‹ Les statues de l'Hotel de villeChapitre 88 sur 142 · ÉRUDIT. — CONVENTIONNEL · texte numérisé non relu

ÉRUDIT. — CONVENTIONNEL

Armand-Gaston Camus naquit à Paris le 2 avril 17ZiO. Il manifesta de bonne heure de brillantes aptitudes, et ses parents le destinèrent au barreau.

Versé de bonne heure dans les plus arides questions de droit, de religion et de philosophie, il s’attacha plus spécialement à l’étude des lois ecclésiastiques, et, quand il fut reçu avocat, ne tarda pas à devenir le défenseur ordinaire du clergé au Parlement.

Cependant, entraîné par ses aspirations, il abandonna peu à peu le barreau pour les sciences naturelles. Le succès obtenu par Buffon avec la publication de son Histoire naturelle lui donna l’idée de faire paraître une traduction de V Histoire des animaux du philosophe grec Aristote. Cet ouvrage, fort apprécié, lui ouvrit la porte de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.

Avec un caractère froid et des dehors sévères, Camus était cependant enthousiaste. 11 embrassa avec force les principes de la Révolution. Député de Paris, il fut nommé l’un des secrétaires du bureau chargé de la vérification des pouvoirs des députés, et fut, avec Bailly, un des premiers à prêter le serment du Jeu de Paume.

Une fois la lutte engagée contre la royauté, Camus ne resta pas en arrière. Durant la session, il parut souvent à la tribune, et eut la plus large part dans la constitution civile du clergé.

Nommé archiviste de l’Assemblée, il rendit un éminent service à l’histoire en prévenant le détournement des papiers et des livres des corporations supprimées. Député de la Haute-Loire à la Convention, il y provoqua des mesures énergiques, fut envoyé en mission en Flandre et, à son retour, nommé membre du Comité de salut public.

Le 30 mars 1793, Camus proposa à la Convention de mander à sa barre le général Dumouriez, dont il soupçonnait les projets de trahison, et fit décréter qu’une commission de cinq membres, dont il fit partie, serait envoyée à l’armée pour surveiller la conduite du général avec le pouvoir de le suspendre, le cas échéant.

On sait que Dumouriez, prévenu par ses amis, fit arrêter les commissaires qu’il livra aux Autrichiens.

Pendant sa captivité. Camus parvint à se procurer du papier et des livres, et traduisit le manuel du philosophe stoïcien Épictète. Le 25 décembre 1796, il fut échangé contre Madame Royale, fille de Louis XVI.

A peine de retour à Paris, il fut nommé du Conseil des Cinq-Cents et en fut élu président. Appelé par le Directoire au ministère des finances, il refusa cette fonction, resta au Conseil et en sortit le 20 février 1797, pour reprendre ses travaux littéraires.

Il avait été élu membre de l’Institut à la création de ce corps, destiné à remplacer les anciennes académies supprimées. Il fut chargé par cette compagnie de faire un voyage dans les départements pour y recueillir les manuscrits les plus importants pour l’histoire de la France, et créa ainsi la plus intéressante collection de nos archives nationales.

Camus, qui s’était cassé une jambe quelques mois auparavant, mourut à Paris le 2 novembre 180/j.

CAMUS (Armand-Gaston)

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