‹ Les statues de l'Hotel de villeChapitre 89 sur 142 · ASTRONOME. — MATHÉMATICIEN · texte numérisé non relu

ASTRONOME. — MATHÉMATICIEN

Jean-Baptiste Biot naquit à Paris le 21 avril 177/i. Après avoir fait d’excellentes études au lycée Louis-le-Grand, il servit quelque temps dans l’artillerie; mais, cédant à sa passion pour la science, il quitta cette carrière pour entrer, en 179Zi, à l’Ecole polytechnique qui venait d’être fondée.

Le 13 vendémiaire le trouva, sur les marches de l’église Saint- Roch, avec les sections insurgées. Arrêté, il ne dut son salut qu’à Monge qui, le reconnaissant comme un de ses anciens élèves, le fit relâcher.

A sa sonie de l’Ecole polytechnique, Biot fut nommé professeur à l’Ecole centrale de Beauvais. C’est vers cette époque qu’il présenta à l’Institut un mémoire qui renfermait la découverte d’une loi astronomique nouvelle et qui fut couronné par cette assemblée.

Le jour même, à la sortie de la séance, Laplace, qui avait chaudement appuyé le mémoire^ emmena Biot dans son cabinet et lui mit sous les yeux un manuscrit entièrement écrit de sa main où la même loi se trouvait exposée.

Le célèbre astronome n’en avait pas révélé l’existence à ses collègues afin de laisser au lauréat la gloire de sa découverte.

En 1800, à l’âge de vingt-six ans à peine, Biot fut nommé professeur au Collège de France et, trois ans après, admis à l’Académie des sciences.

En 180Zi, lorsque l’Institut fut appelé à émettre un vœu en faveur de rétablissement de l’Empire, Biot protesta avec une courageuse indépendance contre l’immixtion d’un corps savant dans des affaires purement politiques et cita le distique de Voltaire :

Moi j’attends dans un coin que l’imprimeur du roi M’apprenne pour dix sous mon devoir et ma loi.

11 réussit à entraîner dans sa protestation la majorité de l’assemblée qui, il est vrai, ne tarda pas à s’eflrayer de son audace et revint, dès le lendemain, sur sa décision. Ce fut la même année qu’il entra à l’Observatoire de Paris.

Il fit bientôt partie du bureau des longitudes et s’associa aux travaux de Cay-Lussac, qu’il accompagna dans une périlleuse ascension aérostatique où les deux savants firent, à une altitude de 3,Zi00 mètres, d’intéressantes observations de physique. Deux ans après, Biot partit avec Arago en Espagne, pour y continuer les opérations géodésiques interrompues par la mort du célèbre astronome Méchain, et destinées à prolonger la méridienne de France jusqu’aux îles Baléares. En 1809, il fut nommé professeur d’astronomie à la Faculté des sciences.

Ce savant infatigable et universel a dirigé ses recherches sur tous les problèmes des mathématiques et de la physique ; parmi ses nombreux travaux, ceux qu’il a publiés sur la polarisation de la lumière ont fait faire à la science un grand pas dans la voie du progrès. Son dernier travail est une œuvre considérable où il a traité à fond l’astronomie indienne et chinoise, et qu’il a entreprise en souvenir de son fils, savant également distingué, dont la mort l’avait cruellement affecté.

Il succomba lui-même aux suites d’une affection pulmonaire, le 3 février 1862, à l’âge de quatre-vingt-huit ans, ayant conservé jusqu’à sa dernière heure toutes ses facultés et la même activité laborieuse.

BIOT (Jean-Baptiste)

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