‹ Les statues de l'Hotel de villeChapitre 85 sur 142 · Partie centrale. — Pavillon nord. — Premier étage (en retour · texte numérisé non relu

Partie centrale. — Pavillon nord. — Premier étage (en retour

CHARDIN (Jean-Baptiste-Siméoin)

PEINTRE

Jean-Baptiste-Siméon Chardin est né à Paris le 2 novembre 1699.

Il était fils d’un menuisier habile, renommé pour son talent à faire les billards et qui en fournissait la cour.

En recevant les instructions du premier âge, il crayonnait les objets qui lui paraissaient intéressants, et notamment ceux que fabriquait son père qui le destinait à son commerce. Enfin, avec des couleurs et quelques mauvais pinceaux, il essayait déjà d’imiter la nature.

Les amis de son père les plus exercés dans la peinture lui en donnèrent les premières leçons, et, avec ce seul secours, il parvint, assez jeune encore, à rendre ce que la nature lui présentait de varié par ses formes, de séduisant par le coloris et par les effets de la lumière et des ombres. Sa vocation s’étant ainsi manifestée, son père consentit à le laisser abandonner son métier et le fit entrer dans l’atelier du peintre Gazes.

On a conté bien des anecdotes sur la façon dont lui fut révélé son génie : c’est un fusil que lui fit peindre Goypel dans un portrait de chasseur; c’est une enseigne faite pour un chirurgien ami de son père et où il s’était risqué à figurer, au lieu des emblèmes de l’art que le chirurgien demandait, un homme blessé d’un coup d’épée, apporté chez un praticien qui pansait sa plaie et était entouré de nombreux curieux.

Ghardin, nous l’avons dit, s’appliquait à rendre la nature ellemême, et il y réussissait quelquefois en très peu de temps. G^est ainsi que le tableau qui lui valut sa réception à l’Académie en 1728, et qui représentait une raie suspendue à un croc au milieu de débris de comestibles, a été terminé en un jour. Il le prouvait, en assurant que ce poisson avait été mangé frais le lendemain.

Voici, d’ailleurs, en quels termes un contemporain a raconté cette réception : « Sa modestie ne lui permettait point de songer à une place dont il ne se croyait pas digne. 11 est d’usage que, le jour de la petite Fête-Dieu, les peintres qui ne sont pas de l’Académie exposent leurs tableaux, place Dauphine. En 1728, Ghardin y exposa quelques-uns des siens. Des académiciens que la curiosité avait attirés furent frappés du talent de cet artiste. Un tableau entre autres représentant une raie entr'ouverte, les étonna par sa vérité. Ils allèrent visiter Ghardin, s’engagèrent à le présenter, et il fut unanimement agréé et reçu avec les plus grands éloges. »

Ge furent d’abord des natures mortes, des fruits, des fleurs et des animaux vivants qui servirent de sujets à ses petits chefsd’œuvre.

Plus tard les scènes d’intérieurs bourgeois vinrent l’occuper plus sérieusement. Le Benediciie, qui est au Louvre, avec huit autres tableaux de ce maître, est le plus heureux de ces poèmes naïfs si pleins de caractère et de saveur.

Ghardin est, dans sa puissante originalité, le modèle inimitable de la grâce simple, de l’observation naïve, de la fine bonhomie; il y a du La Fontaine dans ce peintre.

Ghardin travailla dans l’âge le plus avancé.

G’est peu d’années avant sa mort, qui survint le 7 décembre 1779, qu’il s’essaya au pastel par quelques études de têtes.

CHARDIN (Jean-Baptiste-Siméon)

PETNTB E

STATUE DE Léon BERTAUX

FA.ÇADE SUR LA RUE LOBAU

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