’il exposa au Salon de 1831, imposa l’admiration.
Néanmoins, le jury officiel ne lui donna qu’une deuxième médaille, et aux Salons successifs, ce même jury ne jugea pas à propos de récompenser l’artiste, malgré la valeur des œuvres qu’il y présenta et dont plusieurs, notamment le Lion combattant un serpent (1833), la Gazelle morte (183/i), et le Jeime lion terrassant un cheval (1836), sont des chefs-d’œuvre. Toutefois le gouvernement* le décora.
Conservateur de la galerie des plâtres du musée du Louvre depuis 18â8, il fut nommé, en 185Zi, professeur de dessin d'histoire naturelle au Muséum et officier de la Légion d’honneur à l’Exposition universelle de 1855.
En dehors des quatre groupes allégoriques : VOrdre, la Force, la Paix, la Guerre, qui décorent l’intérieur du Louvre et où il a montré ce dont il était capable dans la grande sculpture, ses œuvres les plus appréciées sont ses nombreuses études d’animaux.
« Barye, dit Théophile Gautier, ne traite pas les bêtes au point de vue purement zoologique; quand il fait un lion, un tigre, un ours, un éléphant, il ne se contente pas d’être exact au plus haut degré, il agrandit, il simplifie, il idéalise les animaux et leur donne du style. Il a une façon, fière, énergique et rade qui en fait comme le Michel- Ange de la ménagerie. »
Une de ses dernières œuvres, médiocre d’ailleurs, fut le basrelief représentant Napoléon II! à cheval, placé, sous l’empire, sur la façade du Louvre en face du pont des Saints-Pères et enlevé au lendemain du Ix septembre 1870.
Le Louvre possède, dans la salle de Rude, deux œuvres de ce maître sculpteur : le Tigre dévorant un caiman et la Panthère dévorant un lièvre. Le guichet du pavillon de Flore est décoré de deux lions et le jardin des Tuileries possède deux magnifiques groupes d’animaux, dus au ciseau de ce grand artiste.
Barye, qui restera un des plus grands sculpteurs des temps modernes, mourut à Paris le 25 juin 1875 à l’âge de quatre-vingts ans, succombant à une maladie de cœur dont il était atteint depuis longtemps.
BARYE (Antoine-Louis)
SCULPTEUR
STATUE DE M. E. DEGORGHEMONT
FAÇADE SUR LA RUE LOBAU