POÈTE COMIQUE
Jean-François Regnard naquit à Paris le 8 février 1655. Il était fils d’un marchand, bourgeois de Paris, demeurant sous les piliers des Halles. Il perdit son père après avoir achevé ses études, et le premier usage qu’il fit de sa liberté fut d’aller en Italie.
Comme il revenait en France et faisait voile pour Toulon, le Ix octobre 1678, en vue de Nice, le vaisseau qui le portait fut attaqué par des corsaires d’Alger. Conduit à Constantinople et vendu comme esclave, il y subit une captivité assez rigoureuse.
On raconte cependant que le talent du captif pour faire la cuisine lui gagna la liberté, moyennant une rançon de 12.000 livres que sa famille lui envoya.
Regnard rapporta en France la chaîne qu’il avait traînée dans son esclavage et la conserva toujours dans son cabinet.
Il ne resta pas longtemps dans sa patrie, car quelques mois après son retour il recommença ses voyages et visita, avec quelques amis, la Flandre, la Hollande, le Danemark, la Suède, et s’avança jusqu’à la Mer glaciale. Arrivés au mont Métavera, qui parut à ces voyageurs inexpérimentés être le pôle nord. Regnard inscrivit sur un rocher des vers latins devenus célèbres, dont La Harpe a donné cette traduction en vers français :
Nés Français, éprouvés par cent périls divers.
Le Gange nous a vus monter jusqu’à ses sources,
L’Afrique affronter ses déserts,
L’Europe parcourir ses climats et ses mers :
Voici le terme de nos courses,
Et nous nous arrêtons où finit l’univers.
Il vint vers 1683 se fixer à Paris et y acheta une charge de trésorier de France au bureau des finances.
Sa maison, située au bout de la rue Richelieu^ devint le rendezvous des amateurs de plaisirs. Les princes de Condé et de Conti furent plusieurs fois au nombre de ses convives.
Outre sa maison de Paris, Regnard possédait la terre de Grillon, près de Dourdan; il y passait la belle saison avec d’autant plus d^agrément, qu’amateur de la chasse, il avait acquis les charges de lieutenant des Eaux et Forêts et des chasses de la forêt de Dourdan; il se fit même recevoir bailli au siège royal de cette ville.
C’est là qu’il écrivit la relation de ses voyages et la plupart de ses comédies.
Il travailla d’abord pour le Théâtre-Italien (1688-1696), puis il fit jouer au Théâtre-Français plusieurs pièces qui eurent un grand succès (169/1-1708).
Elles se font surtout remarquer par une franche gaieté, par une peinture vraie des mœurs de l’époque, par un style vif et naturel sans trivialité.
Ses comédies lui assurent la première place après Molière. Les principales, toutes en vers, sont le /owewr (1696), le Distrait (1697), Démocrite (1700), les Folies amoureuses (170/i), les Ménechmes ou les Jumeaux (1705), le Légataire universel (1708).
Regnard mourut au château de Grillon, le 3 septembre 1709, d’une indigestion, disent quelques biographes, ou, selon d’autres, pour avoir pris une médecine destinée à un cheval.
REGNARD (Jean-François)
POÈTE COMIQDE
STATUE DE M. Émile HÉBERT
FAÇADE SUR LA RUE LOBAU